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LÀ PETITE BATELEUSE

J*ai pour maîtresse, amis, une adorable femme^ Une enfant, un démon. Son nom : Catilina, Seize ans. Son nez au vent dit assez que son âme Au champ clos de l'amour jamais ne fouina.

Avec elle, en plein air, son père danse ou jongle^ Fait le sot périlleux; honnôte citoyen, A sa fille il apprend l'argot jusque sur Vongley Et l'instruit à jurer, comme jure un païen.

Son teint pâle est doré comme la mirabelle; Taite pour un Lauzun, digne d'un Mirabeau, Elle est belle au soleil, à la lune elle est belle. Elle est belle surtout, quand j'éteins mon flambeau. Jalouse, c'est Rachel, en proie à VOrestie ; Rieuse, c'est l'entrain, l'éclat de Gabrio, Son esprit de bon lieu, sa fine repartie.

Elle tourne à tout vent, comme un cours d'ayio : Tantôt, rayon de miel, lait pur ou douce figue, Isard qui tremble et fuit, ou timide faisan ; Avec son pied rageur tantôt sa main se ligue. Il faut la voir avec son toquet parmesan, Sa Juppé de clinquant, ses bottines noisette! Je suis prisj mes amis, à sa glue ; emparé, Comme un pauvre oiselet ; mais, vive la grisette Qui me rend idiot, plus qu'un âne bâté f

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