‹ Boutades et rêveriesChapitre 46 sur 47 · A TROMPEUSE, TROMPEUR ET DEMI · texte numérisé non relu

A TROMPEUSE, TROMPEUR ET DEMI

Mais alors comment avoir l'appui De ceux qui, par malheur, sont les maris d'autrui ?

ROEÉO

Vous avez le grand tort de mal juger les hommes : Vous nous croyez bien sots, et, certes, nous le sommes. Mais pas assez pourtant pour nous faire flouer

Au moyen de soupirs d'emprunt

ROSINE

Faut avouer Pourtant que sans l'emprunt, on est sans le soie pire

ROMÉO

On ne voit pas les sous venir sous votre empire :

Mais quel est donc l'appui que vous cherchez chez nous ?

ROSINE

J'ai voulu tour à tour vous voir à mes genoux Par calcul. Je vous ai mis d'abord sur ma liste. J'avais besoin de vous : Vous êtes journaliste Et je tenais à voir publier mes écrits. Ilenrion fut aussi l'un des premiers inscrits : Il est bcte, il est plat, il est riche, il est cuistre. Directeur de théâtre ; il deviendrait ministre Sans trop déchoir. J'allais chez lui pour obtenir Qu'il fit représenter La fizur da Souvenir^ Une piôde tragique et très sentimentale Où je traite l'amour de passion fatale. Je flattais ce goujat qui toujours promettait De lire mon travail. A vrai dire il mettait

312 BOUTADES ET EÊVERIES

Bien du temps à promettre et peu de temps à lire. Or, j'avais amené le gros Cliarle à me dire Qu'il m'adorait aussi. Pourquoi le rebuter ? Je lui fis bonne mine et me mis à flirter Avec lui. L'ofiicier n'avait pas ma réponse Que je sollicitais les hommages d'Alphonse. Ce dernier personnage est peut-être grossier j Mais il est très bien vu du monde financier. J'obtins ainsi partout mes petites entrées. Mes raisons a vos yeux sont-elles démontrées ?

KOMÉO

(A part)

Coquette par calcul ! J'aurais du m'en douter.

(Haut)

J'ai pu, sans m'émouvoir vous entendre conter Cette histoire de vos coupables fourberies. Vous n'avez pas songé que vos agaceries Pouvaient faire du mal sans vous faire du bien ? Car tout ce froid calcul ne vous avance à rieu Et vous allez peut-être en juger par pous-mérne : Derrière ce massif, cachons-nous.

(Us se dissimulent partiellement chacun derrière un arbre. Ilenrion, Alphonse et Charles arrivent et s'aiTctent devant eux pour causer.)

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