AUX DÉTRACTEURS DE LA FEMME
Quelle folie, bon Dieu 1 de médire d'une femme.
Chaque fois il me semble que, comme Catilina^
C'est abjurer sa foi et trahir son âme!,,.
Mais plus d'un, cependant, dans sa vertu fouina.
Alors je me crus être à quelque tour de jongle.
Et je suis assuré que tout bon citoyen,
Comme moi, toutes les fois, de colère s'arrache V ongle.
N'est-ce point, en effet, être vraiment païen,
Que porter une atteinte à la douce mirabelle?
Passe encore, au surplus, au joyeux Mirabeau,
Mais respectez, profane, respectez toute belle.
De votre méchanceté éteignez le flambeau,
Et devenez fidèle à la grande Orestie.
Faut-il vous rappeler la fameuse Gabrio,
Plus qu'une autre, il est vrai, de talent répartie?
Reconnaissez vos torts, car ce n'est qu'un agio
Où vous ne devez point même risquer une figue ;
Reconnaissez enfin que faire fi du faisan.
C'est armer contre vous toute une sainte ligu£.
Faites-le donc et plutôt, du fromage parmesan.
Nourrissez votre esprit, ou cueillez la noisette.
Encore, et soyez sûr qu'un simple et bon pâté,
Partagé entré deux avec une grisette.
Est moins du temps perdu, et surtout moins bâté.
(L'ami des femmes.) A. Wadbugk.
— 3Gi —
G®»ME i'AIMERAJS QU'IL SOIT
Au sein de la famille j'aimccais une femma
Qui ferait de son ûls, non un Ceiilina^
Mais l'élevant au bien, lui inc^quant son âme^
Son âme douce et forte, qui jamais ne fouina,
Lui apprendrait ainsi à mépriser qui jongle,.
A aimer sa patrie, être bon citoyen.
Jamais à son semblable il ne rognerait V ongle;
Et, zélé catholique, il fuirait le pdien,
Et tout en cultivant la prune mirabelle^
Pour défendre le faible serait un Mirabeau.
Jamais il n'aimerait une femme, une belle,
Sans que de l'hyménée s'allumât le flambeau;
Et tout en admirant Dumas et VOrestie,
Il lirait les romans choisis de Gabrio,
Je lui voudrais l'esprit prompt à la repartie,
Mais bienveillant ef calme, égal sans agio.
Sans être gastronome^ sans dédaigner la fig}f£.
Il lui préférerait une aile de faisan.
Mais contre un cuisinier, -que jamais il se ligne., •
Pour un macaroni (manqué^ au parmesan.
Et, s'il allait au bois pour cueillir la noisette,.
H n'y dînerait point sur l'herbe d'un pâté,
De peur d'y rencontrer l'agaçante grisette,.
Et d'être pris par elle pour, un baudet bâté
Emile S. M.
CE QUE J'AIRffi, GE QUE m N'MME PAS
Ce que je n^akoe pas, c'est une indigne femme. Et je préférerais louer Catilina^ Chanter de ce Romain la perversité ô!âmey Qui trop longtemps, hëlasl et trop souvent fouina; Intrigant avant tout, vil charlatan qu^ jonigky Mauvais fils, mauvais père et mauvais citopen, Qui cherche à déchirer son pays de son ongh.
Vautour couvert de sang, horrible, afireux païen. J*aime mieux ta couleur, ô pâle mirabelle, Fruit estimé, je crois, du comte Mirabeau, Que réclat emprunté d'une ci-devant belle.
Ce que j'aime? Ecoutez, mes amis: un flambeau Pour lire au coin du feu les vers de VOrestie; Ou, si vous le voulez, célébrons Gabria, Et du gracieux auteur la vive repartie.
Puis, exempts des soucis, des soins de l'agio. Plus heureux, en mangeant et la poire et la figue, Qu'un prince qui déguste un savoureux faisan, Contre l'apparat seul, méditons une ligue.
Pour du macaroni, flanqué de parmesan, Pour un bon petit vin, une simple noisette.
Délaissons le Champagne et le plus un pâté.
Enfin, de nos festins bannissons la giHsette, Qui sait du plus savant faire un âne bâté.
Ernest Babile.