A CICÉRON
Ah î qui t'aurait prédit qu'une aiguille de femme
Te punirait d'avoir vaincu Catilirm?
Qui t'aurait dit qu'un jour, Romain à la grande âme,
Ta langue, qui jamais ne se tut ni fouina,
Servirait de jouet. Comme un tigre en sa jungle,
Ta parole traquait le mauvais citoyen.
Et les conspirateurs, honteux, rongeaient leur ongle
Quand tu jetais ta voix au prétoire païen.
Le jardin où ta main greffait la mirabelle.
Au moment du danger, s'ouvrait à Mirabeau,
Et Rome savait bien, ta Rome alors si belle,
Que pour chercher le mal, elle avait ton flambeau !
Tes loisirs auraient pu nous faire une Orestie;
Car ton esprit charmant eût créé Gabrio,
Les échos du For^um savaient ta repartie
Mieux que Plutus, jamais, ne connut Vagio,
Comme Horace à Tibur, tu trouvais qu'une figu£,
Si l'on était content, valait mieux qu'un faisan.
Et que des noirs soucis, pour dissiper la ligue.
Il suffisait souvent d'un peu do parmesan,
Pourvu que le Cécube, à la fauve noisette
Empruntât sa couleur, dans le vase épaté.
Et que la muse vînt, poétique grisette,
Chansonner, en riant, quelque Midas bâté,
Gustave A**.
Devant une gentille femme.
Plus que devant Catilina,
Je sentirais faiblir mon âm£,
Qui pourtant jamais ne fouina.
Alors qu*avec nous Ysunour jonqle^
Héros de mars ou citoyen,
On n'a pour lui ni bec ni d'ongle;
H est l'idole, on est pa'ien.
Un vil noyau de mirabelle,
Le cœur ardent d'un Mirabeau,
Égal jouet pour une belle !
Papillons courant au flambeau!.,,
.... A la mort!... lisez VOrestie!
.... Mais bah 1 — nous dira Gabrio,
Toujours prompt à la repartie, —
L'amour! c'est... c'est de Y agio! —
— Lors, plus. d'amour I... ô douce figue.
Truffe, perdrix, chevreuil, faisan.
Contre lui formez une ligue
Que cimente \e parmesan!
Excluez la maigre noisette.
Mais admettez le gras pâté !
Plus d'amour !... — rien qu'une grisette.,,
('omme un bât pour l'âne bâté.
Ah, monsieur, elle est folle !— Et qui donc?— Qui ?ma/>»i?we/ —Et de quoi?... — De bonheur I Oui, par CatUinat Vous avez su trouver le chemin de son âme Qui devant une gloire oncques ne fouina :
— « Écris vite à Humas, à cet homme qm jongle Avecque prose et vers, à ce grand citoyen
Par qui drames, romans, journaux sont faits à Vongle ;
Écris vite, te dis-je, ou tu n'es qu'un païen!
Le Dieu qui fait les rois, qui fait la mirabelle.
Qui fit Trimm et Méry, qui créa Mirabeau,
Ne pouvait l'octroyer une chance plus belle
De fondre tes rayons en Vïmmense flambeau .
Meurs... ou sois imprimé!... Foin de leur Orestie,
Vivent les bouts rimes où règne Gabrio!
J'ai dit!... » — Monsieur, ma femme, outre la repartie,
Aie geste aussi prompt que les coups d'agio.
Si je n'obéissais mon nez deviendrait figu>e.
Et je serais bientôt plumé comme un faisan.
Donc, à ce grand désir il faut que je me ligue :
C'est triste, mais qu'y faire? Iroquois, Parmesan,
Ou Français, par la femme est réduit à noisette!,,.
— Eh ! divorcez, que diable... — Oui dà ! joli pâté ! Si lionne est la femme, hyène est la grisette;
Où que l'on se retourne, on est toujours bâté!...
Alfred Ettoc.
Je ne suis pas près d-une femme Plus qu'ui) autre un Catilina; Mais une nuit je manquai d'âme :
L'ange était laide, amour fouvna, l^ H eontais hier, dans ]%ju»gle, A Passamy, un citoyen De Calcutta, du crâne à Yongle, Ami dévoué, ardent pafP».
Il répondit : si Mirabelle Était Sosie de Mirabeau, Pour la trouver aimable et belle.
Je soufflerais sur le flambeau!
L'illustre auteur de VOrestie, L'intime ami de Gabrio N'eût pas trouvé de repartie Plus sage ou d'un plus sûr.agio; N'eût-il mangé qu'un seul hec-figue, Eût-il sous l'œil un blond faisan, Ou, n'eût-il pas connu la ligue De tous les mets au parmesan.
Aussi fut^lle à peau noisette Ou lourde, hélas, comme un pâté.
Si je dédaigne une grisette, Pardieu, Mérv sera bâté,