OU EST LA FEMME
Cherchez dans toute histoire, on y trouve une femme
L'incestueux amour perdit Catilina;
Tuant la royauté Lucrèce perdit Vâme;
Pour la Reine d'Egypte, Antoine fouina ;
Dhéran pour une aimée a péri dans la jungle ;
Porcia dé Brutus fit un grand citoyen;
Dalila de Sansom rogna le crin et Vongle ;
Pour Clotilde, Clovis cessa d'être païen.
Avec son accent doux, comme la mirabelle,
L'amoureuse Sophie a crée Mirabeau,
Que de preux chevaliers sont morts pour une belle,
Sans avoir de l'hymen allumé le flambeau!
Femme d'Agamemnon, tu créas VOrestiet
Dubarry dicte encore un livre à Gabrio;
Souvent une soubrette à fine repartie
Plongea dans la faillite un roi de l'alto.
Débarquant sur le sol où s'arrondit la figue,
Où jamais un chasseur n'abattit un faisan,
La belle Médicis vint corrompre la Ligue,
En lui servant ses plats couverts de parmesan,
La femme brise un cœur comme un casse-noisetle,
Transforme un cicéron en rhéteur em-pâté.
Et, qu'elle soit duchesse, ou marquise, ou griselte,
Un héros est près d'elle un âne mal bâté.
Mkrv.
J'aime d'un tel amour iine adorable femmff
Que pour la conquérir, comme Catilina,
J'aurais mis Rome en cendre en faisant rendre Vâme
Au consul Gicéron, qui toujours fouina.
Mon cœur blessé bondit comme un tigre en sa jongle^
Lancé par des cbasseurs, et, mauvais citoyen,
Pour elle je vendrais Paris rubis sur V ongle,
Je renierais le Christ et deviendrais païen.
Avec un beau panier de fraîche mirabelle
J'ai voulu la séduire, et du grand Mirabeau
Ce jour-là l'éloquence eût moins ravi ma belle
Que la mienne à ses yeux allumant son flambeau.
Que ne suis-je un seul jour l'auteur de- VOrestitf,
Ou l'écrivain charmant surnommé Gabrio I
Possédant de tous deux la fine répartie,
Pour elle au jeu d'esprit je ferais Y agio.
Mais c'est une gourmande. Outre un joli heofigue
Je m'en vais de ce pas lui porter un faisan;
Quel que soit le rival qui contre moi se ligue,
J'aurai bien du malheur si grâce au parmesan.
Qui fera le dessert, avec poire et noisette,
Surtout grâce au fumet d'un succulent pâté,
Je n'emporte d'assaut le cœur de ma grisette.
Que l'on me tienne alors pour un âne bâté.
E. Maréchal.