VI A ALFRED POIZAT
dramaturge réunit ces trois /tommes, — et il est en outre théologien. Du moins Fénelon l'a/firme et je vérifie, en vous écoutant, la justesse de son observation.
Vous croyez fervemment que nous vaincrons, mon cher Poizat, et que le beau sang écarlate de tant de héros, tombés pour la plus juste des causes, n'aura pas en vain crié vers la nue. Mais vous n'avez pas une égale certitude dans les lendemains de la victoire et vous ne croyez pas que ceux qui ont labouré la vigne soient ceux qui la vendangeront : « Moïse n'entre jamais dans la Terre promise, me disiez-vous, la logique divine n'est pas la logique humaine, et Dieu aime les détours... » C'est la même conception mystique de la marche des événements qui vous fait écarter ces enquêteurs trop pressés qu'on voit un peu partout sonder anxieusement l'horizon intellectuel dans V espoir d'y découvrir les signes d une révolution prochaine de l' esprit français. « Que sera la littérature de demain ? » interrogent-ils. Et vous leur conseillez d' in-