MA PROFESSION DE FOI
Samson fut autrefois livre paor wm femme;
Par une femme encor ipéni Càtalina' :
Aussi, comme Platoif, j'ai su rëglep mon âma.
Et, loin de moi, l'amoar effaroudié/om*9ia.
Laissant l'ambition an. candidat; qnvjtm^t,
Je tâche de rester honnête citeyerfi
De peur que mon curé ne me' donne* sur^r^oNffo^
Sans être trop dévot, je ne suis pas paaem^
En fait de fruits, surtOHt j'aâiae la> mtra^ei^;
De poètes, Musset-; d'orateurs;, Mirabeau.
C'est lui, dont Téloquenee et si viveetsi beHê^
A de la liberté fait briller le flùmbeam.
J'admire le fécond auteur de VOrestie^,
Et je lis les écrits charmaoïts de Gahrio,
J'adore les bons mots, l'esprit, la répartie;
Mais, je déteste à mort la bourse et Vagio,
Mon palais n'a jamais pu supporter la figw,
Et préfère le lièvre au bout goût du faisan.
Chasseurs, pour m'affamer formez tous vm&Hg%e:
Je m'en consolerai, si j'ai du parmesa/n.
Qui ne m'a vu, vêtu de mon habit noiseUe:,
Emportant sous mon bras dti via vieuf, un pâté.
Parcourir la campagne? — Avec une grisettet
— Non pasi — Et vous dédire. « Obi quel âne bâUJ »
OxER Laine.
Je me laisse assez bien tenter par une femme. Mais j'eus fait résistance à un Catiîina.
C'est un serment français : je jure sur mon âme Qu'un homme de ce sang jamais ne fouina^ Qu'il put voir sans pâlir un tigre dans sa jungle^ Affrontant le danger comme un bon citoyen ; Attendre patiemment en se rongeant les ongles Et plaindre sans blâmer chaque pauvre païen, Greffer en sa saison cette humble mirabeUe Que put plus d'une fois admirer Mirabeau.
La science à mes yeux fut toujours la plus belle, Car elle porte haut son modeste flambeau.
J'aime bien mieux cela que la belle Orestie; Je préfère Dumas, plus charmant que Gabrio ; Il a, sans contredit, l'esprit, la repartie, Et jamais il ne fut en faveur de l'alto.
Quant à moi, j'aime assez la saveur de la figue, Je ne rougirais pas en face d'un faisan.
Ma profession de foi est sincère et se ligu£ Contre les amateurs du goût du parmesan.
Je mange volontiers l'amande et la noisette, Mais je laisse au voisin mon morceau de pâté. J'aime mieux la vertu et je plains la grisette. Qui a souvent en partage un gros âne bâté,
Henri Pochon, Graveur sur bois.
Le poëte chante la femme^
Verres Chanta CaJtUina^
Doué et d'un cœur et d'une âme
Que tu compris, ô Fouinai
Sur notre terre, où tout est jongle^
Même un roi nommé citoyen^
Je demande, en rongeant mon ongUy
Qui croire, chrétien ou paien?
Quand je goûte à la mirabelle^
Je me souviens du Mirabeau,
Qui sut charmer l'homme et sa belle
Au feu brillant de son flambeau.
Que vous dirais-je ô'Orestie?
Plut-elle à notre Gabrio?
Je ne le sais, mais repartie^
Elle n'a pas fait l'agio /
Donna-t-elle au moins une figue
A l'auteur gourmet du faisan,
Qui, bon viveur, toujours se ligue
A se bourrer de parmesan?
Qu'importe; aux 6gues, à la noisette,
Je sais qu'il préfère un pâté.
Et que bu, sa tei^fire grisette
Uappelle vieil âne bâté !
A. MOITIER.
FOUINA
A moi la sémillante femme^ Émule de Catilina, Conspiratrice au fond de Vante, Qu'en riant j'appelle Fouina, C'est avec nos cœurs qu'elle jongle ; Gare au trop naïf citoyen Tombé sous son bec et son ongle:
D'un ange elle fait un païen !
Bonne comme une mirabelle, Ardente comme Mirabeau, Nul n'eàt de glace pour ma belle, Dont l'incendie est le flambeau.
Que serait près d'elle Orestie^ Ou l'éloquente Gabrio?
En traits brille sa repartie:
C'est de l'or livré sans agio!
Mais je veux lui faire la figue :
Je sais son goût pour le faisan; Contre elle j'admets, dans ma ligue, Macaroni, vrai parmesan, Vin au franc bouquet de noisette, De Strasbourg savoureux |)(î*é...
Ma Fouina redevient grisette, Et l'Amour... un âne bâté,
Lescop.
J'aime ëperdument une femmt
Qui vaincrait un Catilina.
Sa vengeance, me troublant l'am^,
Cruellement y fouina.
Comme le tigre dan? la jun^
Se repaissant d'un cttoi^,
Et le déchirant de son angk
Aux yeux d'un farouche jîflitni
Que Tun chante la mrabêUe^
Ou le talent de Mircd>êau;
Brigue la mara de Id i^\i»helk,
Cherche la gloire et son flénnbem»;
Vante les vers de VOrestit^
Loue en l'aimable Gabrûx
L'esprit de vive repartie;
Aux vains charmes de l'apte,
Aux séductions de la figt»,
Au goût délicat du faisan
Qui pour capter chacun se ligtf^
Avec l'attrait du psnr^san;
A la plus friande noisette:,
Aux truffes d'or di^inind^ :
Moi je préfère la grisette
Par qui mon cœur semble bâté.
De Laurmil de la Figardière.
Moi, courir sur les pas de la gloire^ une femme ! Incendier Paris, nouveau Catilina^ Des feux de poésie où s'épuise mon âme !
Nonl... Des élus du jour, Tun, petit, fouina; L'autre à son torse doit le succès ; l'autre jongle : Que serait dans leur troupe un simple citoyen? Je préfère aux gandins qui se polissent Vongle, Aux princes des salons, un agreste païen Qui sur l'autel de Pan ouvre une mirabelle.
Dans ce monde bâtard, si j'étais Mirabeau, Je me tairais. Jamais, si j'étais une belle, Gomme un papillon d'or qui se brûle au flambeau, Je n'irais du balcon applaudir VOrestie :
J'aimerais mieux dans l'ombre écouter Gabrio, Ou de son compagnon guetter la repartie.
Je fermerais mes sacs, prince de Y agio.
Et, si j'étais Dumas, comme je ferais figue Au banquier qui le juge en dînant d'un faisan. Au peuple d'écrivains qui contre lui se ligue î Si j'étais héritier du duché parmesan.
J'aimerais au dessert casser une noisette.
En souvenir du temps où le moindre pâté M'éblouissait les yeux, servi par ma grisette. Ainsi, je vais, riant au nom d'âne bâté.
Porphyre Laigredoux.
Ange ou démon, telle est la femme t' Le traître, c'est Catilina ; L*abîme insondable, c'est Vâme.
Quel vilain mot que fouina !
Quel pleutre, que celui qui jongle Pour paraître un grand citoyen ; Qui, lorsqu'on le gratte sous V ongle, Laisse voir le Janus païen t Du prunier vient la mirabelle, Des deux Gracchus vient Mirabeau, Plus tard, de Thiers vient Vaula belle, De Bethléem vient le flambeau.
Quel chef-d'œuvre que VOrestie!
Quel charmant type Gabriol La gloire t'en est répartie^ Tu l'escomptes sans agio,., Dumas, l'Arabe aime la figue.
Le gostronome le faisan ; Mayenne dit : Vive la Ligue!
Yéron : Vive le parmesan!
L'écureuil : Vive la noisette !
Monselet : Vive le pâté/ Paul de Kock : Vive la grisette !„.
Si no vero, je suis bâté !...
Auguste PoMPiE. [Philomélas.)
Les moyens employés pour séduire la fèume Changent suivant l'époque. Ainsi Gatilina^ Pour plaire à sa beauté, dont le nom, sur mon âM#, Est peu propre à charmer (elle^ avait nom FottCnaf, La conduisait au cirque, eff ce» lieux où VonjmgVB'; Le citoyen luttait contre le cttoy^n, Et Ton ne s'y battait pas alort* à coups &on^^: C'étaient des coups mortels qui plaisaient au poliMi On aimait mieux alors'piment qae mirabdUi Si nous sautons du) coup jascfues à Mirabmw^ Nous verrons qu'e» ce temps, pour adoucir sdibettéi, Il fallait lui parler de flamn^, de flambeaw^ Suivre le fleuve Amour... Tapp^el^r Orestie:^ Mais venons à nos jours : pour' plaire à GahHo^ On doit trouver un mot.,, foire une r&ptxrtie): Agissons en amour ainsi qu'en agio, n fout du chambertin, en plein hiver la figite^ Des primeurs, desj)erdreaus truflPés et du faismir^ Pour celle qui descend de plus loin que la Ligue. Mais toujours, en revanche, un quart de 'parmesm^ Le cidre, les marrons, le vin doux, la noisette^
Un peu d'amour et... du pdté, Suffiront, j'en suis sûr, pour charmer la grifette, -
Ou je suis un âne hâté,
B. Ragu fils.
Tu sais peindre rhomme et la femme ^
Les modernes Catilma,
£t les héros dont la grande âfne
Devant nul péril ne ,/quiiia.
Souvent escamoteur ^ui jjaxjigie ;
Par caprice grand citoyen ;
Licm qui se connaît à Vongie
Sous peau de turc ou de^Orïât? ;
Pour une jeune mivabeUe
Tu d4)nnâr^8 les Mirabeau,
Pourtant le public ^e iplus.^^
Vient se |;riller .à ion ficmbem-
Tu laisses la trâsle Or$stie
À la .plume de jGabrio.
Toujours uif à..la vi^r^ie^
Dédaignant le ^il a^^
Aux .plus /sav,ants faisant la i/ij^e,
Sans manquer l)iécas8e on fanm^
Dieu te gard' ide la^sotte^ue^
De fromage de pan^ejon,
Des mentons en c»&&d-^nQi$eike,
Des minois au nez érçâU ;
Mais j^doute encorda ,^rtâ0tte,
Ganic'est .par .là q\i*on t'a bcHé.
F. Rednes.
Est-ce l'histoire d'une femme
Ou celle de Catilina Qu'il me faut vous conter? Je crains bien, sur mon âme, Que ce soit le moment de mettre fouina.
Ah ! si j'étais Méry, ce grand homme qui jongle Avec l'esprit français ; mais, pauvre citoyen^ n me faut à l'instant trouver rubis sur Vongle, Tant d'esprit, que vraiment on s'en ferait paien Que vais-je faire ici de ce mot mirabelle, Se trouvant si voisin de l'affreux Mirabeau?
A la femme, après tout, le besoin d'être belle : La laideur n'éteint pas la clarté du flambeau. Que m'importe, en lisant les vers de VOrestie, Que l'auteur ne soit pas beau comme Gabrio?
J'aime par-dessus tout la fine repartie, Et surtout pas de club, pas de turf, pas d!agio. Vive Dumas ! il traite aussi bien de la figue, Du rôt à la ficelle et du divin faisan; Il ne craint pas qu'aucun contre lui ne se ligue, Quand du macaroni il passe au parmesan.
n ferait un volume avec une noisette.
Combien en ferait-il en parlant d'un pâté?
Et s'il vous racontait une histoire de grisette. Lourde serait la charge au pauvre âne bâté.
Ernestine Revillon.