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DÉCLARATION

Viens, ô mon grand Dumas 1 je t*aime et je suis femme.

J'applaudis, autrefois, à ton Catilina;

Galigula, de même, avait séduit mon âme :

Seule, je protestai, quand le public fouina,,.

Ténor, roi, bateleur, qu'on chante, régne ou jongle^ .

Repousser une femme est d'un plat citoyen t

Le cercle qu'on devine à l'entour de ton ongle

Peut déceler le nègre et non pas le païen

Je changerais de nom et serais mirabelky

Si ton nom^ ô Dumas, eût été Mirabeau t

Si tu devenais beau, moi, je deviendrais belle,

Unie à toi, toujours comme cire et flambeau î

Que faut-il pour te plaire ? Avoir fait VOrestie ?

Avoir la goutte aux doigts ainsi que Gabrio ?

Ou du roi Dagobert la fine repartie ?

Ou comme feu Mirés comprendre Vagio?

Ni l'or ni la grandeur ne valent une figue :

L'hirondelle se rit de tout l'or du faisan ;

Amour et liberté forment la sainte ligue

Qui rayonne du Tibre au duché parmesan.

Tant que j'aurai deux dents pour casser la noisette j

Tant que mon estomac dissoudra le pâtèy

Ah! j'aurai pour J' aimer le coeur d'une grisettel

Réponds! — je plante là mon vieil âne bâtét,,.

Emma W... N.

Un lâche pourrait seul insulter une femmes

Gomme le fit jadis Lucius Catilinaj

Ce vil conspirateur, et sans cœur et sans âme^

Qui, voulant des honneurs, honteusement fouina.

Cent fois plus redoute qu'un tigre dans sajun^le^

Dans Rome, il fut longtemps Teffroi du citoyen;

Chassé par Cicéron, il dût ronger son ongle ;

Battu par Pétréius, il mourût en païen.

S'il goûta de doux fruits comme la mirabelle,

Ce prêteur dissolu, plus fier que Mirabeau,

Il en trouva d'amers, car, moins prude que beUSy

Fulvia du conjuré éteignit le (lambeau.

S'il avait eu le cœur de l'auteur d'Orestie,

Dont les chants font pâlir les vers de Gabrio,

Il eût à Gicéron donné la repartie :

Fulvia n'eut point touché le prix de son agio.

Mais pendant qu'à Curius Fulvia faisait la figue,

Ces honteux conjurés se gorgeaient de faisan;

A la fin du repas, ils oubliaient la ligue,

Et n'avaient de soucis que pour le parmesan,

La poche, lo raisin, l'abricot, la noisette.

Les autres fruits divers et lo petit paie.

Plus d'une fois, dit-on, s'y mêlait la grisette,

Et chacun agissait comme un âne bâté.

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