‹ Bourgeois et gens de peuChapitre 29 sur 30 · Voir iM. Morel-Falio · texte numérisé non relu

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n'y est dû au caractère ou à la volonté du héros. Un demi-siècle avant l'apparition de Lazarillo de Tonnes, dans un livre qui peint aussi les bas-fonds populaires *, la vieille Célestine répond déjà à quelqu'un qui lui reproche sa fange : « Je suis une vieille comme Dieu Ta voulu ».

Ils sont (( comme Dieu l'a voulu », et Dieu ne les a pas voulus bons. « Comme faire le mal vient- de notre fonds naturel, dit l'un d'eux, on apprend sans peine à mal faire. » Or le monde est ainsi arrangé, que le pauvre ne saurait se passer de la science de mal faire : a La vie des hommes, si nous l'examinons bien, est une bataille, depuis le premier âge jusqu'à celui où les cheveux deviennent blancs ». Bataille où les chances sont très inégales, car le riche et le grand s'y présentent armés de toutes pièces, tandis que le pauvre y entre nu. Leur fatalisme ne les empêche pas de remarquer cette inégalité, et, s'il y a une idée dont tous les picaros soient bien pénétrés, c'est que « les hommes bas » ont un mérite infini à s'élever, et qu'il est au contraire ignominieux a à ceux qui sont élevés de se laisser choir ». Les petits et les pauvres se sentent isolés, et ils le sont réellement, par la force des circonstances historiques. L'Espagne ne pouvait pas suivre l'impulsion générale et se métamorphoser en État moderne, les grandesses devenir de simples habitants du royaume, les villes perdre leur pouvoir légal, sans que tous les Espagnols s'en ressentissent d'une manière quel-

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