CE QUE J'AIME ET CE QUE JE N'AIME PAS
J aime comme à vingt ans Ton peut aimer sa femme, —
Je n'aime pas ainsi votre Catilina ; —
Je veux aimer toujours, aimer avec mon awe,
Sans estimer jamais qui trop souvent fouina.
Mon amitié n'est point au chevalier qui jongle,
Car il est rarement honnête citoyen ;
Et, s'il m'offrait sa main, j'éviterais son ongle,
Je fuirais loin de lui, comme on fuit un païen.
Taime, croyez-le bien, la fraîche mirabelle
Du paradis charmant de ce ^rdnd Mirabeau.
Provence bien-aimée, tu seras toujours belle,
Puisque Méry sur toi fait briller son flambeau.
J'aimerais posséder la plume d'Orestie
Et j'admire l'esprit si fin de Gabrio,
Fou d'un contemporain, prompt à la repartie, ^
Mais ennemi juré d'escompte et d'alto.
Jadis, le père Adam aurait pour une figue
Donné, j'en suis certain, un superbe faisan;
Aujourd'hui, le bon goût se fait jour et se ligue
(lontre un dessert friand, livré sans parmesan.
J'aime surtout cueillir la fraise et la noisette,
Emportant avec moi le bon petit pitié
El. si le long d'un bois, vient roder la g risette,
Je serai fort heureux de n être point bâté.
Albésjane.