‹ Bourdaloue, sa vie et ses œuvres [microform]Chapitre 10 sur 86 · PRÉFACE X.XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE X.XI

nistère délicat dans la mesure de ses forces et de son temps. A cette occasion, nous suivons Bourdaloue dans ses rapports avec M""^ de Maintenon et nous montrons quelle heureuse influence il a exercée sur cette femme célèbre et trop peu connue.

Le P. Bourdaloue consacre aussi une notable partie de son ministère aux œuvres de charité. Dans les assemblées, il use de sa haute autorité auprès des dames, pour leur imposer la charité envers les pauvres, envers les orphelins et les enfants abandonnés, envers les prisonniers les plus vulgaires et les prisonniers d'État; il se rend au chevet des moribonds qui demandent, en grand nombre, la consolation de mourir entre ses bras.

Dans le quatrième livre de la deuxième partie de l'ouvrage, nous étudions l'OEuvre polémique du P. Bourdaloue. On trouvera, sous ce titre, les discours ou extraits de discours dans lesquels, avec sa lucidité et sa fermeté ordinaires, Bourdaloue combat les grandes erreurs du temps avec leurs conséquences morales : le protestantisme, le jansénisme et cette société dangereuse de prêtres politiques et courtisans que l'on a désignés depuis sous le nom de gallicans.

Que pense Bourdaloue du protestantisme en France, à la fin du dix-septième siècle? L'erreur importée d'Allemagne et de Genève, fomentée en France par les Anglais et les Hollandais, aspirant/ sous des prétextes spécieux, à bouleverser l'ordre

des gouvernements, le protestantisme, en un mot, n'est à ses yeux qu'une insurrection, qui demande la lumière et l'instruction pour les égarés, et la fermeté contre les agitateurs. Il y va du salut de la France et de la religion.

Bourdaloue, en parlant des missionnaires envoyés par tout le royaume pour ramener à la vérité les frères égarés, nous fait connaître le véritable esprit du catholicisme; et dans l'éloge de Henri de Condé, il nous dit quel jugement il faut porter sur cette horde de barbares soudoyés par les ennemis du pays, qui entraînaient à leur suite un pauvre peuple ignorant et victime, alors comme aujourd'hui, des tribuns et des sophistes.

La mission du P. Bourdaloue à Montpellier, entreprise par ordre du roi, méritait une mention à part; nous entrons à ce sujet dans des détails inconnus jusqu'ici. Nous commençons par exposer la marche envahissante de l'erreur dans le Languedoc, les conspirations, les intrigues des Hollandais pour attirer à eux, non pas des ouvriers habiles, mais des soldats contre la France; nous recueillons l'opinion du temps dans toutes les classes de la société.

Enfin, le P. Bourdaloue arrive à Montpellier en 1686, il y prêche le Carême; tous les mémoires attestent l'accueil qui est fait au Prédicateur envoyé par le roi. Bourdaloue, dès son premier discours, proteste contre cette affluence qui ne prouve, suivant lui, qu'une grande curiosité et non point le

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