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LES FEMMES

Damis me dit hier : Ne prenez jamais femme ;

La femme, voyez-vous, c'est un Catilina

En jupon; dol et fraude habitent dans son âme;

Elle a de noirs sentiers, et toujours fouina.

De plus, avec nos cœurs méchamment elle jongle;

On ne saurait trouver un seul grand citoyen

Qui n*eût d'elle reçu quelque sanglant coup d'ongle;

Aussi l'aimait-on peu dans le monde païen.

Elle ne donnerait pas une miraèeUe

Du malin Cicéron, du fougueux Mirabeau,

S'ils ne lui disaient pas à toute heure : Ma belle^

On pourrait à vos yeux allumer un flambeau.

En outre elle est féroce. Oui : lisez VOreetie,

Vous verrez Clytemnestre... Ici, le Gabrio

Me fournit une repartie;

Et sans me demander d'agio t Monsieur, dis-je à Damis, maltraitez le heo-figue^ La linotte étourdie, ou le grave faisan, Aussitôt contre vous ils forment une ligue;

Mais donnez-leur du parmesan,

Ou moins que rien, une noisette.

Ce qui reste d'un pâté Quand y mords une grisette; Voici leur covtvr&ux, bâté,

P. L. Mari.

GMILINA

Seule, je crois, une humble femme, Eût pu TéduivQ Catilina, A la patrie garder son âme, Le rendre à Thonneur qu'il fouina,.

Avecque ses serments il jongle Et devient traître citoyen; Une femme lui eût rogné Yon^ Et mis à genoux ce païen.

Donc,' comme la mirabelle, Sans le talent de Mirabeau^ Oui, la femme, jeune, tendre et belle.

Lui eût bien servi de flambeau.

Que dire s'il connut d'Orcfitô L'auteur chéri de Gabrio, Dont l'esprit fin, la repartie.

Font oublier bourse, agio?

Aux fins Romains faisant la f^ue, n eût glissé comme un faisan.

Cherchant à éviter la ligue Qui doit le mettre au parmesan.

S'il eût mêlé à la noisette.

Aux tranches dorées d'un pâte Les gais refrains d'une grisette, Gicéronne Teût point &a<é.

Marie.

CE QUE J'AIME

Brune avec des yeux bleus, douce j'aime la femme.

Malgré ses grands défauts, j'aime Catilina,

Cet homme ambitieux, plein d'audace, et dont Vâmey

En face du danger, jamais ne fouina.

J'aimerais à poursuivre un tigre dans la jungle;

Intrépide chasseur, paisible citoyen,

Je braverais d'un aigle et la serre et Vongle,

Me riant du hibou, cet oracle païen.

Cela n'empêche pas d'aimer la mirabelle,

D'admirer les discours du tribun Mirabeau;

De lire avec le cœur ses lettres à sa belle.

Où brille de l'amour le céleste flambeau.

Pour applaudir à VOrestie,

Je voudrais posséder l'entrain de Gabrio,

Sa fine et vive repartie;

Mais peu m'importe l'agio.

Si parfois je mange une figue,

Rarement je goûte au faisan,

Et si les princes de la Ligue

Ont fait filer le parmesan,

Moi, je préfère la noisette,

Des marrons^ du cidre, un pâté. Qui dirait le contraire à rieuse grisette, Serait, j'en suis certain, traité d'âne bâté,

Ch. Lesueur.

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