‹ Bourdaloue, sa vie et ses œuvres [microform]Chapitre 9 sur 86 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

ments; les riches expositions de doctrine, les mouyements d'éloquence, arrivent à son commandement, suivant les exigences du moment et de l'auditoire, et toujours ils sortent des entrailles du sujet. Nous terminons par des observations sur le style du P. Bourdaloue , nous voulons dire sur sa diction, qui était nette mais rapide; son action, qui était parfois exagérée, mais entraînante; et nous donnons quelques exemples de l'onction de sa parole.

Le deuxième livre expose l'œuvre apostolique de Bourdaloue à la cour de Louis XIV. Nos recherches puisent tout leur intérêt dans l'importance des personnages en présence, et dans le résultat final de la mission de l'orateur. Le chapitre premier, met l'orateur en présence du roi, et nous affirmons, avec preuves à l'appui, qu'il a été l'instrument le plus efficace de sa conversion.

Devant Louis XIV, Bourdaloue procède avec une méthode qui se ressent de l'étiquette de cour, en ce qu'elle a de sensé ; il parle avec respect, avec noblesse, mais toujours avec autorité; il gagne à chaque discours le terrain qu'il veut gagner. S'il ménage les susceptibilités royales, c'est qu'il sait que le vice du roi tient plus au défaut d'éducation qu'à la perversité du cœur ; il arrivera cependant à son but, et le pénitent lui saura gré de n'avoir pas brisé le roseau du premier coup.

Il ne ménage pas les leçons aux courtisans, non plus qu'aux femmes qui escortent le souverain; il

leur tient un langage sévère, parfois dur ; et, dans un temps et dans un lieu oîi elles dominent seules, il les traite avec l'autorité et le dédain que méritent leurs scandales.

Le ministère du P. Bourdaloue n'est pas renfermé dans l'enceinte de la Cour : c'est à la Ville qu'il donne plus librement carrière à son zèle.

Ici nous le retrouvons, docteur, réformateur et consolateur.

Le livre troisième expose la mission de Bourdaloue dans le monde, surtout à Paris, où il a presque toujours vécu.

Devant la société parisienne, il traite des devoirs de la famille ; de la vie chrétienne, opposée à la vie scandaleuse du temps; s'il va dans le monde, il ne se livre pas, il se prête à ses amis ; quand il se rend à Bâville, au château de Lamoignon, on sait les intentions qui le conduisent; c'est la reconnaissance, c'est un noble retour d'amitié, c'est le légitime désir de porter en tout lieu la bonne odeur de la vertu solide et aimable.

Il plaide la cause du clergé, demande des secours pour assister les séminaires en fondation, et travaille à la réforme des mœurs cléricales.

Les communautés religieuses l'appellent souvent pour célébrer les vêtures ou les professions, soit au Carmel, soit à la Visitation Sainte-Marie, soit dans les autres monastères de la capitale.

On recherche sa direction, et il se prête à ce mi-

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