NOTICE SUR LE COLLÈGE DE CLERMONT A PARIS
Le collège des Jésuites à Paris doit son titre de Collège de Clermont à Guillaume Duprat, évêq'ue de Clermont en
(1) Arch. rom. S. J.
Auvergne, premier bienfaiteur notable de la Compagnie de Jésus dans la capitale. Guillaume Duprat avait recueilli nos premiers Frères scolastiques dans son hôtel, rue de la Harpe, et leur avait laissé des revenus suffisants pour fonder un établissement. L'assemblée de Poissy, en 1561, en reconnaissant le nouvel institut, déjà patronné par le cardinal de Tournon et les Guises, disposa le parlement en leur faveur, et les Jésuites purent ouvrir leurs classes. Avec la fondation de l'évêquede Glermont, ils achetèrent, rue Saint-Jacques, la cour de Langres ; c'est là que leurs premières classes furent ouvertes, en 1563, sous le titre de Collegium Claromontanum Societatis Jesu, Collège de Glermont de la Société de Jésus. Depuis cette époque jusqu'en 1618, les Jésuites ont passé par toutes les épreuves imaginables ; la paix ne commença à régner qu'après la tenue des états généraux de 1614 ; la noblesse et le clergé s'étant prononcés pour les Jésuites, les parlements se décidèrent à les laisser en paix.
En 1628, à la prière des Pères du collège, le prévôt des marchands et sa suite vinrent poser la première pierre des bâtiments neufs du collège de Glermont, augmentés en 1 641 des bâtiments de l'ancien collège des Bénédictins de Marmoutiers. En 1682, le coUège prit de nouveaux développements; l'ancien collège du Mans fut acheté et ajouté à Glermont. Le roi donna S3 miUe livres pour couvrir les frais. Ce don, ajouté aux nombreuses marques de bienveillance que Louis XIY prodiguait aux Pères du collège, lui fit décerner le titre de Fondateur que le roi voulut bien accepter; dès lors le collège prit le nom de collège de Louis-le- Grand.
Au grand siècle, le collège Louis-le-Grand comptait cent vingt ou cent trente religieux, occupés à la formation d'une nombreuse jeunesse; d'après les mémoires du temps, le nombre des élèves s'éleva au chiffre de cinq cents pensionnaires et plus de mille externes.
La chapelle était petite et sombre, mais fort riche; la bibliothèque contenait environ cinquante mille volumes choisis, et de précieux manuscrits. Nous réservons pour un
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travail spécial de plus amples détails ; nous nous contentons pour le moment de reproduire ici la physionomie du collège Louis-le-Grand, telle qu'elle apparaissait aux yeux d'un chroniqueur de l'époque, l'abhé Legendre (1). « Je ne crois pas, dit-U, qu'il y ait en Europe un collège plus florissant que celui des Jésuites de la rue Saint-Jacques, à Paris. Il y règne un ordre merveilleux ; on y voit plus de cinq cents pensionnaires des meilleures familles de tous les pays catholiques, il n'y a pas jusqu'aux jansénistes qui n'y envoient leurs enfants, parce que tout jansénistes qu'ils sont, c'est-à-dire ennemis des Jésuites, Us sont persuadés que leurs enfants y seront mieux élevés qu'ailleurs... »
APPENDICE N° IX (p. 17).