LUE
des ulcères très profonds, elle laisse après elle une cicatrice déprimée et très marquée.
3 Une forme hypertrophique, rare; le clou ressemble alors à certains lupus.
{° Une forme phagédénique, dans laquelle lulcère envahit rapidement des ilots de peau saine, déterminant dans certains cas de véritables abeès par irritation de
voisinage.
Parfois le bouton de Gafsa ne dépasse pas la période d'induration : l'on assiste alors à la formation de petits clous se présentant sous l'aspect de papules coniques dont l’épiderme s'exfolie seulement au centre et d’une façon très légère. Ces clous restent longtemps dans le même élal et disparaissent sans que l’on constate de croûles à leur surface.
Pour ce qui est du nombre des clous que l’on peut rencontrer sur un même individu, il est éminemment variable : en Tunisie, les chiffres relevés par nous oscillent entre un et trente ; mais, si les cas de bouton unique sont fréquents, il est rare de constater plus de vingt clous sur un même individu ; en moyenne on en voit de cinq à six sur chaque malade.
Si le clou peut se rencontrer sur tout le tégument externe, il siège de préférence sur les parties découvertes. Par ordre de fréquence, le clou débute par les membres inférieurs, les membres supérieurs et la face. Les localisations sur le tronc et sur les organes génitaux semblent être très rares. Quand lés lésions débutent par les membres supérieurs, elles affectionnent particulièrement leur face dorsale, donc le côté de l'extension : soit
dit en passant, ce fait très intéressant est une nouvelle preuve en faveur de la piqûre par un insecte piqueur, et certains malades se souviennent fort bien avoir éprouvé, durant la nuit, une démangeaison aux points où se sont plus tard développés les clous.
Pour ce qui est de la durée, elle est inférieure généralement à celle qu'assignent les classiques au bouton d'Orient. Il nous semble qu'en Tunisie l'affection ne mérite pas le nom de « mal d’un an », et, grâce aux progrès réalisés dans la thérapeutique du clou de Gafsa, la moyenne des cas évolue en un laps de lemps variant de deux à six mois. Ceux durant neuf, douze mois et au delà semblent être devenus fort rares.
Un dernier point à étudier est la douleur. Habituellement le sujet éprouve quelques démangeaisons pendant la période d'incubalion, un peu avant que le bouton apparaisse. Dans la période d'induration la douleur est nulle ; elle semble être plus vive dans la période de desquamation ; elle disparaît le plus souvent dès que la croûte est formée.