PREFACE
faire coDnaître le religieux exemplaire; il le suit dans l'exercice du ministère, au tribunal de la pénitence, dans la direction des âmes; il le loue d'avoir su joindre les vertus de son état aux grands talents dont Dieu l'avait pourvu, de s'être toujours montré insensible aux louanges qui venaient au-devant de lui, enfin d'avoir vécu de telle façon que la médisance n'a jamais pu l'atteindre. Le P. Marfcineau s'étend, en finissant, sur sa mort édifiante. Au mois d'août suivant , cette lettre circulaire fut insérée dans les Mémoires de Trévoux.
Avant ces trois notices, divers éloges avaient été publiés dans les journaux du temps par d'autres admirateurs de Bourdaloue, tous gens du monde, mais, par position, instruits et justes appréciateurs de ses vertus.
Le premier que nous connaissions a été publié dans le Mercure de 1696 (1). C'est un éloge du P. Bourdaloue, directeur des âmes et prédicateur; il est attribué à l'abbé de Fourcroix.
On doit à la comtesse de Pringy une biographie qui mérite l'attention, bien qu'elle ait été assez légèrement jugée par M. Villenave, éditeur des Sermons de Bourdaloue, publiés à Versailles, en 1812.
Par ses alliances, M"*" de Pringy était liée d'amilié avec W de Ghamillart-Villate, sœur de notre reli-
(1) Décembre, pp. 106-113.
VI LE p. LOUIS BOURDALOUE
gieux ; elle avait appris par elle beaucoup de détails sur ses premières années, et c'est par M"" de Pringy qu'ils sont parvenus jusqu'à nous. On comprend l'intérêt qui s'attache à ses souvenirs.
Tels sont les mémoires les plus authentiques que l'on puisse consulter pour connaître la vie du P. Bourdaloue.
Les critiques de l'orateur se multiplièrent au dixhuitième siècle; c'était le règne des écrivains, des historiens, des philosophes et des encyclopédistes. L'homme de lettres, à cette époque, est verbeux, suffisant; il juge à tort et à travers, il touche à tout sans songer à bien penser; il n'a qu'un but, c'est de parler avec grâce, même aux dépens de la justice, de la vérité et de l'honnêteté et surtout au détriment de la religion et de ses ministres. Aussi n'attachonsnous qu'un intérêt médiocre aux propos des gens de lettres de cette époque : Voltaire, d'Alembert, Marmontel, de La Beaumelle, La Harpe et beaucoup d'autres rhéteurs, d'un moindre renom, ont critiqué les écrivains et les orateurs du siècle précédent, ils ont tous rendu justice au P. Bourdaloue, mais tous ne s'expriment pas avec la simplicité grave de d'Aguesseau; la plupart émettent des arrêts et les imposent; ils entourent leurs éloges de restrictions qui jettent du doute sur la sincérité de leur estime. Vers la fin du siècle, au moment où la secte philosophique se prépare à frapper de mort la Société de Jésus, l'auteur des Querelles littéraires^