CATILINA DINANT EN VILLE
Dans certaine maison, vivait certaine /ÎMwme, Qui voulut voir, un soir, le grand Catilina, De ce fier trépassé, donc> elle évoque Tame, Mais dès qu'elle apparut, la pauvrette fouina,
€omme un chat-tigre sous sà jungle, — Elle eut, ma foi, grand peur I ^ ce noble citoym Roulait un œil féroce en se rongeant un mgle
Et jurait comme un vrai paie», La curieuse avait ce doux nom, MiraheHe (Sans être aucunement fille de Mirabeau) ; Je puis bien dire aussi qu'elle était jeune et helk Et que sa main tremblait bien fort sous son flambeau. N'y pouvant plus tenir, elle appelle Orestie* — C'était sa sœur ; et puiSj son frère (Jabrio, L'une avait un joli talent de repartie; L'autre aimait beaucoup mieux les choses d'agio. Un festin s'improvise où s'étale la figue A côté du Xérès et du noble faisan :
(( Voyons, ne songez plus à la guerre, à la ligue; » En bon Italien, goûte ce parmesan.
» Je vais briser pour vous cette verte noisette? » Éventrons, voulez- vous, ce monstrueux pâté f » Notre grand homme avait une faim de grisette, Et le voilà mangeant comme un âne bâté.
Madame X.
On n*a pas tout dit sur la femme Pas plus que sur Catilina !
Pour Toser, bien sûr, plus d'une dnie Plus d'un cœur hésita, fouina. Mieux vaudrait dans l'épaisse jungle, En brave et vaillant citoyen, D'une tigresse affronter Vongle Ou devenir Maure ou paien.
S'il eût planté la mirabelle Jusqu'à vingt-huit ans, Mirabeau N'eût pas trouvé Sophie si belle, Et de son génie le flambeau Peut-être eût fait une Orestie Ou la divine Gabrio.
Hélas I la vive repartie Aujourd'hui: vaut moins que ïagio ; La suave pulpe de la figue Est délaissée pour le faisan.
Il est temps que chacun se ligue Contre chester et parmesan.
Des bois j'aime mieux la noisette.
Et je la préfère au pâté, Au flan si cher à la grisette.
Et je signe,
Un Ane bâté.
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