‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 46 sur 128 · POMMES · texte numérisé non relu

POMMES

Le père Adam mangea la pomme après sa femme;

La pomme d'Alecton grisa Catilina,

Pour une pomme rouge on eût vendu son âme,

Tout enfant pour ce fruit Chouina fouina.

Au berceau le Chinois avec la pomme jongle.

C'est à la Pomme d'Or que plus d'un citoyen

De plus d'un député but Tor rubis sur V ongle;

Pour la pon^me plus d'un s'accuserait ^jaïen,

Ne serait-elle grosse ainsi que mirabelle.

Je sais qu'au fort de Joux le puissant Mirabeau,

Ne pouvant en goûter, les aima de plus belle ;

Aussi du vieux donjon s'évadant sans flambeau

Vint-il en demander à sa chère Orestie!

Honneur à qui croqua la pomme à Gabrio.

Je tiens rîme, advient pomme et rime est répartie.

La pomme de Rothschild est pomme d'agio ;

A tous les potentats il peut faire la figue,

A bouche que veux-tu manger pomme et faisan,

De journaux, de penseurs, de tout ce qui se ligue

Ne pas s'inquiéter plus que d'un parmesan.

Je laisse aux écureuils grignoter la noisette,

Et ne dédaigne pas la truffe en un pâté,

Ni partager la pomme avec une grisette

Qui de pommes désire un bel âne bâté,

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