‹ Boutique et comptoirChapitre 11 sur 39 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Vengeance.

Je ne fus pas plus tôt dans la rue, que je respirai à pleins poumons ; j'étais comme un oiseau échappé de sa cage. Œ Ah ! pensais-je, si ma famille approuvait ma sortie de la maison Reiszmehl, plus d'incertitude pour moi désormais ! » J'entrevoyais alors un avenir enchanteur, où je me bâtissais à mon gré les plus riants , les plus splendides ■châteaux. Mais, durant mon court apprentissage, mes souhaits s'étaient singulièrement amplifiés. Il n'y avait pas de maison de commerce dans la ville, si considérable

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f&t-elle, qui ne me parût maintenant comme une seconde maison Reiszmehl ; et ce n'était que dans un autre monde, c'est-à-dire hors des murs de ma cité natale, que s'ouvrait devant moi un vaste et magnifique horizon.

Tout en faisant ces réflexions, je vins à passer devant le soldat de pierre, qui se dressait à la porte de notre boutique ; je promenai ma main sur son long nez et Tapostrophai ainsi en plaisantant :

« Vieux camarade, tu ne peux pas prendre ton essor et te lancer dans le monde avec moi ! tu es à jamais enchaîné à la maison Reiszmehl et à Mlle Barbara ! »

Cependant le froid contact de la pierre fit courir soudain par tout mon corps un frisson glacé, et je me pris à penser que ma grand*mère n'aurait qu'à me refuser son consentement, pour que je me visse réintégré dans ma prison et condamné à une vie cent fois plus désagréable que celle de ce brave guerrier de pierre, dont la figure me semblait aujourd'hui avoir une expression tout à fait railleuse. Je me hâtai donc de tourner l'angle de la rue; mais j'avais à peine fait quelques pas, que je m'entendis appeler d'une rue latérale par une voix de basse-taille : au son de cette voix, je reconnus aussitôt le docteur Burbus.

« Hé! hé! me criait-il, mon jeune ami, mon digne gardien de boutique ! Où diantre courez-vous si vite ? Serait-il par hasard arrivé quelque malheur à la noble demoiselle Barbara ? ou mons Philippe, cette cigogne enrouée, se serait-il, par dépit d'un amour contrarié, précipité dans un baril d'huile ? »

En prononçant ces derniers mots, le docteur m'avait atteint. Je ne fus pas peu étonné de voir ce noble ami porter, au lieu de. sa longue pipe, des livres sous son bras. Sa mise d'ailleurs en ce moment était fort différente de ce qu'elle était d'habitude. Au lieu de sa souquenille fanée de velours vert, comme il appelait sa jaquette, il portait un frac noir à longues basques pointues ; un gilet de même couleur ornait sa taille ramassée, et au large col de chemise qu'il rabattait d'ordinaire autour de

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son COU, il avait substitué ce jour-là une cravate si haute et si roide, que, ne pouvant incliner la tête vers moi en signe de bienvenue , il se bornait, entre autres grimaces expressives, à baisser lés yeux pendant qu'il me parlait. Comme complément de cette toilette solennelle, ajoutez un chapeau en fort mauvais état, dont le rebord était à peine large d*un doigt, et des gants de coton blanc qui devaient avoir fait un trop long service : ear le docteur tenait ses mains à demi fermées, de manière à cacher les extrémités des doigts, qui n'auraient pas de« mandé mieux que de regarder dehors par plus d*un trou.

Le docteur 3*informa avec intérêt .de la manière dont j'avais passé la nuit, et surtout dont je m'étais éveillé. Je lui retraçai, non sans le divertir énormément, la noire tristesse qui , pour la première fois , comïne un spectre affreux, avait fait irruption dans ma jeune existence. Mais à peine lui eus-je fait entendre que cette môme journée avait amené avec elle une bien autre aventure encore, qu'il me pressa avec les plus vives instances de venir tout lui raconter dans sa chambre.

Gomme au fond je n'avais pas grande hâte de m'ouvrir à ma grand'mère sur la proposition de M. Reiszmebl, j'accompagnai le docteur jusque chez lui.

Il fallait, pour arriver à sa chambre, traverser un maga* sin de nouveautés attenant à notre boutique. J'en con* naissais à peine les commis : une première raison, c'est que ces messieurs étaient plus ftgés que moi ; une seconde, c'est qu'ils se croyaient, à titre de chevaliers de l'aune, placés sur un échelon plus élevé que nous, et nous traitaient le plus ordinairement de haut en bas. Aujourd'hui encore, lorsque j'entrai avec le docteur, ils me saluèrent tous ensemble d'une façon dérisoire, en tortillant leurs longues figures, et l'un d'eux ma demanda, d'un ton pass£d)le* ment goguenard, ce que je désirais acheter; sur quoi le docteur, à mon grand ébahisaement, répondit d'une voix haute et ferme :

« Ecoutez , noble gentilhomme de comptoir, il faut

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que je vous prie» une fois pour toutes, de vouloir bien vous abstenir d'interroger mes clients. Il est arrivé aujourd'hui même à notre jeune voisin, vers midi, allons, qu'est-ce donc au juste ?.., Ah ! j'y suis, un baril d'huile lui est tombé sur le bras et lui a occasionné une contusion qui n'est pas sans gravité ; ce qui fait qu'il réclame les secours de mon ^t. Vous voyez donc, jeune honame, qu'il n'a que faire de vos services. »

Les commis me regardèrent d'un air tout interdit, pendant que quelques acheteurs, qui se trouvaient dans le magasin en ce moment, considéraient le docteur avec non moins de surprise. Celui-^ci cependant traversa le magasin d'un pas soleiuiel et, arrivé dans le corridor, s'informa auprès de la bonne à haute voiz combien de malades étaient venus demander après lui durant son absence. La femme de chambre lui rit au nez, sans qu'il en parût déconcerté le moins du monde ; que dis-je î il n'e<i cria que plu9 fort, de manière à être entendu dis*tinctement dans le magasin :

« Ah I six malades, dont deux alités ? »

Après quoi il monta tranquillement l'escalier et je le suivis. A la porte de sa chambre était ^ppendu un grand tableau d'ardoise sur lequel on pouvait lire en gros caractères :

« Le docteur Burbus, médecin praticien, vu ses nom«breuses occupations en ville, n'est visible chez lui que de huit à dix heures, le matin* et da oioq à sept, Taprèsmidi. Les personnes nécessiteuses sont traitées par lui gratuitement. »

D'après l'idée que je m'étais fiûte jusqu'ici de la science et des connaissances du docteur, et ce que m'en levait dit mon collègue Philippe , je ne m'attendais certes pas à trouver sur son tableau le nom d'aucun client. Aussi ne revins-je pas de ma surprise, lorsque j'y lus :

Quand donc M. le 4oetear daignera-t-il enfin me visiter, après tant de lettres que je lui ai écrites à ce sujet ?

Signé ; Kbahz, maître taÛleur.

Et plus bas :

M. le docteur est prié de vouloir bien passer chez moi , en personne , samedi prochain.

Signé : La Blanchisseuse.

Plus loin encore :

Je désire vivement voir M. le docteur en personne, et m'entretenir verbalement avec lui.

Signé : Klotz, maître cordonnier.

P. S. A propos de vos bottes neuves, elles sont prêtes.

c Eh ! eh ! dis-je au docteur, vous avez déjà une clientèle passable. Ces clients-là sont-ils dangereusement malades? Je connais le tailleur Kranz, il m^a fait une redingote neuve.

— Vraiment ? répondit le docteur d'un air indifférent. Oh ! ces malades se trouvent au dernier période de leur maladie ; oui, ma foi! et ils n'ont plus besoin de mes soins, je les ai tous abandonnés. ^

Nous entrâmes dans sa chambre, dont le souvenir m'était toujours présent depuis la soirée de la veille ; mais aujourd'hui, à la demi-clarté qui y arrivait par son unique fenêtre, elle me parut encore plus sombre et plus sinistre. Tout en racontant au docteur, sur son invitation, les événements de la matinée, je regardais curieusement autour de moi.

Le squelette était coiffé du bonnet du docteur, et la fameuse jaquette de velours vert était jetée sur ses épaules. Il tenait entre ses dents une longue pipe , et la chandelle qu'il avait à la main était brûlée si avant que ses doigts étaient noircis par le feu. Sur la table et sur . les chaises régnait un vrai désordre d'artiste : ici une rapière brisée, là deux ou trois volumes crasseux et divers papiers. Tout contre la fenêtre se dressait encore la planche que j'avais chevauchée la veille. Il me parut intéressant de considérer à la clarté du jour la profondeur de l'abîme, au-dessus duquel j'avais plané, ainsi que la fenêtre de ma chambre.

Mais, au premier regard que je plongeai dans l'étroite ruelle, je me retirai précipitamment. Je venais d'apercevoir en face mon collègue Philippe et, à côté de lui, Mlle Barbara qui, en ce moment, n'avait ma foi! guère envie de tomber en faiblesse.

Ils étaient tous deux très-familièrement appuyés contre ma fenêtre. Le bon Philippe, que mes derniers procédés envers l'auguste sœur du patron avaient sans doute exaspéré contre moi au suprême degré , faisait des mines et des gestes auxquels je ne pouvais me méprendre. Évidemment il racontait à Mlle Barbara ma visite chez le docteur avec toutes ses suites, entre autres mon voyage aérien et l'état de malaise où je m'étais trouvé ce matin même.

Le docteur, debout derrière moi, était en train de se bourrer une pipe. Remarquant, tout comme moi, que j'étais mis sur la sellette, il s'avança brusquement, et sa large figure remplit si bien tout le cadre de l'étroite fenêtre, que je pus, à ma grande satisfaction, voir, sans être vu moi-même, par-dessus ses épaules.

Dieu ! quel fut l'effroi de Barbara et de Philippe , lorsque Burbus leur cria : «Bonsoir! » Le premier mouvement de la digne demoiselle fut de se retirer, mais le docteur poursuivit avec vivacité :

« Oh! demeurez encore près de moi, vous, la plus noble des filles d'Eve ! Charmante fleur des landes, pourquoi veux-tu disparsritre, lorsque la rosée de la nuit a à peine humecté tes feuilles? Et vous, continua-t-il en s'adressant à Philippe, seigneur des barils d*huile, noble chevalier du premier étage , j'ai le plus pressant besoin de lier avec vous un agréable entretien. Aussi vous prié-je en grâce de rester ; autrement je publie partout certaine histoire, je la crie sur les toits.... Âh ! vous me comprenez déjà! >

Barbara pâlissait de colère et rougissait tour à tour ; mais, redoutant les indiscrétions du docteur, elle ne quitta point la fenêtre.

c Mais que désirez-vous de moi? dit Philippe d'un ton effrayé.

— Vaillant paladin, répondît le docteur, en ma qua-

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lité de médecin, je suis physionomiste, et par vos mines, qui, soit dit en passant, sont en vérité des plus piteuses, j*ai deviné clairement quelles histoires vous contiez aux chastes oreilles de Mlle Barbara. Or, pourquoi vous aviser de dénigrer ainsi les autres, quand vous-même, plus d'une fois, vous m*avez honoré de votre visite, en suivant ce même sentier périlleux? Oui certes, et vous vidiez avec moi plus d'une rasade d'excellent punch, après quoi vous me quittiez dans un état d'excitation que l'on eût pu, à bon droit, qualifier autrement. »

Les regards de Mlle Barbara exprimaient déjà la colère depuis le commencement do cette scène; mais lorsqu'elle entendit ces dernières paroles du docteur, elle cligna des yeux et plissa les coins de sa bouche avec une rage concentrée qui fit trembler Philippe.

Le malheureux n'osait rien nier. Il craignait que Tim-^ pitoyable voisin n'entrât dans de nouvelles explications et ne vint à révéler certains détails , hélas ! bien pires encore, sur ce qui s'était passé dans une de ses visites nocturnes au docteur.

Oh! pourquoi Barbara no dévora»t-elle pas en ce moinent sa colère ? Pourquoi , au lieu de s'éloigner de la fenêtre, dit-elle d'un ton sec au docteur que, si Philippe pouvait avoir à se reprocher une étourderie , c'est que, vraisemblablement, il avait cédé à ses perfides sugges- ' tiens ; mais que , pour ce qui était de moî, j'étais bien le plus abominable vaurien que la terre eût porté f

C'en était trop, à ce coup, pour mon ami le docteur. Portant vivement la main derrière lui , il saisit un vieux pistolet rouillé, qui était accroché à un clou près de la fenêtre, et le dirigea brusquement contre Philippe, en le menaçant avec un horrible serment de lui brûler la cervelle, aussi vrai que l'arme était chargée de deux balles et de quelque menue ferraille, si, à l'instant même, il ne rendait hommage à la vérité et ne confessait hautement qu'en le venant voir, il avait cédé, non à ses suggestions, à lui Burbus, mais bien à l'attraction magnétique de deijx yeux noirs {deins de feu.

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Les fenunes, en ees sortes de matières, sont douées d*une pénétration incomparable. Le docteur eut à peine parlé de ces deux yeux noirs pleins de feu, que Mlle Barbara devina tout. Partagée entre la crainte et Tespérance, elle attendit un moment sans rien dire. Sans doute, le malheureux Philippe allait rejeter loin de lui une telle accusation avec les plus terribles serments. Mais , soit que sa conscience lui reprochât réellement quelle faute énorme, soit cpxe Parme dont il se voyait menacé paralysât son énergie, il baissa la tête et garda ie silence.

c Philippe ! » dit alors Mlle Barbara ; mais eUe dit ce mot unique d'un ton si foudroyant, que Philippe baissa la tête encore davantage et continua de se taire. Ihiis, rassemblant toutes ses forces, Barbara s'éloigna, le cœur désespéré.

Philippe en fit autant. Courut-^ll après elle, ou la grandeur 4e ses torts le renversa^^elle sur le plancher? c'est ce que je n'ai jamais su.

Quant au docteur Burbus^ restant immobile à son poste, il se dressa de toute sa hauteur et , d'une voix majestueuse et tonnante, cria ces mots aux fugitifs :

m Cardinal, j'ai fait mon devoir ; faites le vôtre 1 •

Cela dit, il s'éloigna de la fenêtre et se jeta sur une chaise en s*abandonnant à un fou rire dont il fut quelque temps à se remettre. Bien que la question des deux yeux noirs pleins de feu, dont il avait parlé, ne fût pas complètement claire à mes yeux, je réussis pourtant à arranger dans ma petite ima^nation une histoire assez approchante de la vérité.

Pendant que le docteur, retiré dans un coin de la chambre, se débarrassait de son costume d'apparat, je regardai autour de moi sur la table et j^aperçus, à demi recouvert de cendres Se tabac et d*allumettes de papier consumées, un cahier qui portait ce titre: Journal du docteur Bwbus, Moi aussi, je m'étais vu autrefois dans l'obligation de tenir un journal , et cette tâche, par parenthèse , m'avait paru des plu^ difficiles. Il ipe fallait couvrir de nombreuses pages du récit des promenades que j'avais faites et de toutes les connaissances que j's^ais

acquises dans les jours écoulés. Mais comme , en bonne conscience , le bagage de mes connaissances n'était pas lourd, je remplissais la plupart dés pages de mon livre ainsi qu'il suit.

« Du 16 : rien de particulièrement digne d'être noté. >

Aussi étais- je réeUement curieux de voir comment un homme expérimenté et instruit comme le docteur Burbus avait rempli son journal. Je l'ouvris donc, après lui en avoir poliment demandé la permission ; mais quel ne fut pas mon étonnement, quand je vis qu'il ne se composait guère que de papier blanc ?

Je pensai d'abord que c'était un nouveau journal commencé depuis très-peu de temps, mais le chiffre de Tannée, inscrit sur la première page, me démontra tout aussitôt que le livre datait au moins de dix ans, et, pour un si long espace de temps, le docteur me semblait y avoir écrit bien peu de chose.

La première page contenait le récit d'une soirée d'amis qui s'était terminée par une mêlée à coups de triques.

Six mois plus tard venait cette remarque :

« A dater d'aujourd'hui, je me suis habitué à qualifier de très-médiocre chaque expression d'autrui. »

Un peu plus loin, Il déclarait qu'il avait changé cette formule et y avait substitué cette autre :

« C'est impossible. ^

Plus loin il trouvait tout parfaitement classique, et enfin son mot favori était ce mot à la mode :

c Sur mon honneur, c'est fameux ! »

Entre ces notes, dont on peut apprécier la haute importance, il y avait çà et là des feuillets arrachés et aussi, par-ci par-là, quelques comptes de bière et de vin , des notes de blanchissage.

J'allais passer outre , croyant avoir tout lu , lorsque j'arrivai à une page où je pus lire cette strophe :

Fais ton profit de mon conseil, Pare un peu ta vieille taverne ; Devant la porte dresse un vert buisson ^ Et donne à boire frais aux chalands.

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Je lus ensuite :

« Deuxième jour de Noël : aujourd'hui la bière a commencé à devenir ez;traordinairement bonne; le soiri orgie.

« Du vingt-sept : le nlatin, mélancolie ; le soir, orgie.

« Du vingt-huit : le matin, mélancolie; le soir, orgie.

c Du vingt-neuf et du trente : idem.

« Du trente et un : le matin, mélancolie ; à midi, petite récréation spirituelle; après midi, idem^ mais plus tempérée; le soir, grandissime orgie à Toccasion de la saint^ Sylvestre.

« Du premier janvier : après m'^e offert mes compli-* ments pour la nouvelle année , lu un écrit fameux de riminortel Sieben, que m'a prêté N...» et qui est intitulé : La Mélancolie n^est pas incurable l tiré grand profit de cette lecture. »

Ici finissaient les confessions d'ime belle âme. Bien que çà et là quelques ratures et quelques pâtés d'encre indiquassent, de la part du docteur, l'intention de renouer le fil des événements mémorables de sa vie, toujours estil que cette intentron> il ne l'avait pas réalisée, car il n'y avait plus un seul mot d'écrit dans le livre.

Cependant le docteur avait remis sa jaquette de velours vert. Je jetai un dernier regard sur la maison Reiszmehl, et nous sortîmes. Le docteur efiaga sur son tableau les noms de ses trois malades incurables, et nous nous rendîmes en toute hâte, moi chez ma grand'mère , lui dans son club, où se réunissait (il l'assurait du moins) la société la plus spirituelle de toute la chrétienté.

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