V. Leblanc
Puisant ma poésie dans ramoUr d'une feffime,
Ignorant sur les lettres et sur Catilina,
Je voulus faire des vers, j'y mis toute tnon âme :
Connaissant peu les règles, mon pauvre esprit fouina.
Errant dans le passé, qM^kVéLYemril jongle.
Instruisez-moi, monsieur, soyez bon citoyen.
Piqué au vif par vous, j'ai reçu le coup d'ongle
Que vous avez donné au rimailleur païen.
Ma cervelle est petite comme une mirabelle :
Il me faudrait, hélas I l'esprit de Mirabeau,
Pour exprimer l'amour," la nature si belle.
Les oiseaux et les fleurs. Ah! so^ez mon 'flambeau.
Par vous comprenant mieux les beautés d'Orèstie,
Tous les beaux vers célèbres aimés par Gubtio,
Et, dans tous ces beaux livres mon âme repartie,
Oubliera de ce monde la fange et Vagio.
Je pourrais faire des vers, môme sur une figue
Et sur le beau plumage argenté d'un faisan,
De tous les chérubins chanter la sainte Ligue ;
Mais que fais-tu donc là ennuyeux parmesan?
Tu vois, je n'ai plus rien dans ma pauvre noisette.
Soutenez-moi, grand maître, je veux mordre au pâté.
Accueillez le sourire de ma douce grisétte,
La pensée et le cœur d'un pauvre âne bâté.
Jules LÉODEY.