CE QUE JE VOUDRAIS
Je voudrais d'un sérail la plus charmante femm^,
Point de conspirateur compae Gatilim
Qui dans une bataille à Dieu rendit son cim \
Et que devant l'honneur ja^mais on nç fouim-
Mais ce n'est qu'un vaiçi mot avec lequel pr jongle,
Ce n'est plus un prgueil d'être bon citoj^eu;
On peut faire faillite, — au prochain rogqer Vçmgle^
Pour avoir le Pactole on ge ferait paien ,
Je voudrais qu'on fût doux comme une mirçik^le,
Et ne plus écouter tous les faux Mirah^m;
Je voudrais la vertu dans le cœur d'une hella,
Que de l'amour jamais s'éteigne le fiav(ihea\i;
Je voudrais bien tourner les vers comme OreiStiç,
3Iais je n'ai pas l'esprit fécond de Gabvio
Dont j'admire la vive et fine repartie;
Je voudrais ne voir plus les tripots, Vagio;
Je voudrais, en goqrpand, au lieu de banne figue
Qu'à table on me servît pn superbe faisan ;
Contre mon estomac vput-on que je me ligue f
Je voudrais au dessert un peu de parv^esan ;
Laissant à l'écureuil la friande noisette,
Je voudrais bien encorde perdrix un pâté;
Je voudrais les faveurs d'une jeune griseite;
Mais j'ai soixante hivers! ô vieil âne bâtéf
Un gourmand qui prend une femme Est semblable à Catilina:
l\ prend un corps et jamais Vâme, Trône où toujours il fouina t Il bavarde, il remue, il jongle ; Mais c'est un pauvre citoyen ; Dans les sauces plongeant son ongle.
Il s'enivre comme un paten.
Quand il parle de mirabelle, Il se croit plus qu'un Mirabeau ; Mais quand il veut chauffer sa belle, C'est là que s'éteint le flambeau ! ' Il se moque de VOrestie Et plus encor de Gabrio, Et, s'il trouve une repartie, C'est dans l'argot de Vagio, Dans le dîner laissant la figue.
Il prend la truffe et le faisan ; n donnerait le roi, la Ligue, Pour un potage au parmesan.
Quand sa femme ouvre la noisette.
Il dort repu sur le pâté, Rêvant le nom de la grisette Qui le traite en âne bâté.
H^lasI je ne suis qu'une femme!
Si j'eusse éi&Catilina,
Oui , je le jure sur mon âme,
On n'eût pas dit : Elle fouina.
Je vois le charlatan qui jongle
Devant le badaud citoyen ;
A Pierrot s'il donne sur V ongle,
Celui-ci crie : le paien!
J'aime la prune mirabelle,
Et les lettres de Mirabeau ;
Sa Sophie était belle
Pendant le jour, comme au flambeau.
Le brave Eschyle et VOrestie,
Ni les écrits de Gabrio,
Ni la plus fine repartie
Et toute sorte d'agio,
Pour moi, ne valent pas la figue
Dont se régale le faisan.
J'aide à former la ligne
Contre le parmemn.
Je croque la noisette^
Je mange le pâté,
Transformée en griaette :
Et je ris de l'âne bâlè.
Jlle.
LA FEMME
Dans tout événement il se cache une ferarne ,
.L'amour rendit cruel le vipux Gatilina, ;
Du bien comme du mal, toujours la femme çst Vâme ;
L'homme à rapprécieç* bien souvent fouina :
Pour lui plaire, chacun à sa manière jongle;
D'un despote elle fait un tr^s-bon citoyen ;
Pour aimer, pour haïr, ç\\e a psirfois trop d'ojigle;
D'un saint de sacristie, elle fait un paien,
Doucereuse souvent coaime la mirabelle;
Elle attise le feu du cœur d'un Mirabeau ;
Qui de nous n'est heureux d'être ^inié d'une belle!
Pour tout homme l'amour fait briller son fiav^beau,
La femme au grand Dumas inspira VOrestie;
Et plus d'une Laïs a servi Gabrio ;
A tout toujours la femme ^ vive repartie;
En amour elle est reine et fait de l'^g^p;
Son langage a parfois la douceur de la figue ;
Tout bon chasseur pour elle aime abattre^ un faisan ;
La femme, sous Henri, sut fomeuter la ligue;
Elle nous fait filer comme le parviesan ;
Elle aime dans les bois à cueillir la noisette;
Et déteste le sot à l'esprit en\pâté;
Vive pour le plaisir une simple grisetfe /...
Par la femme toujours l'homme sera bâté,
F. Flamant.
Oij
On la combat, et, moi, je défendrai la femme, Eussé-je à me heurter contre un (kitilina, A braver le concile où Ton niait son ar»^, Outrage ou maint rhéteur aux abois fouina.
Je défendrai ses droits, avec lesquels on pngle. Comme on fait bien souvent de ceux d'un cUoye'f^ ; Et, si quelqu'un osait l'effleurer de son ongle, Sans pitié, sans remord je tuerais ce pa'ien,
— Las I pour beaucoup la femme est moins que mirabelk /.. C'est, au plus, un jouet 1 ! — Ombre de MirabeaUj, Réveille-toi, dis-nous combien sa tâche est belle.
Toi qui nommais Sophie : un céleste flambeau l Avec toi, qui n'admire, auteur de VOrestie, Des Scudéry, des Staël, des Sand, des GakrWi Le tact, le goût, le sens, la fine repartie, Qu'elles vantent l'amour ou blâment Vagio t A qui le méconnaît, je sais faire la p>gue :
Je le tiens bon pour vivre où se plaît le faisan ; . Digne d'aller grossir des eunuques la ligue; Digne d'être ga\;)é de truffe et parmesan.
Quant à nous qui vivons d'un rien, d'une noise^e,
— Sans médire pourtant des vertus du pâté, — Nous aimons à chanter noble dame et grisette; Nous aimons à flétrir leur détracteur bâté,
J. J. Suzanne,