‹ Bourdaloue, sa vie et ses œuvresChapitre 10 sur 38 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

surtout par son exacte probité et par une grâce singulière à parler en public. » Après avoir hésité entre la vie du monde et la vie religieuse, au sortir des études, il s'était décidé à vivre dans le siècle ; si les préjugés de noblesse n'ont point été tout k fait étrangers à cette décision, nous sommes autorisé à penser qu'il n'eut d'autre ambition que de perpétuer dans sa famille d'honorables traditions' de dévouement à la chose publique.

Il faut aussi faire la part de la divine Providence, qui ménageait, par la libre détermination d'Etienne Bourdaloue, à l'Église un vaillant apôtre; à l'État et au règne de Louis XIY , un grand homme de plus ; à la Compagnie de Jésus, un modèle et une apologie vivante.

Le mère du P. Bourdaloue, au témoignage de M""*" de Pringy (1), était une femme d'un esprit distingué et d'une conduite fort exemplaire ; elle est morte à quatre-vingtneuf ans, peu de temps avant son fils Louis. Nous apprenons, par une lettre de Gui Patin (2), qu'Etienne Bourdaloue, père de l'orateur, était mort subitement au moment où il quittait Bourges pour se rendre à Paris, et s'assurer par lui-même des succès de son fils.

Bourdalouè n'avait jamais songé à se prévaloir de la noblesse de son origine, lorsqu'il se rendit à Nancy (3) pour y passer sa troisième année de probation ; ses confrères de Lorraine, qui ne le connaissaient encore que par l'éclat de sa réputation, jugèrent à propos d'orner son nom de la particule nobiliaire, et pendant cette seule année il est désigné dans les catalogues sous le nom de Louis de BourdcUotie (4). Depuis son retour en France, son nom n'appa-

(1) Vte du P. Bourdalouè, p. 1. — Appendice n* XV.

(2) Lettres, t. III, p. 1G29.

(4) Une seule branche a conservé la particule, c'est la branche de Pierre de Bourdalouè etc., seigneur de la Creusée, La Noue,

raît plus que dans sa modeste simplicité ; il semble vouloir ne conserver de Théritage de ses pères que l'élévation des pensées et des sentiments, l'austérité de la vie, et cette distinction des manières qui facilite Taccès auprès des hommes du monde et surtout auprès des hommes de cour.

Lorsque le jeune Louis eut atteint l'âge des études, i! fut confié aux Pères Jésuites de Bourges (1) ; il entrait au collège Sainte-Marie six ans après la sortie du prince Louis de Condé, qui y termina sa philosophie, en 163 A, avec les plus brillants succès. Cette confraternité littéraire contribua à resserrer les liens qui , plus tard , unirent ces deux grands hommes : la même école les avait formés; le même temple, témoin de leurs pieuses confidences, entendra leurs communes prières et rapprochera leurs cendres (2).

A défaut de renseignements précis sur les premières années de Louis Bourdaloue, nous devons nous en tenir aux généralités exprimées dans la notice de M"" de Pringy, seul biographe contemporain qui ait pénétré dans l'intimité de la famille.

Dès son enfance, le jeune Louis annonça ce qu'il devait être un jour ; il se montra digne de ses ancêtres, digne d'un père qui nous est signalé comme un modèle accompli

Contres, etc., dont le lils, Claude de Bourdaloue, était un amateur de tableaux et d'antiquités, très connu à la fin du xvu* siècle. Son portrait a été peint, en 1G87, par le célèbre Largillière et gravé par Pitau en 1704. Elisabeth Ghéron, peintre de portraits estimé, avait dessiné les plus belles pièces de son cabinet d'antiquités ; c'est à elle que nous devons le portrait du P. Bourdaloue, gravé depuis par Desrochers.

(1) Appendice IV. Le collège Sainte-Marie de la Compagnie de Jésus, à Bourges.

(2) Le corps de Bourdaloue repose dans les caveaux do l'église Saint- Paul-Saint- Louis , au-dessous de la chapelle des Condé, où l'on conservait les cœurs des Condé, Henri et Louis.

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