LÀ LUNE
Je ne suis plus^ hélas ! qu'une bien triste femme,
J'ai reçu tant de coups depuis Catilina t
Mirés n'est pas le seul qui m'ait transpercé Vâme,
Avant lui, déjà loin, plus d'un autre fouina.
J'ai peu de confiance en ce marchand qui jongle,
Qui se donne les airs d'un très-haut citoyen,
Qui tirant son chapeau craint de se casser Vongle :
Je me fierais plutôt à la foi d'un paien.
Avant de voir encor mûrir la mirabelle,
Avant de voir fleurir les lois de Mirabeau ;
Hélas! plus d'une banque et très-haute et très-belle,
Percera sans pitié de la nuit le flambeau.
Je ne puis admirer les beautés d'Orestie,
Mon oreille ne peut écouter Gdbrio,
Des huissiers seuls j'entends la sombre repartie.
Et je crains à toute heure un coup de l'agio.
L'un de mes meurtriers trouvait fade la fi^ue,
A peine s'il pouvait déjeuner sans faisan ;
Mais aujourd'hui le sort, qui contre lui se ligue
L'oblige à se nourrir parfois de parmesan.
Il n'a pour tout dessert que la simple noisette.
Et pour souper il prend pour deux sous de pâté ;
Il a fait ses adieux à Vingrdiie grisette.
Qui va disant partout : <k C'est un âne bâté. »
Nevo.