L. Chopard
- Mo
Monsieur Mouzin a dit ; Je hais... Moi qui suis femme J'aurais aimé, je crois, même Catilina :
Car vraiment, mais vraiment, ma tendre, ma jeune âine Devant beaucoup d'amour jamais de fouina.
L'amour, il est cruel!... avec lui, moi je jongle. J'aime et je tends la main au noble citoyen, La charité défend le plus petit coup à' ongle A tout homme, fut-il catholique ou pdien.
J'aime beaucoup la douce mirabelle ;
J'aime Sophie et j'aime Mirabeau ;
J'aime un miroir qui dit que je suis! belle ;
De mon œil noir j'aime aussi le flambeau;
J'aime et voudrais avoir fait VOrestie ;
J'aime l'esprit subtil de Gabrio.
La tendresse!... Dieu me l'a répartie
Plus largement qu'à Rothschild Vagio :
J'aime la poire et la pomme et la figue,
Et l'aile d'or ou d'argent du faisan ;
La grive dont le doux parfum se ligue
Contre celui d'un fameux parmesan ;
J'aime à casser sous ma dent la noisette^
A découvrir un odorant pâté ; •
Et j'aimerais, je crois, l'humble grisette,
Moi, qui ne hais pas une âne bâté.
Stella.
Je ne suis pas encore femme,
Je n'ai pas lu Catilina;
Pourtant, j*ai un culte, en mon âme,
Pour l'auteur qui jamais fouina.
Avec la poésie, il jongle;
II est excellent citoyen.
Et possède, au bout de son ongle.
Plus d'esprit que tout un paien ;
Il doit aimer la mirabelle ;
Plus éloquent que Mirabeau^
Son improvisation est belle.
Et son esprit est un flambeau.
Je ne connais pas YOrestic ;
Je n'ai jamais vu Gabrio,
J'aime la vive repartie
De Dumas, comme je hais l'agio.
Il doit savoir avec une figue.
Galamment orner un faisan,
Car, pour sa gloire, tout se ligue ;
Il sait, avec le parmesan,
Avec une simple noisette.
Faire un beau dessert, sans pâté
Mais je fais des vers, en grisette ; Il va dire : « Quel âne bâtéf »
Blanche Cremnitz.