‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 31 sur 128 · CE QUE J'AIME, CE QUE JE HAIS · texte numérisé non relu

CE QUE J'AIME, CE QUE JE HAIS

J'aime à sentir la fleur, sur le sein d'une femme; Je hais avec fureur, ce vif Catilina, J'aime des yeux bien doux/ reflet d'une bonne âme; Je hais l'être inhumain, tout lâche qui fouina. J'aime dans son talent, l'acrobate qui jongle ; Je hais comme je plains un mauvais citoyen.

J'aime un beau doigt de femme effilé d'un bel ongle ; Je hais qui tyrannise I est-il ou non païen.

J'aime ce beau fruit d'or qu'on nomme mirabelle ; Je hais dans ses défauts l'éloquent Mirabeau. J'aime! oh! j'aime ardemment, ton sourire, ma belle: Je hais qui do l'esprit n'admire le flambeau. J'aime, non pour flatter, les beautés d'Orestie; Je hais^ serait-ce vrai? vos charmes, Gabrio. J'aime et ris de bon cœur à flne repartie ; Je hais profondément les dieux de Vagio.

J'aime comiAe un enfant le sucré de la figue: Je hais le sort fatal me privant de faisan.

J'aime la liberté, pour elle je me ligue; Je hais le géromé, le brie ou parmesan.

J'aime à de belles dents voir casser la noisette : Je hais sans appétit manger un lourd pâté; J'aime à devenir fou, l'âme d'une grisette; Je hais Tignorantin rendant l'enfant bâté.

Qui pourrait définir ce que c'est que la femme ;

Traître et noble à la fois comme Catilina?

Heureux et malheureux qui lui donne son âme,

A-t-il trouvé Lucrèce ou bien la Fouina?

Avec Thomme parfois il semble qu'elle jongle,

Elle fait un fripon d'un parfait citoyen,

Guérit par son amour, puis déchire avec Vongle,

Et sans plus de pitié qu'un empereur paien.

Douce elle est aujourd'hui comme la mirabelle,

Demain cruelle. Enfin, ainsi que Mirabeau,

Ame incompréhensible à la fois laide et belle,

Elle est ou l'infernal ou le divin flambeau.

Sa vie est un grand drame ainsi que VOrestie,

Qui peut mieux le savoir que voue, ô Gabrio,

Dont l'esprit enchanteur, prompt à la repartie.

Seul parmi nous jamais ne connut Vagio,

Est-il au monde rien de meilleur qu'une figue.

Qu'une dinde truffée ou bien qu'un vieux faisan,

Qu'un repas roléve par l'esprit d'une ligue.

Comme un macaroni par le sec parmesan?

Oui, — la femme semblable à la suave noisette, —

Ici je m'aperçois que je fais un pâté

Pour mieux prouver ma thèse — auprès d'une grisette.

Je me sauve — et je suis... rien qu'un âne bâte.

- it -

Je fôUdtàis MVoir, cjublclufe fé>H)>iè;

La fouille Ûb CatîZinâ

Méttt-ë dâhè ihës ^ërs bèâiicôuj) 'à^â^e,

Pour plaide à celui ({iii fowinii.

Ces rinies, par un loiii- de jô^îe !

Pour les ver& du gràiïd citoyen,

Je tti'iîl*ràbheràis bien un ongle 1

Je jure; à ritistât d'uii '^àVen;

Dé Vbtr lâlpl-iiiié mr'aMÏe,

A côté du fîér Mirabeau :

Faitë^ m })kHië Uh fieu 6eî!^é

En me faiSkiit ddli d'uii /rdî?i6ê(itt?

Toute M grâce d^OrèsHë;

L*élé|âhcè de ïïàhrio,

D'Àlëiàtidre là f-epartie,

Et de tous les Rotschild Vagio,

Ne ^e feraient iaiëttrë là figue

Sur la table, avant le faiscm ;

Et que tout le iiiohdé se lï^ue,

Mais jamais le dui* pamiesan,

P^ pllis i^iië la frâîclie noisette, .

Ne prëcéderdiit \e pâte :

Ce sètait dîtiër de {ji'rîsetïe',

diij je suis un âne bdté.

Gomme Adam ël consorts, ce fut pab UBë fmiàe^

Que fut vendu Càtilinà.

Ce romain des Brutiis était loin d'avoir V'âih'e !

— Marcùs Tullius Cicéron fouina.

Riisé comme un lama q}x\ jongle, Dans le sac du faux citoyen, El, rubis sûr Vongle\ Il démas4ua les trames dn )pdien,

— J'aime, t)Our iiioi, là pruiie 'mWaheiie,

Mais je préfère à tout là voix dé Mirabeau.

— L'une... (je suis de Tours !)... elle est bbiine, elle est belle ! Mais certain Milon seul... — J'aime iniéilx ce flà)/àïieaû, L'éloquence!.,. — Yàntèz ràuteiii''de VOres'tie, r Pleurez aux doux croquis d'amour de Gabriô.,, :

Nul ne flagella mieux, — vif à là repartiel —

Le proconsulaiire agio, Que cet homme qui vit la marseillaise figue

Couler pourtant son chef-d'œuvre!.. — Un faïsàh Peut-être eut pu... — Quoi donc I un brouillard de là Lifue, A ses discours mordants, plus qu'un vieux pariAesàn^ Yit-il préférer, lui, quelque frusque noisette, Ou le lardon d'un pâté ?

— Cette éloquence est |)rès de l'autre iihè gnsètiè,

Pourtant.... Bouchelr n'est qu'un ^néhàtè!

A l'esprit du poëte, à l'amour d'une femme lie délire me confond : comme Catilina^ B nvier de Thonneur serait perdre mon âme, S erais-je le premier qui devant vous fouina^ A Tespoir d'amuser cependant plus d'un jongle? ]¥ouri par ce talent, un simple citoyen

u sou jetter pour lui c'est un rubis sur Vongle.

ions, rions toujours, qu'il soit juif ou païen. Bt pourtant s'il goûtait, la douce mirabelle Donnerait à son cœur le feu de Mirabeau, Un soupir au poète, un baiser a sa belle.

Malgré les murs eux-même et le divin flambeau. Appas bien dangereux car devant VOrestie^ S uccombe l'insensé qui n'es pas Gabrio.

Ma foi, monsieur, tant mieux si votre répartie Étouffe dans mon cœur l'amour de Vagio.

Rassasié de pain sec a défaut de la figue, I 1 faut bien encor se passer de faisan.

Moi, les muses, morbleu, toujour me font la ligue. Apollon, comme un gueux, m'offre le parmesan. I Is me savent sans dent pour croquer la noisette, Trop friand et gourmand pour m'offrir du pâté. Rebuter dés neuf sœurs comme vieille grisette. Envoyez paître enfin ce jeune âne bâté.

François Bbille.

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