LA FAMILLE O
honorables du Bevry ; ses titres de noblesse (1) , quoique de fraîche date, avaient été mérités par un dévouement constant aux intérêts de la ville de Bourges.
Claude Bourdaloue, sieur du Bouchet et de Saint-' Martin des Laps, arrière- grand-père de Louis, fut élu échevin de la ville de Bourges en 1613 ; à ce titre, il reçut des lettres de noblesse et portait d'azur au lion couronné (for, adextré d'un soleil de même; il remplissait en même temps les fonctions d*avocat des aifaires communes de la cité ('^.).
Etienne Bourdaloue, son fils, reçu avocat au bailliage de Bourges en 1607, devint lieutenant général au siège de Vierzon.
Il eut un fils, du même nom, aussi bailli de Vierzon, qui fut nommé conseiller au présidial de Bourges, puis doyen de la même cour; il épousa Anne Le Large, fille d'un lieutenant au bailliage de Chàteauneuf, et membre d'une famille dont le nom figure souvent parmi les
(1) Depuis le règne de Louis XI, les titres et privilèges de noblesse appartenaient de droit aux maires et aux échcvins de Bourges ; les lettres patentes de cette institution sont datées du mois de juin i474; les titres et privilèges passaient de droit à leur lignée et postérité née et à naître en légitime mariage, en tout acte et tous lieux.
Le privilège de Bourges, par déclaration de Louis XIII, du mois de décembre 1G34, ne reconnaissait pas de distinction entre nobles de race et anoblis. (Pallet, Histoire du Berry, t. V, p. 42.) La noblesse des maires et échevins n'était pas restreinte au temps de l'exercice des charges; elle restait à la famille, en considération des services importants rondus par les habitants au roi Charles VII, à l'époque de l'invasion des Anglais. Par décret du conseil d'État, en date d'octobre 1678, les droits de noblesse furent retirés aux échevins nommés depuis 1667 *. (Voir Appendice I. Généalogie et alliances de la famille du P. Louis Bourdaloue.)
(2) Appendice II. Armoiries de la famille Bourdaloue.
* Histoire du Berry^ Thaam, p. 258.
premiers magistrats de Bourges au dix-septième siècle (1).
Trois enfants sont issus de ce mariage : Louis Bourdaloue ; sa sœur Anne, née le 9 janvier 1634 ; et un frère nommé Robert, né le 10 juillet 1637 et mort en bas âge (2).
Anne Bourdaloue épousa M. de Chamillart-Villatte, frère cadet de M. de Chamillart, maître des requêtes et intendant de basse Normandie, père du ministre de Louis XIV (3).
Anne de Chamillart-Villatte eut quatre fils : l'aîné devint président à la chambre des comptes; les trois autres, Etienne, Gaston et Pierre sont entrés dans la Compagnie de Jésus. Le P. Etienne Chamillart, numismate distingué, né en 1656, novice en 1673, fit la profession solennelle en 1690, et mourut en 1730, après avoir rempli pendant vingt ans le ministère de la prédication. Gaston étudiait en deuxième année de théologie, en 1688, au collège Louis-le-Grand. Pierre était à la même époque professeur non-prêtre de la classe de seconde au même collège (â).
Dans la famille Ëourdaloue, la noblesse du nom était rehaussée par des vertus solides et des qualités personnelles, dont les contemporains nous ont gardé le souvenir.
a Etienne Bourdaloue, père du célèbre Jésuite, était, dit le P. Bretonneau (5), un homme très recommandable ;
(1) Appendice in. Acte de mariage.
(2) Bibl. nat. mss. Cahier des titres, n* 1019.
(3) La sœur de Bourdaloue était ainsi la tante de Michel de Chamillart, contrôleur des finances en 1699 et ministre de la guerre en 1701. Par les alliances contractées entre les enfants du ministre et les premières familles de la cour, elle se trouva alliée aux Mortemart, aux Dreux, aux de la Feuillade, aux Durfort. (Voir tableau généalogique, Appendice I.)
(4) Entré au noviciat le 24 septembre 1679, il est mort, le 3 avril 1733, à la maison professe de Paris.
(5) Œuvres du P. Bourdaloue, préface, p. 9, édition Guyot.