PREFACE XIII
étendue sur Bourdaloue, composée avec les éléments que nous connaissons; cette édition, imprimée sans luxe, a son originalité. Les abrégés des sermons ont été mis en têle de chaque discours. A la fin du quatrième volume, après la table des matières, empruntée à l'édition de Versailles, les éditeurs ont placé une table des textes de l'Écriture sainte, commentés par Bourdaloue; et dans le corps de l'ouvrage, les textes de l'Écriture, cités par l'orateur, sont indiqués par chapitre et verset^ avantage que nulle édition antérieure ne présente.
L'œuvre de M. Anatole Fougère, nous le répétons, est sans contredit, le travail le plus complet que nous ayons sur le sujet qui nous occupe.
Sauf quelques réserves, nous présentons cette critique de Bourdaloue et de ses œuvres comme à peu près irréprochable; on y retrouve bien le rhéteur, mais on y trouve toujours le chrétien, le chrétien de bonne foi, inême quand il parle sous l'influence de certains préjugés; il traite son sujet, avec érudition, avec goût et amour.
Au commencement de la préface, l'auteur donne le plan de son ouvrage.
L'introduction qui suit est une biographie de Bourdaloue, à laquelle M. Feugère joint une notice bibliographique ou histoire de ses œuvres.
Dans la première partie du travail, l'auteur entre dans son sujet, en parlant de l'éloquence de Bourdaloue; il traite de sa composition et de sa
méthode dans un premier chapitre, et dans le second, du style et de Faction.
Dans la deuxième partie, M. Feugère s'occupe de la doctrine enseignée par le P. Bourdaloue, du dogme dans le premier chapitre, de la morale dans le second.
Dans la troisième partie, il parle de la peinture morale; le chapitre premier traite de la peinture du cœur humain; le chapitre second, de la peinture des mœurs du temps. Toutes les preuves sont empruntées aux sermons dont on trouve de nombreux extraits, liés avec le corps de l'ouvrage par des réflexions critiques et historiques.
Lorsque nous avons commencé notre étude sur Bourdaloue, nous savions depuis longtemps que M. Feugère avait répondu à l'appel de l'Académie française jalouse de payer, elle aussi, son tribut à la gloire de l'orateur Jésuite, et bien qu'il n'y eût aucun doute sur le succès de l'entreprise, nous avons eu foi dans notre mission et nous n'avons pas reculé devant le danger d'une concurrence loyale.
La mort en enlevant aux belles-lettres un homme aussi éminent en science, en littérature et en vertus solidement chrétiennes, nous a privé d'un maître que nous aurions consulté et dont les avis nous auraient été précieux ; nous ne lui devons plus que des prières en retour des satisfactions qu'il nous a procurées, et de l'honneur que lui, universitaire, fait au célèbre Jésuite; elles lui sont données d'un