‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 55 sur 128 · A MADEMOISELLE V. P · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE V. P

Pour être aimé de toi, jeune et charmante femme,

Je vendrais mon pays conime Catilina,

Je donnerais mon sang, je livrerais mon dnit ;

De moi je permettrais qu'on dise : (t II fouina» »

Je préfère avec toi vivre dans une jungle

Que sans toi, dans Paris, opulent citoyen.

Pour toi je gratterais la terre avec mon ongle,

Je renierais mon Dieu, je me ferais païen.

Ton amour me rendrait doux comme mirabelle,

Éloquent comme ét&it l'orateur Mirabeau,

Pour éclairer ma vie, crois-moi ma toute belli^,

De l'hymen en ce jour allumons le flambeau.

Je voudrais pour té plaire avoir fait ÏOvestie

Ou les livres charmants signés de GabHo,

Briller par le talent ou par la repartie ,

Te gagner des millions, en faisant l'agio /

Dans la chaude It&lie, qui voit mûrir la figue,

Nous irions dans les bois, qu'habite le faisan !

Là pour vous rendre heureux l'air le ciel, tout, r<e ligne.

Viens par delà les monts au pays parmeM».

De la mignone main une simple noisette

Me nourrirait autant que d'une autre un pâté.

« Eh quoi ! vivre d'amour 1 » â'ëcrîra la grisette

En relisant ces \évê : « Dieu quel âne bâté! »

Adolphe DuPREZ.

La plus méchante bète à mon sens est la femme ^ N'en doutez pas messieurs : môme Catilina Vaut mieux dans ses fureurs, j'en jure sur mon dme, Et cette âme jamais ne trembla, ne fouiml Avec le mal d'amour cette traîtresse jongle^ D'un geste elle aplatit le plus fier citoyen; Elle hait ce qui Taime et, du bout de son ongle, Déchire l'amoureux, qu'il soit juif owpa'ien, A Vincennes jadis la douce mirabelle Eût été moins funeste, au fougueux Mirahem Que les écrits brûlants qu'il Usait de sa belle Et qui de son génie ternissaient le flambeau. Bref, c'est fort exagéré les vers de YOrestie. Il faut qu'on y résiste, ainsi que Gabrio, J'ai grand'peur que laissant l'esprit, la repariie Lorsqu'on lui parle amour, elle réponde agio. Imitez-moi, gandins, faites-lui la figue.

Dévorez entre vous la caille et le faisan.

Il faut, vous dis-je, il faut que contre elle on se Ugue^ Toscan, Sarde, Romain, Français ou Parmemn.

Et vous Anglais rêveur au paletot not«0|(«, Qui vous bourrez si bien de rosbif, de pâté, Plantez-la carrément, grande dame et grisettel Ah pourquoi des mortels, seul l'âne est-il bâté?

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