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LES JESUITES A NANCY

La Compagnie de Jésus avait deux collèges en Lorraine dès la fin du seizième siècle, l'un à Verdun, l'autre à Pontà-Mousson; celui de Metz fut ouvert au dix-septième siècle (1622). En 1602, elle avait, à Saint-Nicolas-du-Port, un Noviciat fondé par le cardinal Charles de Lorraine. Antoine de Lenoncourt, depuis Primat de Lorraine, donna aux Jésuites la maison de campagne qu'il possédait à Nancy, près la porte Saint-Nicolas et y fit transporter le Noviciat en 1604; il compléta son œuvre en élevant l'église à ses frais. Erric, évêque de Verdun, attacha plusieurs bénéfices à cette fondation pour assurer son existence. « Il y a ordinairement en ce noviciat, dit le bénédictin D. Calmet, quarante à cinquante tant prêtres, que frères et novices, qui y vivent avec

(1) Arch. de la S. Inf. Série 2. 304, etc.

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une merveilleuse modestie ; c'est là aussi oiî ils sont éprouyés par l'exercice de toutes les vertus; pour, par après, travailler à la vigne de Jésus-Christ comme à la vérité. Cette Compagnie, qui est choisie des plus beaux esprits delà jeunesse, est l'un des plus forts boulevards qui soient dans l'Église de Dieu, contre toutes sortes de vices et principalement contre l'hérésie (1). »

L'établissement du collège de la Compagnie est postérieur de quelques années à la fondation du Noviciat. Il fut autorisé, puis ouvert à Nancy, sur la demande du maître échevin Nicolas Bourgeois, en 1611. Le Primat de Lorraine, le duc de Lorraine Henri II, dit le Bon, les échevins de la ville, contribuèrent à lui assurer des revenus suffisants ; les honneurs de la fondation ont été réservés à Jean des Porcelets, évêque de Toul, prélat très zélé pour la réforme du clergé et la propagation de la vraie foi ; il avait été étroitement lié avec le cardinal Bellarmin (2), et avait conservé pour les Jésuites une estime que rien ne put ébranler.

APPENDICE N" XI (p. 19).

NOTICE SUR LE COLLÈGE DE LA VILLE D'eu

Le collège de la Compagnie de Jésus dans la ville d'Eu a été fondé (3), en 1S80, par Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, comte d'Eu, par sa femme Catherine de Clèves ;

(1) Notice sur la Lorraine, t. II, p. 146.

(2) D. Galmet, Histoire de la Lorraine. Du Rival mém. sur la Lorraine, p. 85.

(3) Compte rendu au parlement, par M. Roussel de la Tour, concernant le collège d'Eu, le 10 mars 1764.

le contrat définitif fut passé au Louvre entre le duc de Guise et le P. Claude Mathieu, provincial de France, le 7 janvier 1382 (1).

Le quartier des classes occupait l'emplacement de l'ancien hôpital normand, 'cédé aux Jésuites par les échevins, pour vingt-cinq personnes tant prêtres qu'écoliers, dont quatre régents devaient enseigner gratuitement la rhétorique et trois autres classes. Le duc de Guise avait assuré l'existence du collège lorsqu'il mourut assassiné aux États de Blois (en 1388). Sa veuve Catherine de Clèves, animée du même zèle pour la foi catholique, continua sa protection au collège des Jésuites, dont la prospérité alla toujours en croissant jusqu'à redit de bannissement (1594) . En 1592, d'après nos archives, on comptait au collège d'Eu trois cents élèves. Les Jésuites rentrèrent en possession de leur étabUssement en 1607; peu de temps après, la duchesse de Guise fit construire à ses frais l'église du collège (2) ; commencée en 1612, elle fut inaugurée le jour de Saint-Martin 1624 et consacrée sous le vocable de Saint-Ignace en 1631, par Henri Boivin, évêque de] Tarse, coadjuteur d'Avranches, vicaire général de l'archevêché de Rouen.

Catherine de Clèves mourut à Paris le 11 mai 1633, à l'âge de quat^e-^ângt-quatre ans. Elle laissa, dans l'église du collège des Jésuites d'Eu, un monument digne du grand nom qu'elle portait, aussi bien par la richesse de l'exécution que par l'esprit de piété qu'il respire. On voit, sous les deux arcades du sanctuaire, les sarcophages du duc Henri de Guise le Balafré, à gauche, et à droite celui de sa femme Catherine de Clèves. Ils sont tous deux étendus dans l'attitude du repos, la face tournée vers le sanctuaire; un entablement les recouvre et sert de base aux statues agenouillées des mêmes personnages. Le tout en marbre blanc ; les statues, reliefs et attributs, ont été exécutés, dit-on, par Michel

(1) Le 9 janvier d'après la Notice si»' le collège d'Eu (1849). —

(2) Description de la haute Normandie, t. I, p. 73-74. — Notice sur le collège d'Eu (anonyme). Tinenbrock, p. 19.

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Anguier, sculpteur né à Eu, et l'une de nos gloires artistiques du dix-septième siècle (1612-1686).

Mademoiselle de Montpensier, fiUe de Gaston d'Orléans frère du roi Louis XIII, succédant aux Guises, dans la possession du comté d'Eu, accepta le patronage du collège; on lui doit la fondation des Prix. Le duc du Maine, devenu possesseur du comté d'Eu par la donation de la Grande Mademoiselle, en 1682, fonda une chaire de théologie et nne distribution des prix triennale, précédée d'une tragédie ; les deux autres années avaient aussi chacune leur distribution de prix précédée d'un exercice académique, comme explication d'énigmes ou autres. La première tragédie fut représentée en août 1730.

APPENDICE N° XII (p. 21).

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