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CE QUE J'AIME ET N'AIME PAS

J'aime les doux chants d'un femme,

Je redoute Catilina ;

J'aime Caton dont la grande âme

Dans aucun temps ne fouina.

L'Indien me sourit quand il jongle ;

Je hais un mauvais citoyen.

Et pour le bout rosé d'un ongle

Je me damnerais en pa'ien.

Je savoure une mirabelle,

Je lui préfère un Mirabeau;

J'aime, la femme la plus belle.

Mais d'hymen je crains le flambeau.

J'adorerais Diane, Orestie,

Et je crains de la Gabrio

La trop mordante repartie.

J'aimerais assez Vagio

S'il ne me faisait pas la figue.

Et je lui préfère le faisan.

Je ris des rois et de la ligue,

Je fais la nique au parmesan

Et prise très-peu la noisette ;

Je goûte fort un bon pâté.

Mais lui préfère une grisette.

Ce que j'aime le moins^ c'est un âne bâté.

DE Saint-Prix.

Alexandre Dumas aime une douce femme,

Comme aimait le pouvoir le grand Catilina ;

Oui, quand il l'aime, il l'aime avec toute son âme

Et près d'elle jamais son cœiir ardent fouina.

Quoi pétillant esprit! avec quel art il jongle,

Sans en être plus fier qu'un simple citoyen I

Si parfois d'un envieux il reçoit un coup â'ôngle,

Croyez-vous qu'il se fâche?... il rit comme un pdién.

Son style a du parfum comme Une mirabelle ;

H a tout le talent^ le feu de Mirabeau ;

L'imagination 1 qui en connaît de plus belle?

Du siècle n'est-il pas le plus brillant flambeau?

A ce nouveau Pylade il fallait Orestie :

Il dut la trouver dans l'aimable Gabrio,

Qu'il est instruit, fécond, vif dans la repartie ;

S'il n'aime pas l'argent, comme il hait l'agio /

Cuisinier renommé, par son art le hec-figue

Devient délicieux, ainsi que le faisan :

Son bon macaroni, parmi lequel se ligue,

Avec le beurre frais, l'odorant parmesan,

Prend un arôme exquis, doux comme la noisette.

Génie universel, il ferait un pâté

A faire pâmer d'aise une folle grisette,

Et qui ne l'aima point est un âne bâté.

Auguste Dupuis.

— 'lOO —

Je suis un gros garçon et non point une f^mmg ^

Qui dans mon de Viris ai vu Catilina.

Sa conduite vraiment ne séduit pas mon dme :

Ses débuts étaient beaux ; par la suite il fouina.

Le consul Gicéron, avec qui l'on ne jongle,

Met bientôt en fuite ce mauvais citoyen.

Et montrant aux Romain qu'il avait bec et oii^k,

Rafifermit son pouvoir sur ce peuple païen.

Soupirer à plaisir pour la mirabelle,

Comme fit dans le temps \e fameux Mirabeau,

Lorsqu'abandonnant tout, il cherchait'sa iéMe,

A pour moi plus d'attrait que la chasse au flambeau,

Que la pièce vantée qui a nom VOrestie,

Les récits attribués à la nympho Gabrio

Dont l'esprit est si vif, et dont la repartie

Dans mainte occasion lui peut servir d'cr/yio.

Si parfois au jardin savourant une figue

Ou bien, chez un Mondor, en face d'un faisan,

Arrosé d'un vin vieux remontant à la^ ligue,

Je me plais à lorgner M naets au parmesan.

Je me sens très-dispos pour cueillir la noisette,

A l'abri des ennuis, comme un coq empâté,

Et ne dédaigne pas la gentille grisette.

Quitte à me faire passer pour un âne bàU.

G. Danois.

Eh! quels rapports, grands dieux! voulez-vous qu'une /emwc

Puisse avoir, en ces vers, avec Catilinaf

L'une est douce, modeste et timide en son âme,

Et l'autre, un intrigant qui souvent fouina.

Comment placer aussi le charlatan qui jongle

En face des vertus d'un brave citoyen ?

Si j'étais plus dévot, j'aurais bien d'un coup d'ongle,

Attaqué l'incrédule et maudit le païen ;

Puis, gêné par la prune, appelée mirabelle

La femme sans mari du fameux Mirabeau.

« Mais, dirai-je à Dumas, vous nous la donnez belle !

Si vous êtes sphinx, prêtez-nous le flambeau.

Eschyle tout savant qu'il fût dans VOrestie,

Et la dame qu'au cercle, on nommait Gabrio,

A tous vos bouts-rimés seraient sans repartie,

Quelque fût pour ce but le prix de l'agio. »

Si donc en ce combat, j'ai pu faire la figue

Au savant amuseur, qu'on m'octroie un faisan,

Au lieu de cavaillons; mais que nul ne se ligue

Pour me faire adresser un triste parmesan.

Ou d'un pauvre reclus la chétive noisette.

Mon puissant appétit me permet \epâté,

Mais mon âge avancé m'interdit la grisette,

Dont l'âne, peint sans bât, revint souvent bâté.

.1. Dalmas.

L'homme est et fut toujours le tonton de la femme. Fulvie ambitieuse a fait Catilina; Eve étant curieuse, Adam perdit son âme, Et depuis lors Satan, pour l'enfer, nous fouina. Qui dirige les pas de l'Indou dans la jon^/e? Que transforme Prud'homme en, so\da.t-citoyen ? Du mandarin chinois qui taille et vernit Vongle ? Ton seul caprice, ô femme, ô doux fatum païen ! C'est toi le fruit tentant, la verte mirabelle, La pomme du voisin, si chère à Mirabeau.

L'homme te dit : Merci, quand tu veux être belle, Ton sourire est son jour et ton front son flambeau. Tu peux tout, tu sais tout, ô divine Orestie : J'en atteste les longs romans de Gabrio.

C'est pour toi que Mery brille à la repartie; C'est pour toi que Rothschild calcule l'agio. A ton charme puissant en vain l'on fait la figue. Qui préfère à Vénus la truffe et le faisan, Aux chœurs de l'opéra, saint Hubert et sa ligue, A la poudre de riz, l'odeur du parmesan, Qui sans Lisette va cueillir fraise et noisette. Qui place son bonheur dans le fond d'un pâté. Qui passe, sans la suivre, auprès d'une grisette, Celui-là, malgré tout, n'est qu'un âne bâté !

Élise D.

Bien ou mal, tout, dans l'homme, ëât l'œuvre d'une femmig.

Bonne, elle eût au devoir retidu Catilina ;

Méchante, elle a doublé les fufeurs de son âme.

Mais, dans ce beau discours, où placer : fouina?

Avec moi, sans pitié, Dumas s'amuse et jongle

Par les rimes qu'il dicte au pauvre citoyen,

Et, si je ne craignais quelque rude coup û'ongle,

J'oserais contre lui jurer comme un paien.

Las! il faut filer doux, doux comme mirabelle,

Ne pouvant à Dumas opposer Mirabeau,

Ou, lançant contre lui le regard d'une belle,

De l'esprit, par le cœur éteindre le flambeau.

Je braverais Dumas, la foudre et VOrestie,

Si j'avais pour secours les yeux de Gabrio,

Je braverais sans peur ta vive repartie.

Et tu serais heureux de payer Vagio.

Vieux lion muselé, je te ferais la figue,

Et, changé tout d'un coup en timide faisan.

Chantant, à mon caprice, Henri IV ou la Ligm,

Je te ferais filer comme du parmesan.

Mais sur les plis usés de mon habit noisette

Ma plume, au lieu d'esprit, fait tomber un pdti'.

Je n'ai plus mes vingt ans... La muse et la grisettc

Enverraient paître au loin le vieux âne bâlé.

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