IIS
Je n*ai que vingt-cinq ansl... paur Tamour d'une femme J'aurais vendu, trahi comme un Catilina
Dieu, mon pays!... J'aimais triste erreur de mon âmet
Car, (passez-moi le mot) cet amour-là fouina L,, '
Combien souvent, hélas I avec nos cœurs il jongle
Et rit des maux qu'il fait!... Le roi, le citoyen^
Frappés d'un de ses traits, sur un signe, un coup d'ongle.
Ensemble confondus suivent ce dieu paien,..
Mon ange me coiffa couleur de mirabelle :
Cris, fureur de ma part dignes de Mirabeau,
Enfin, quand j'eus fini, je plantai là ma belle,
Et de mon grand amour s'éteignit \e flambeau,,.
J'ai trouvé maintenant bien mieux qu'une Orestie,
En dépit de Beauvoir, mieux que sa Gabrio :
Chaque accent de mon cœur trouve sa repartie,
Mes biens ne trompent pas, ici point d'agio :
Aux coteaux d'Argenteuil aller cueillir la figue,
Y tirer l'alouette à défaut de faisan, Opposer aux goujons une innocente ligue,
Y déjeuner de Brie, au lieu de parmesan ; Gambader dans les bois pour cueillir la noisette, y Et puis du petit vin arroser un pâté
Avec de bons amis plus sûrs qu'une griselte.
Qui n'aime pas cela n'est qu'un âne bâté.
Maître pour l'obéir il faut donc qu'une femme S'agite follement, s*use l'esprit et Vdmc,
A prouver que Catilina N'eut pour accusateur qu'un certain Fouina, Comme un jeune indien, vrai, tu veux que je jongle, Pour tirer de mon cœur, hélas ! peu citoyen, Te dirais-je en un mot... l'éloge d'un païen Qu'on devrait déchirer de la plume et de Vongle Et que je nomme enfm : le bouillant Mirabeau, Ah ! plutôt laigse-moi, modeste plus que belle, Te suivre à la cuisine, où bout la mirabelle Et préférer la poêle au lyrique flambeau.
Tu demandes en vain sur ta sombre Orestie Le goût d'un cordon bleu : fi 1 cours chez Gabrio :
Je lui cède la repartie.
Ne m'occupant de vers, non plus que d'agio Devant toi, que bien mieux j'aime à vanter la figue. Le gibier parfumé, le délicat faisan Et la sauce savante où le poivre se ligue, Avec le mince anchois et le fin parmesan.
Car tu me comprendras, toi qui mets la noisette A l'égal de la rose et du royal pâté!
Mais chut ! trop parler cuit î et la pauvre grisette Déjà passe à tes yeux pour un âne hâté.
Mademoiselle iM. de Champsuiv
C'est bien à vous, Dumas, de défendre une femme. Quoi Nodier, ce brave homme, eut son Catilinat Mais chut! le détracteur à Dieu rendit son âme. Et près de ce mulot la mort un jour fouina.
Me souciant fort peu du bateleur qui jongle^ J'entoure de respect l'honnête citoyen; Oser, quand il est mort, lui donner un coup d'ongle, N*est ni d'un bon français, ni même d'un païen. Vous m'avez effrayé de votre mirabelle, Car mon essor n'est pas celui d'un Mirabeau; Cependant, Monseigneur, si votre prune est belle, Donnez, je l'engloutis, avec ou sans flambeau. Vous croyez m'interrompre en parlant d'Orestie, Mais je cours près de vous causer chez Gabrio ; Et là, si votre esprit manque une repartie.
Je veux vous assommer du cours de Vagio, Ah! vous vous redressez et me faites la figue! Non, d'Artagnan m'ajuste, il rêve d'un faisan... Je me tais, gai conteur des combats de la Ligue : Ne tirez pas : je suis berger et Parmesan, Dans la belle saison, je cueille la noisette, Mais je sens qu'aujourd'hui je préfère un pâté ; Je n'ai pas au dessert l'esprit d'une grisette, Mais à jeun je suis sot comme un âne bâté.
COLIX.
A mes yeux éblouis, une image de femme^
Fidèle, je le crois, plus que Catilina,
Dans ma chambre, ce soir, allumait en mon âme
Un feu qui, cher Dumas, jamais ne fouina.
Tandis qu'en mon esprit ce rêve passe et jongle,
Plus doux que chartes, lois ou droits de citoyen,
De même qu'en la chair on sent pénétrer Vongle,
Un cri m'a réveillé de ce songe paien.
Croirais-tu que c'était doux comme mirabelle.
Charmant comme Méry, grand comme Mirabeau,
Que c'était une enfant plus naïve et plus belle
Que celle qu'en mon rêve on eût pris pour flambeau ?
Ohl non, ce n'était pas la charmante Orestie,
Ni l'esprit pétillant du jeune Gabrio ;
C'était un gros bonhomme à lourde repartie
Et versé nullement aux lois de Vagio,
Il me tend un journal, aplati comme figue.
C'est le Petit Journal. Gourmand comme un faisan
Je cours à ton article, et sur-le-champ me ligue
Avec quelques amis, friands de parmesan,
Pour que de bouts-rimés un volume noisette
Me parvienne au plus tôt, soigné comme un pâté :
Petit volume aimé de jeune homme et grisette,
Repoussé tout au plus par un âne bâté.
F. Caillau.
Voulez-vous agréer le faire d'une fenme^ Qu'effraye un nom du traître, un vil CatUina f Dans le fiel et le sang toujours nage son âme. Toujours devant le bien le traître fouina :
Avec la vie humaine il se récrée, \\ jongle; Il avilit en lui le nom de citoyen ; Dans tout honnête cœur il enfonce son ongle, Il réjouit ainsi ses instincts de |)a»«n.
J'aime mieux vous vanter la prune mirabelle j Vous parler de l'esprit du tribun Mirabeau; Des hommes de ce temps il était le flambeau.
Je connais vers par vers l'admirable Orestie; J'aime le tour, l'esprit du gentil Gabrio; J'écoute avec plaisir la fine repartie.
Je ne me mêle en rien de calculs d'agio.
J'aime dans sa primeur la saveur d'une figue; Je trouve princier le rôti de faisan :
Souvent, on en servait aux seigneurs de la Ligue, Que faisait si bien boire un piquant parmesan. Je me plais, au dessert, à casser la noisette. De Strasbourg, qui ne goûte au succulent pâté? Pourquoi vouloir ici placer une grisettef Mon sexe me défend d'être un âne bâté!
Julia Chazauen.
Moi qui suis curieux presqu'autaut qu'une femme Qui ne suis pas di^ret comme Catilina^ Mon bon monsieur Dumas les désirs de mon âme Sont tous portés vers vous, qui jamais ne fouina. Avec ces bouts rimes déjà mon esprit jongle
Et tourne chaque page. Honnête citoyen^
Je vous payerai le franc, mais, là, rubis sur V ongle.
Pour ce livre étonnant peut-être un peu paien,
Je ne mangerai pas ma bonne mirabelle,
Et je me passerai d'aller voir Mirabeau !
On m'a bien dit pourtant que la pièce était bell^,
Et qu'un collier superbe y scintille au flambeau.
Je ne connaîtrai pas l'admirable Orestie :
C'est mon plus grand regret. Je laisse Ga6no
Car ma pièce gagnée et vers vous repartie
Sera tout mon avoir, moi qui fuis l'agio.
Je laisse sans regrets et la prune et la figue
Et me passe encore mieux du ctmpon du faisan !
Contre les souscripteurs cependant je me ligue ;
Si mon livre 01ait comme le parmesan.
Je l'admirerai plus qu'une belle noisette,
Que de tendres perdreaux dedans un bon pâté.
Je l'aimerai bien plus que j'aimais la grisette ;
S'il ne paraissait pas, oh ! je serais bâté.
■?»•«. Gaplain.
L'HEUREUX xMÉNAGE
D'un habile artisan je suis l'heureuse femmes
H n'a pas un grand nom comme Catilina
Mais le nom ne fait rien à la grandeur de Yâme :
En face du péril jamais il ne fouina.
Du marteau sur Tenclume Tentendez-vous qui jongle?
Le fer ploie sous la main de l'adroit citoyen,
11 m'aime à la folie : si je me brisais Y ongle,
Je crois qu'il jurerait du coup comme un païen.
J'aime à lui voir manger de la vraie mirabelle.
Il a ton éloquence, illustre Mirabeau,
Lorsque dans un baiser il me dit : « Tu es belle !
Dans mon travail obscur, sa vue est mon flambeau ! »
Incapables tous deux d'apprécier VOrestie,
De deviner quel charme possède Gabrio,
Nous te savons pourtant roi de la repartie,
Et, comme toi, Dumas, nous détestons Vagio,
Le dimanche, au dessert, nous mangeons une figue,
Et Lambert quelquefois nous fournit un faisan.
Contre les noirs soucis, notre gaîté se ligue,
Et, si nous n'aimons pas manger du parmesan,
Nous nons de bon cœur en croquant la noisette.
Précédée fort souvent d*un excellent pâté.
Que dis-tu, grand Dumas, de ces vers de grisette?
Qu'ils sont bons tout au plus pour un âne bâté!
Claire V. L.
Si Troio a bien souffert au sujet d'une femme,
Rome aussi soufiÇrit bien par un Catilina,
(ici, secourez-moi, Dumas, car, sur mon âme.
Je ne saurai jamais rien trouver sur fouina)
Mon esprit, quelquefois, avec les rimes, jongle.
Sans être pour cela plus mauvais citoyen.
Car, si l'ambition tortura de son ongle
Plus d'un chrétien auteur qu'elle a rendu païen,
Jamais on ne m'a vu chanter la mirabelle.
Après la reine Claude, ou bien que Mirabeau
Cet illustre orateur avait la face belle !
Non, car jamais la gloire et son ardent flambeau
N'auraient partout suivi la fameuse Orestie
Ni l'élégant esprit de notre Gabrio,
Si (mais c'est qu'à ce mot je crains la repartie), —
S'ils avaient eu pour but un indigne agio !
Que pourrais-je bien dire au sujet d'une figue
Qui, sans ordre et sans goût, vient avant le faisan ?
Je viens d'être méchant. Formerai-je une ligv^
Contre celui qui mit encore là : Parmesan ?
Non, j'aime beaucoup mieux, au temps de la noisette.
Tenant sous mon bras drjoit un excellent pâté,
Et du côté du cœur une aimable grisette,
Sentir le bois aux bois! que d'en être bâté!
P. Chocque.