‹ Boutades et rêveriesChapitre 19 sur 47 · GRANDEUR ET DÉCADENCE · texte numérisé non relu

GRANDEUR ET DÉCADENCE

Le coq se diriger en traversant la nue.

Mais un vieil inspecteur, bien payé pour cela,

A ses gémissements mit vite le holà.

Deux honnêtes bourgeois, chargés de l'entreprise

Furent congédiés. Puis VEminence Grise

Eut son manteau de pierre, en dépit des grognons,

Façonné par les mains de joyeux compagnons

Qui furent bien payés au moyen d'une quête.

Beaucoup de souscripteurs n'ont jamais vu le faîte^ Le coq encor bien moins, de leur clocher géant. Car les presbytes seuls peuvent, pour leur argent. Voir un coq dans les airs, tout près de ces planètes^ Où se trouvent, dit-on, des peuplades honnêtes. Elles me font l'effet de s'y plaire ; en tout cas. Elles ont vu le coq et ne descendent pas. Ici l'honnêteté semble être l'apanage De gens très peu nombreux qui meurent en bas âge. On pourrait hérisser notre globe de tours Et, quitte à dépeupler toutes les bases-cours. Mettre des coqs partout : autant de coq-à-l'âne Si, malgré nos discours, l'égoïsme nous damne.

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Par quel prodige étrange, assez mal défini,

Le coq séjourna-t-il sur le clocher jauni ?

Quel pouvoir inconnu, défiant l'analyse,

Tient la flèche à la tour et la tour â l'église ?

La loi de l'équilibre est-elle un préjugé ?

Ou bien le fameux coq est-il donc engagé

Dans le cercle attractif d'une sphère céleste?

Quel astre l'a sauvé d'une chute funeste ?

C'est ce que les savants n'ont jamais pu savoir.

Pourtant, avant longtemps, il faut s'attendre à voir

Le coq dégringoler de sa base fragile.

Puis, battant la chamade avec son aile agile.

Chercher le doux repos d'un sommet amoindri.

Alors le balayeur de l'église, attendri.

Tout en le contemplant de son regard humide,

Tristement redira : La tour était solide.

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