UNE PROFESSION DE FOI
Je suis une drôle de femme.
Je préfère un Catiliria^
Un homme jouant corps et awe,
Bref, qui jamais ne fouina^
A l'équilibriste qui jongle
Du roùge au blanc, — plat citoyen^
Qui pérore en se limant V ongle ^
Et sait mentir comme un pdien ;
Autant que d'une mirabelle y
Je fais cas d'un faux Mirabeau,
Vous dirai-je que je suis belle.
Belle en plein jour et sans flambeau ?
Que j'applaudis à VOrestie^
Que j'admire de Gabrio
La fine et vive repartie ?
Que je déteste Vagio?
Vous dirai-je encor qu'une figue
Me séduit plus que du faisan?
Qu'enfin contre vous je me ligue.
Gandins^ mangeurs de parmesan ?
Laissez-moi croquer la noisette.
Vous tous qui, repus de pâté.
Avez, perverti la grisette^
Malgré vos airs d'âne bâté.
hOPHTE,
Ange qui viens du ciel sous la forme de femme , Vivez dans mon esprit plus que Catilina t Pour vous, je donnerais et mon cœur et mon âms : Mais, de grâce^ que dire à maître Fouina ?
Sans lui, je tenterais de rimer comme on jongle y Et perdant, s'il le faut, le droit de citoyen. Je graverais vos noms, et du bec et de Vongle, Au fronton du vieux temple adoré du paien; Pour vous, je donnerais la douce mirabelle.
J'oublierais Gicéron, Tacite et Mirabeau, J'oublierais tout, enfin, pour vous, ô toute belle! D'un amour éternel rallumant le flambeau , Je redirais pour vous les vers de VOrestie, Unissant votre nom au nom de Gabrio ; Gaiement je braverais la sotte répartie De la race qui vit du gain de Vagio, Grands seigneurs du coton, du sucre et de la figue, Nous plumant bel et bien comme un bénin faisan ; De ces puissants du jour, j'affronterais la ligue. Barons du raisin sec, marquis du parmesan, Et leur gloire, du poids que pèse une noisette. Tomberait à mes pieds comme chair à pâté, Dussé-je être mené, par la belle grisette.
Comme on mène au moulin le vieil âne bâté.
A . POLTNO.
D umas est un poète adoré de la femme^
U n illustre écrivain, plus que Catilina,
M. erveilleux, toujours gai, doué d'une très-belle âme,
A qui Ton ne dira jamais qu'il fouina.
fê on style est éblouissant, et chacun sait qu'il jongle!,,.
M. éry, lui, son rival, est un grand citoyen ,
B sprit prodigieux I — Buvant rubis sur V ongle.
R ien n'imite en ses vers l'âpreté du païen.
Y a-t-il un fruit doux comme la mirabelle ?..,
B n eux, c'est la saveur 1... Et du fier Mirabeau,
T out décèle la force, et leur gloire si belle^
T ient la France en orgueil, brille mieux qu'un flambeau!
1 1 est noble, il est grand l'auteur de YOrestie !
M. ais un astre nouveau se lève 1... — Gabrio
O se à peine parler, — La vive répartie
T rai te à fond chaque chose et même l'alto.
H onnête et brave, il a le moelleux de la figue,
B t sa plume est tirée à Taile d'un faisan,
B t contre ses écrits personne ne se ligue,
T ant il est bien goûté : tel est un Parmesan...
R ien n'arrête; on le lit... en cassant la noisette.
1 1 ne coûte qu'un sou, prix d'un petit pâté.
illionnaire ou manant^ grande dame ou grisette, enteraient, — pour le voir, — sur un âne bâté!
Alf. Roger.
Oui, je voudrais savoir le nom de cette f&mme
Qui préfère au poseur le noir Catilina?
Oui, je voudrais avoir ton livre, sur mon âme.
Si devant toi, pourtant un lâche fouina
C'est moi, trop pauvre, hélas î — Ma bourse est une jungle.
Désert sans habitants, cité sdins citoyen ;
£t si parfois un franc vient sonner sous mon ongle,
Je me crois posséder tout l'or d'un roi païen.
Un franc, c'est tant d'argent/... cinq sous de Mirabelle,
Cinq sous de pain, — dix sous pour un vieux Mirabeau,