‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 12 sur 128 · CONTRE LES HOMMES · texte numérisé non relu

CONTRE LES HOMMES

OUI n'en ont que le nom

J'enttînds les hommes dire : Ahl ce n'est qu'une femme!

Ne les croiraient-on pas tous de Çatilina

Les dignes héritiers ! La plupart n'ont pas d'âme

Et craignent le danger. Qui pâlit et fouina?

Une mère, jamais. Vraie tigresse en sâ jungle,

Pour son enfant bravant le roi, le citoyen^

Et la honte et la faim, le travail sous son ongle

Disparaît; et l'époux, jurant comme un païen,

Va se gorger de vin, de fme mirabelle,

Et rentrant au logis, se pose en Mirabeau^

Se croit un homme enfin, si sa femme rebelle

Se refuse à fléchir sous ce pâle flambeau k

Fort ignorant de tout^ même de VOrestie,

11 défend à sa femme de lire Gabrio,

Il n'a rien que des coups pour toute repartie

Et dans de-mauvais lieux s'exerce à l'agio.

Et voilà ce modèle, qui croit faire la figue

A la femme de cœur. Oh ! le lâche faisan t

Pour ie mater tout net, il faudrait une ligue

Des femmes de la Franco, du Grec au parrnesan.

Il deviendrait alors, plus petit que noisette,

Et je voudrais en faire un hachis de pâté.

Voilà le sort heureux de bourgeoise ou gris'ette,

Quand elle a pour époux moins qu'un âne bâté.

Une femme

Quand tant de bouts rimeurs, fins ou sots, homme ou femme ^

Amis de Gicéron ou de Catilina^

Grouillent à ton concours, ô Dumas ! sur mon âme ! serait par trop fort que mon cœur fouinât,

Et n'osât point entrer, avec tous, dans la jongle?.,.

Me voici donc I salut I aristo citoyen.

Autant reconnaissable à la plume qu'à Vongle,

Sang mêlé de tout sang, chrétien ou païen;

Me voici! je franchis, d'un bond, ta mirabelle,

Calembouriquement, rime de Mirabeau.

Et, sans avoir joué, je viens jouer la belle !

Avec ton grand Méry, toi, iendini\e flambeau!

Oui, chantre d'Antony, chantre de VOrestie,

A ton nez, comme au nez de votre Gabrio,

Bravant, de ton esprit, la vive repartie,

Et plus fort que jamais détestant Vagio,

Je veux gagner ton prix!... encor sans fsiire figue...

A personne : Auvergnat, prêtre, oie ou faisan, v

Mais... sachant qu'Henri quatre est plus grand que \si Ligue;

Que le hollande vaut, au moins, \e parmesan...

Qu'à l'automne, il est doux de cueillir la noisette ;

Qu'il faut boire, et beaucoup, en mangeant du pâté :

Que la lorette, hélas ! a tué la grisette,

Et qu'un âne, tout seul, ne s'est jamais bâté...

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