MONIER
Vous êtes plus adroit, plus rusé qu'une femme y
Plus valeureux cent fois que mons Catilina ;
En vou» on trouve honneur, dignité, grandeur d'âme.
On peut dire de vous : Jamais il ne fouina.
Fort en votre savoir, comme un tigre en sà jungle^
Partout vous défendez l'honneur du citoyen ;
Sur nos tristes travers vous opposez votre ongle^
Et bafouez sans peur catholique et paien^
Faisant cas des censeurs comme de mirabeUe.
Que n'ai-je en mon pouvoir la voix de Mirabeau
Pour célébrer ici votre tâche si belle j
Pour révéler à tous votre art, àiwin (lambeau?
Je ne méprise point le chantre d'OrestiCy
La verve de Méry, les yeux de Gabrio ;
Mais, j*aime mieux le feu de votre repartie.
Pour lire vos écrits je paierais l'agio,
J'offrirais volontiers la plus vermeille figue
De toute ma récolte, un ibis^ un faisan,,.
Que dis-je?... contre moi je crois que tout se ligue:
Je ne possède pas le moindre parmesan ;
Je ne puis vous donner ni pomme ni noisette :
Que puis-je vous offrir? sur ma lettre un pâté,
Pour lire (bouts rimes) à ma gente grisette
Les amicaux vingt sous d'un vieil âno bâté.
£. Mauëut.
L'abnégation, c'est la femme ;
Cruauté, c'est Catilina ;
L'immortalité, c'est notre âme ;
Juif ou cancre, c'est fouina,
Clown, aux quinquets celui qui jongle ;
Épicier, le bon citoyen,
Qui jamais n'attaqua de Vongle
Le pouvoir dévot ou païen ;
Qui, préférant la mirabelle
A l'éclat du grand Mirabeau,
Pour ne pas dire: A la pto belle!
Éteint bonnement le flambeau;
Qui d'Oreste fait VOrestie;
De Gabrielle, Gabrio,
S'il trouve en cette repartie
Sur chaque rime un agio,
La figue est et fut toujours figue;
Le faisan^ toujours un faisan,
Henri quatre ; eh bien, c'est^a Ligue;
Mais, quant à ce mot parmesan,
Duché, fromage, avec ou sans noisette,
Flanqué d'un litre, ou d'un large pâté.
Fromage et duc, sont repas de grisette :
Offrez sans crainte, et vous serez bâté.
Marin, à Vanus.