Première partie. — Proposition à établir : L'homme qui
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veut acquérir des ri<5hesses est exposé à violer les lois de la justice.
Bourdaloue proure cette proposition par le témoignage de saint Paul, par le témoignage de saint Jean Ghrj'sostome, qui dit que l'homme avide de richesses* veut être riche : 1** A quelque prix que ce soit; — 2* il veut être riche sans mettre de limite à son désir ; — 8** il veut être riche en peu de temps.
Ici commencent les applications morales.
On veut être riche à tout prix : même par les voies déshonnêtes, de là l'usure, la confidence (1) et la simonie, la vente de la justice, le péculat; on n'épargne ni profane, ni sacré. Les désirs des riches n'ont pas de limites ; il semble que la terre est faite pour eux seuls, il ne reste plus de place pour les autres. On veut être riche tout de suite. L'Écriture dit que quiconque cherche à s'enrichir, ne peut être innocent (2).
La deuxième partie établît cette proposition : La possession des richesses rend celui qui les a acquises orgueilleux devant Dieu et devant les hommes. L'orateur apporte le témoignage de saint Paul, commenté par saint Chrysostome, le témoignage de saint Augustin (3). Orgueilleux auprès des hommes: l'homme en possession des richesses devient suffisant et fier. Le développement de cette vérité, exposé en tableaux pris sur le vif de la société humaine. Nous voyons ainsi passer devant nous le riche hautain, le riche suffisant, le riche au-dessus des lois, le riche entouré d'approbateurs. Le riche ne s'en tient pas là : orgueilleux envers Dieu^ il devient idolâtre comme le peuple d'Israël, il abandonne le Dieu de ses pères et prend son or pour son Dieu. Rien de plus sai-
(1) En matière bénéûciale.
(2) Prov. 28 ; 20.
13) T. III, p. 17.
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sîssant que la conclusion de cette seconde partie, où l'orateur dépeint le riche sous toutes ses faces (1).
Dans la troisième partie, nous trouvons le riche livré à la mollesse et au plaisir^ désordre que la seule raison condamne. L'Évangile va plus loin : il commande le renoncement, surtout aux riches, pour trois excellentes raisons, dit le P. Bourdaloue, d'après saint Chrysostome :
1° Pour éviter la corruption des sens qu'engendrent les richesses ;
2** Parce que le riche a toujours quelque chose à expier ;
3^ Parce que le riche trouve des obstacles presque invincibles à la pénitence.
L'orateur ajoute : « Et parce qu'il est impossible avec toutes les aises de la vie de conserver la pureté des mœurs, de là vient un débordement et une corruption générale. » Réflexion qui amène un tableau frappant de la corruption dont Paris offre le scandale (2) .
Il admet cependant que tous les riches ne se livrent pas aux horribles désordres dont il a parlé ; mais on se permet le luxe, et il combat le luxe et ses conséquences. Pour conclusion dernière, Bourdaloue presse les riches de tenir compte des menaces qui leur sont adressées par les saintes Écritures, en employant leurs richesses en œuvres de miséricorde.
(1) Œuv, de Bourd., t. III, p. 25, 26.
(2) Ibid,, p. 34.
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