‹ Bourdaloue, sa vie et ses œuvres [microform]Chapitre 11 sur 86 · PRÉFACE XXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXIII

désir sincère de se convertir : « Eh bien soit, répond-il, dans un chaleureux lang-ag-e, venez entendre lin orateur auquel vous faites une célébrité qui le touche peu, mais faites ce qu'il vous dira : Laudas tractantem, quœro facientem. o II leur parlera de la fin de l'homme, de la loi du jeûne ou de la mortification chrétienne, de la parole de Dieu, de l'Eucharistie, de l'obéissance à l'Église, du culte des saints, de la prière pour les morts, du purgatoire .

Les détails de cette mission méritent d'être suivis ; si les résultats ne furent pas ce que l'on pouvait espérer, le germe d'un retour fut répandu sur cette terre , où les mauvaises herbes finirent par être étouffées. Les événements dont nous exposons le récit, montrent aussi combien étaient pures les intentions du roi, combien honnêtes et chrétiennes étaient les mesures prises pour arriver à ramener les dévoyés à la foi traditionnelle, avant la lever de boucliers qui amena de. cruelles représailles.

Une autre secte ennemie de l'Église et de la France, le jansénisme, trouva dans le P. Bourdaloue un adversaire redoutable. Quoique des critiques modernes aient voulu donner le change à l'opinion publique, en mettant le P. Bourdaloue au nombre des hommes qui ont fait honneur à l'école de Saint-Gyran, il n'est personne un peu sensé qui confonde la sévérité chrétienne du P. Bourdaloue avec

XXIY LE P. LOUIS BODBDALOUE

la sévérité draconienne et hypocrite de l'école de Port-Royal.

L'histoire de la lutte que Bourdaloue a soutenue contre l'école de Port-Royal, commence par un court récit de l'établissement du jansénisme à Paris et de ses progrès jusqu'en 1669, date de la paix de Clément IX ou de l'Église, et date de l'arrivée de Bourdaloue à Paris. Nous donnons les noms des partisans du jansénisme à la Cour, à la Ville, dans l'Église, et de ses prédicateurs au moment où Bourdaloue apparaît.

L'orateur exposera lui - même les doctrines de l'Église contre les erreurs de la nouvelle école, sur la grâce, sur la prédestination, sur la morale chrétienne, le rigorisme pratique, la fréquente communion dans le sens des jansénistes, enfin sur la dévotion à la sainte Vierge.

Le gallicanisme qui conduisait à l'asservissement de l'Église, n'aurait pas traversé près de deux siècles entouré du respect de quelques hommes sérieux, s'il avait été possible de voir dès le premier jour et de connaître bien clairement le but des promoteurs; ses apologistes actuels sont assez connus pour dissiper les doutes et pour convaincre tout homme de bonne foi que les tenants de cette erreur schismatique, n'ont jamais pu avoir un but avouable, ni au point de vue religieux, ni au point de vue politique. La conduite des Colbert et des Letellier, ministres et prélats, auteurs des Assem-

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