JUaenus Paoderi, Barr
(el-e2 I 1 Col. de d4 I jd4-d5 1 Id2-d3 j
A3 — Brachtopodeg.
f. Atrypa obovata Sow., PI. 84—86—123—135, mérite l'attention par diverses circonstances de son développement
u .. Coogic
Bracbiopodes ailnriens de 1k Bolieme. 117
a. Elle tait sa première apparition dans la colonie Zippe, enclavée dans notre bande d4. Elle reparaît dans la colonie d'Archiac, sur l'horizon de la bande d5. Après une nouvelle intermittence, nous la retrouvonB dans notre faune troisième, dont elle caractérise toutes les phases, à partir de la bande el Jusqu'à la bande bl, à l'exception de la bande fl.
Cette espèce a donc existé pendant une série d'âges, qui embrasse environ la moitié de nofare faune seconde et toute la durée de notre faune troisième. Elle nous offre ûnsi l'exemple de longévité le plus remarquable dans notre bassin.
En outre, si elle a pénétré par migration dans nos Colonies, à partir d'une région inconnue, cette circonstance ajouterait encore une période de temps indéterminée à son existence connue en Bohême.
b. La diffusion horizontale de Atrypa obovata s'étend sur les principales localités des divers horizons ott elle se trouve, notamment dans notre bande e2-
c. La fréquence de ses spécimens est très remarquable, dans certaines localités de cette bande. Mais, cette espèce semble beaucoup moins prolifique sur toas les autres horizons signalés.
d. Sous le rapport de la forme, nous figurons des spécimens représentant les variantes habituelles, relatives à la laideur, longueur et épaisseur. De même, sous le rapport des ornements, réduits à des stries concentriques, nous observons des oscOlations dans leur fréquence et leur intensité. Mais, ces variations ne sont pas exclusivement successives, car elles se manifestent aussi parmi les individus contemporains. Nous les considérons toutes comme de simples variantes, sans variété.
On sait que Atrypa obovata a été d'abord découverte en Angleterre, où elle caractérise les étages de Wenlock et de Lndlow, dans la division supérieure silurienne.
%, Atrypa linguata v. Buch, PI. 14 — 184 — 147. Nous rappelons que cette espèce est la plus ancienne connue, parmi les Brachiopodes siluriens de la Bohème. Les &cteurs de son développement sont les suivants:
a. Elle apparaît dans la colonie de Béranka, enclavée dans la bande dS.
byGoOgk
11g Variations obBarrées panni les
Après une intennittence, elle reparaît dans notre bande «1 et elle se propage dans notre bande e2. Elle semble disparaître de nouveau pendant le dépôt de la bande f 1, pour reparaître dans la bande f2. Elle s'est éteinte sur cet horizon. Cett« extension verticale est considérable et n'est dépassée que par un petit nombre d'espèces.
h. La plus grande diffusion horizontale correspond à notre bande e2, dont toutes les principales localités présentent ce Brachiopode.
c. Nous citons particulièftment la montagne Dlauha-Hora et les coUtnes entre Luietz et Lodeoitz, parcequ'il y existe des couches entièrement remplies par Air. lingaata.
d. Nous avons nommé la var. columbella, PI. 14, qui se fait remarquer par ses diamètres horizontaux, combinés avec une épaisseur peu considérable. Le nom de UngwUa montre, que le premier spécimen observé par Léopold de Buch appartenait à la forme longue de cette espèce.
S* Atrypa navicula Sow., PI. 17 — 28. Nous avons exposé dans^ une notice ci-dessus p. 17 les principales circonstances, qui recommandent cette petite espèce à l'attention des savants.
a. Elle apparaît sporadiquement dans les schistes de notre bande d6, mais non dans les colonies. Sa seconde apparition a lieu dans la bande el et elle se propage dans la bande e2, sans franchir sa limite supérieure.
b. Sa diffiision horizontale est très remarquable dans cette dernière bande, car elle s'étend dans toutes les principales localités.
Nous rappelons l'existence de cette espèce en Angleterre et sur 111e de Gothlaad, dans les faunes correspondantes.
e. La fréquence des individus en Bohême est au moins égale à celle de Airypa Unguata, dont nous venons de parler, car l'une et l'autre espèce remplissent des bancs calcaires.
d. Nous ne connaissons aucune variété, qui mérite un nom, parmi les innombrables représentants de cette espèce. Mais nous figurons des spécimens rares de sa variante de forme longue, FI. 17.
On voit que les 2 formes lisses, Atr. Ungaata et Atr. navictila. oftent entre elles beaucoup d'analogie, sous le rapport de leur
Brachiopodes Biluriens de la Bohême. I19
développement. Nous le considérons comme maximum, principalement à cause de l'extrême fréquence des individus, quoique la propagation verticale soit très inférieure au maximum connu dans notre bassin, pour d'autres Brachiopodes.
Une troisième espèce, Atr. latisinuata Barr., PI. 17, pourrait être associée à ces 2 exemples sous le rapport de sa fécondité. Mais, elle a le désavantage relatif d'une existence beaucoup pluscourte, qui a été limitée à la hauteur de notre bande e2. Voir la notice ci-dessus p. 18. Pour ce motif, nous ne la comprenons pas dans la présente catégorie.
4. Bhynchonella princeps B&n:, PI. 25— 26— 120— 121— 139, a été l'objet d'une notice spéciale, ci-dessus p. 23 et nous nous bornons à rapprocher ici les facteurs de son développement.
a. Cette espèce s'est propagée verticalement à travers les bandes e2 — fl — f2 — gl de notre bassin. Elle est très rare sur ce dernier horizon.
b. Sa difhsion horizontale dans la bande e 2 est remarquable, car nous avons cité dans notre notice spéciale ci-dessus (p. 30), 14 localités, où elle a été recueillie. Dans les bandes f 1 — f 2, sa diffusion est restreinte comme l'étendue des bandes elles-mêmes.
e. La fréquence des individus est rarement très considérable sur l'horizon de e2, mais elle est très grande dans f2, aux environs de Konieprus et Mnienian.
d. Rhynch. princeps est accompagnée de 8 formes, que nous nommons comme variétés. Les variantes habituelles de forme longue et de forme large se montrent dans plusieui-s de ces variétés, aussi bien que dans la fonne typique. Le tableau p. 29 exposant la distribution verticale de ce groupe spécifique, constate que 2 de ces variétés ont fait leur première apiiarition dans la bande e2, tandisque 6 nouvelles variétés ont surgi plus tard dans la bande f2.
Nous rappelon!> que, sur la p. 3S qui précède, nous avons établi un parallèle entre Jikynch. princeps et Rkpneh. Hcnrid.
ft. Merista Heradea Ban-, sp-, PI. 10 — 13 — 134. Cette espèce est le type du genre Merista, fondé par M. le Prof. Suess. Les &cteurs de son développement sont les suivants:
■,:cc.;,C00gle
120 VariationB observées parmi les
a. Elle apparaît danB notre bande e 2. Après une mtermitteDce durant le dépôt de la bande f 1, elle reparait dans notre bande f 2, au-dessus de laquelle son existence est inconnue.
b. La diffusion hoiizontale, sur l'horizon de e 2, parait limitée à la contrée, qui s'étend entre S' Ivan, Lodenitz, Bubowitz. Dans la bande f 2 , cette diffusion embrasse l'espace entre Konieprus -et MnienJau.
c. Cest surtout dans cette dernière contrée que se manifeste la grande fréquence des individus de cette espèce.
d. A l'exception de la forme longue et de la forme large, nous ne connaissons aucune variété de Merisla Hercalea. Ce fait contraste avec sa nature très prolifique.
8, Orthis redtix Barr., PI. 62—126—143 est du nombre de nos Brachiopodes, qui ont été favorisés dans leur développement par plusieurs facteurs puissants.
a. Sous le rapport de la durée, cette espèce, qui apparait dans notre bande d2, se propage verticalement à travers les bandes superposées d3~d4 — d5.
b. Sous le rapport de la diffusion horizontale, elle est répandue sur toute la sur^e occupée par notre faune seconde et nous l'avons recueillie dans au moins 16 localités.
Sa présence en France, dans la faune seconde, a été signalée pai- M. de Tromelin.
c. Le nombre de ses représentants varie suivant les localités, mais il est très considérable dans quelques-unes, comme le mont Drabow et Wesela.
d. L'état de conservation de ces fossiles, dans les schistes grossiers ou dans les quartzites, ne nous permettant pas d'observer toutes les particularités de leur surface, nous ne pouvons pas afiïrmer, que cette espèce n'ait pas été accompagnée par quelques variétés on variantes. Nous ne reconnaissons pas une constance absolue dans les apparences des moules^ internes qui sont sous nos yeux.
îdbyGoOglC
Brachiopodes siluriens de la Bohème. 121
B3 — THIobUe»,
1, Acidaspis Bucki Barr., Vol. I., p. 716, PI. 36—37, est l'un des Trilobites, dont le développement noua semble avoir été le plue favorisé par la combinaison de ses facteurs.
Nous rappelons, que cette espèce est la plus ancienne parmi toutes les formes silurienues, qui sont associées dans ce genre. Par un remarquable privilège, elle offre la taille la plus grande, que l'on conuoisse parmi toutes ses congénères. Enfin, elle présente des apparences, qu'on peut nommer très distinguées, même dans ce type très orné.
Apprécions maintenant les facteurs de son développement.
a. D'abord, sous le rapport de la durée, aucun autre Trilobite de la faune seconde ne s'est propagé verticalement comme Acidaspis Bvehi à travers les 5 bandes: dl — dS! — d3 — d4 — d5, sans aucune lacune.
b. Sous le rappoit de la difbsion horizontale, cette espèce a été rencontrée dans toutes les principales localités des S bandes superposées de notre étage D.
c Sous le rapport du nombre des individus, Add. BueM peut être comptée parmi les Trilobites les plus fréquents dans certaines couches, comme celles de la bande d4 à ZahorSan. Sur les autres horizons, nous ne trouvons généralement qu'un moindre nombre d'individus, mais toujours notable et en rapport avec la richesse des couches locales.
d. Ce Trilobite aurait dû subir h la fois les inâuences supposées des Ages géologiques très prolongés et celles du milieu ambiant. Ce milieu a varié 5 fois, d'une manière très marquée, dans les roches diverses de nos 5 bandes citées. D'après ces circonstances, nous devrions nous attendre à trouver quelques variations notables dans les apparences successives de Acid. Buchi.
En réalité, lu seule vaiiatîon que nous observons consiste en ce que, parmi les nombreux individus de la bande d 4, quelques-uns offrent isolément une taille un peu plus grande que les autres, qui composent la grande majorité.
Hors cette exception rare, nous constatons, que les spécimens, qui représentent Acidaspis Buchi dans les 5 phases de notre faune
.îoogic
122 VariatioDB observées parmi les
seconde, ne nous montrent que des signes d'identité, sans que nous puissions distinguer quelque diversité, qui puisse être considérée comme constituant une variété.
Il est bien entendu, que nous faisons abstraction des variantes de la forme longue et de la fonne large, qui se manifestent dans tous les Trilobites. Nous rappelons les effets de la compression, qui a défiguré certains spécimens ensevelis dans les schistes.
Nous ajoutons, que cette espèce a été découverte en France sur l'horizon des schistes d'Angers, ou schistes ardoisiers. Les spécimens, que nous en uVous vus, sont entièrement concordants avec ceux de la Bohême et pourraient être confondus avec eux.
Ce Trilobite peut donc être cité comme un type d'invariabilité, c. à d. comme ayant offert une résistance absolue aux influences des âges géologiques et des circonstances locales, qui, suivant les théories, produisent lentement, mais inévitablement, la transformation
Après avoir rappelé le rôle remarquable, que joue Acidaspis Buehi dans les 5 phases de notre faune seconde, il est intéressant de lui comparer un autre Trilobite, qui joue un rôle à peu près semblable dans notre faune troisième.
*, Fhact^s fecundus Barr., Vol. I., p. 514, PI. 21—22 et Suppl' p. 24, PI. 13.
Apprécions les facteurs de son développement.
a. Sous le rapport de la durée, nous ne pouvons pas mesurer d'uue manière absolue les âges traversés par les 2 Trilobites comparés. Nous sommes obligé de prendre pour unité- le temps, qui correspond au dépôt de chacune de nos bandes. Ces unités peuvent et doivent êti'e très hiégales, aussi bien dans notre division supérieure que dans notre division inférieure. On sait que la division supérieure se compose presque uniquement de calcaires, contrastant avec les schistes et quartzites de la division inférieure. Nous comptons donc empiriquement la durée de l'existence des espèces par le nombre des bandes, qu'elles traversent.
Ce nombre est de 5 pour Acid. Buchi, dans la faune II, et nous le trouvons aussi de 5, dans la faune ni, pour Pkaeops fecundus et ses variétés successives,
îdbyGoOglC
BrachiopodeB siluriens de la Bohême. 123
Pour montrer clairemeut la durée de Phacops fecundus et de ses variétés, nous présentons un extrait du tableau nominatif de la distribution verticale des Trilobites de notre bassin. Ce tableau a été publié en 1872, dans le texte de notre Suppl* «tu Vol. /., p. 386.
Nous rapprochons A<ndaspis Buchi, afin que le lecteur saisisse mieux les contrastes, dans la distribution verticale de ces deux
Sur ce tableau, nous reproduisons les 4 noms par lesquels noua avons distingué 4 formes reconnaissables, parmi les représentants de Pfiacops fectmdus. Cette distinction n'a pas eu lieu dans la description de cette espèce, mais seulement dans l'explication des figures de la PI. 21, Vol. I., 1852.
Le fait le plus remarquable, relatif à ces variétés, consiste en ce que, au lieu d'être contemporaines entre elles, comme dans beaucoup de cas, que nous venons d'exposer parmi les Brachiopodes, elles ne se manifestent que successivement et soudainement, sans que leur apparition corresponde exactement au dépôt d'une bande. Cependant, nous allons constater, que cette succession n'est pas conforme aux conceptions théoriques.
1. Le type primitif, que nous nommons aussi Var. commanis, surgit dans notre bande e2. La plupart des localités de cette bande nous en ont fourni des fragments assez nombreux. Mais, les iudi- Tidua complets et bien consci-vés sont extrêmement rares. Dans
124 Variations obserréee parmi les
les environs de Koleânik, certaines coucbes sont remplies de têtes et pygidiums isolée, sans restes du thorax.
Ce type spécifique, dont les caractères sont très prononcés, se fait remarquer par sa taille moindre que celle des variétés, qui lui ont succédé.
Remarquons bien, qu'il n'est accompagné par aucune variété contemporaine dans e2.
Malgré la fréquence signalée dans cette bande et qui a provoqué la dénomination de feeundus, la forme eomtnunis disparait soudainement de notre bassin avant la fin du dépôt de e2.
En effet, nous n'en trouvons aucune trace quelconque, dans les calcaires de notre bande f 1 . Il semble donc y avoir une lacune dans l'existence de Pkac. feeundus, durant le dépôt de cette bande. Nous avons signalé une lacune semblable pour beaucoup de nos Brachiopodes.
2. La Var. major apparaît soudainement et seule, dans leB calcaires de la bande f2, mais non à la base de ce dépôt, ce qui contribue à prolonger la lacune, que nous venons de mentioaner.
Le nom de cette variété indique suffisamment, qu'elle se distingue principalement par sa taille, qui peut être moyennement évaluée au double de celle du type primitif on commwnis. Cette proportion est confirmée par les spécimens figurés dans notre Vol. L, PI 21.
On conçoit aussi que, par suite de l'accroissement des dimensions du corps, tous les traits de la surface, eu creux ou en saillie, se montrent plus fortement prononcés que dans la forme primitive. Les deux formes eimsmnis et ma^or se distinguent donc au premier coup d'oeil.
Nous pourrions aussi indiquer quelques légères différences dans les yeux, sous le rapport du nombre des lentilles qu'ils renferment. Mais, comme ce nombre varie beaucoup entre les individus de chaque variété, il ne peut ■ nous fournir aucune indication certaine d'une modification dans cet organe. Il est d'ailleurs très naturel, que les proportions de l'oeil varient comme celles du corps entier.
Quant à la fréquence des spécimens de la Var. major, leurs fragments, tète et pygidium, accumulés dans certaines couches calcaires, entre Koniepms et Mnienîan, nous montrent, que cette
Bntchiopodes BÏIurieiis de la Bohême. 125
Tariété n'a pas été moins féconde que le type comtmmis. Cependant, cette fécondité n'a pas abouti à assurer la propagatiun de la Var. major au-dessus des limites de la bande f2. En effet, elle est inconnue dans nos bandes gl et g 2, dont la puissance réunie s'élève à près de 300 mètres.
Après cette longue intermittence dans son existence en Bohême, la Var. major reparaît dans notre bande calcaire g3, avep les mêmes apparences que dans f2 et avec une taille à peu près égale. Les fragiAents, tête et pygîdium bien conservés, ont été trouvés dans les localités de HluboCep, et d^ Slivenetz, aux environs de Prague,
3. La Var. degener nous présente un fait singulier. C'est qu'elle semble avoir apparu pour remplir la lacune, qui vient d'être signalée dans l'existence de la Var. major, durant le dépftt des bandes gl et g 2.
Gomme ces deux bandes contrastent fortement par la nature de leurs roches, calcaires dans la première et schisteuses dans la seconde, la persistance de la Var. degener doit être remarquée.
Cette variété a été ainsi nommée, à cause de sa taille, notablement inférieure à celle de Var. tnajor qui avait précédé. Les spécimens figurés sur la PI. 13 de notre Suppl' avec d'autres du type communia, pennettent de juger, que la taille de la Var. degener est à peu près moyenne entre les tailles extrêmes des 2 autres formes de la même espèce.
Bien que les dimensions des fossiles ne constituent pas un des caractères importants, on doit remarquer dans cette circonstance, que, dans les Trilobites qui nous occupent, la taille n'a pas offert une augmentation progressive, comme on aurait pu l'attendre, d'après les théories. Elle a subi, au contraire, des variations en sens inverse.
Il n'y a d'ailleurs, dans la conformation de la variété degener, aucun caractère constant, qui établisse une différence grave entre elle et les 2 autres formes antérieui-es, que nous venons de distinguer.
Sous le rapport de la fréquence, Var. degener peut être comparée à Var. major. Mais elle a l'avantage de se retrouver dans diverses localités, dont les principales, au nombre de 9, ont été énumérées dans le texte de notre Vol, L, p. 517,
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126 Variations obseirëes parmi les
4. La Var. mperstes n'est représentée que par des individus ensevelis dans les schistes de notre bande g 2. Comme ils ont subi une forte pression, qui les a plus ou moins aplatis et défigurés, ils ne peuvent pas être comparés en toute sécurité aux représentants des autres variétés, qui se sont parfaitement conservés dans les calcaires des bandes e2 — f2 — gl — g3.
Ainsi, le pygidium nous semble un peu moins arrondi et plus court que celui des variétés précédentes. L'oeil au contraire, qui a mieux résisté à la compression, paraît au moins aussi développé.
Quant à la taille de la Var. si^perstes, elle reproduit les dimraisions du type primitif, commanis^ figuré sur la même PI. 21 de notre Vol. I.
En tenant compte de la réserve que nous venons d'indiquer, la Yar. svperstes peut être associée aux variétés précédentes dans le groupe de Fhacops fecundus. Sa fréquence est relativement moins considérable. Cette apparence peut provenir du nombre très limité des localités, dans lesquelles la bande g 2 est fossilifère.
Nous avons cru, dans un temps, que la Var. superstes, après avoir disparu pendant le dépôt de la bande g 3, avait reparu à la base de la bande bl. Mais, ce fait n'étant fondé que sur un spécimen très mal consei-vé et d'origine un peu douteuse, ne mérite pas d'ôtre pris en considération.
Après avoir exposé le développement des 2 Trilobites de Bohême, les plus remarquables par l'étendue de leur propagation verticale et par la fréquence des individus qui les représentent, nous signalerons les contrastes qui existent entre ces 2 types.
D'un côté, Acidaspis Buchi, offre une taille pour ainsi dire presque constante, sauf les "exceptions individuelles signalées dans la bande d4.
Nous n'observons aucune variation sensible dans les apparences des éléments de son corps, excepté la forme longue et la Ibrme lai^e. Cette espèce peut donc être considérée comme un type d'invariabilité, bravant les lois théoriques, à travers des âges géologiques très prolongés, dans des milieux très divers et dans de nombreuses localités, qui s'étendent jusqu'en France.
De l'autre côté, Phacops fecundus nous présente des apparences de variations, mais elles se réduisent cependant à celles des
BrachiopodeB gilarieiiB de la Bobëme. 127
dimeusions. Au premier coup d'oeil, elleR sembleraient con-espondre à la succession des Ages et au changement des milieux, durant le t\&f6t desquels ses représentants ou variétés ont existé.
Mais nous avoua fait remarquer, que les Tariétés nommées ne sont point eu stricte connexion avec ces divers dépAts. Ainsi, Var. major, qui apparaît dans r2, longtemps après l'extinction de Var. communia, disparaît avant la fin du dépôt de cette bande, pour reparaître plus tard dans la bande g 3, composée d'un calcaire compacte, très différent de celui de f 2. Par cett* double circonstance, l'existence de la Var. major se montre indépendante des âges géologiques et du milieu ambiant.
En outre, la Via: degener, intermédiaire par sa taille entre Var. eorimunis et ntajor, n'apparaît qu'après le maximum. La transition qu'elle simule, est donc anachronique.
Cette variété se développe largement par la fréquence de ses individus, dans les bandes gl — g 2 de nature différente, mais ne se propage pas dans g 3, dont les calcaires ne sauraient être distingués de ceux de gl. Elle se montre donc indépendante des influences du milieu ambiant.
En résumé, dans ces 3 variétés, qui diffèrent seulement par leur taille, nous ne pouvons pas reconnaître l'influence des circonstances locales.
L'influence des âges géologiques sur la seule modification observée est encore moins reconnaissable. En effet, le maximum de la taille caractérisant la bande f2 succède au minimum qui n'est connu que dans e2.
La taille intermédiaire s'introduit et persiste longuement dans les bandes gl et g2 entre les 2 apparitions très espacées du maximum dans f2 et g3.
Tandisque les théories nous enseignent, que le critérium de l'évolution consiste dans un progrès continu et persistant suivant une même direction, Phacops fecundus, au lieu de nous montrer les traces de ce progrès, présente des oscillations en sens opposé et en contradiction avec les influences du temps et du milieu ambiant.
En d'autres termes, dans Phacops fecundus, les variations de taille ne correspondent, ni aux périodes successives de son existence, iii à la nature des milieux, à travei-s lesquels il s'est propagé.
^îooglc
128 YariationB observées parmi lea
Cette espèce, malgré les contrastes apparents qu'elle présente avec Aeidaspis Buchi, concourt doue avec celle-ci à nous démontrer, que les Trilobites de la Bohême, qui ont joui de l'existence la plus prolongée, ont également échappé aux variations successives et lentes, admises par les théories, comme source inévitable de nouvelles
S. DcUmanites socialis Barr., Vol. I., PI. 26, est sous divers rapports, l'une des espèces les plus caractéristiques de notre faune seconde. A ce titre, elle mérite notre attention. Apprécions les facteurs de son développement.
a. Daim, socialis apparaît soudainement dans la bande d2. Il se propage verticalement à travers les bandes d3 — d4, en conservant tous ses caractères. Sa présence dans ces 2 bandes est constatée dans notre Vol. I., p. 296. Mais par erreur, elle n'est pas indiquée sur notre tableau de la distribution verticale, dans le Supplément à notre Vol. I., p. 283.
Nous allons mentionner 2 variétés de ce type, dont l'une coexiste dans les bandes d3 — d4 et dont l'autre n'apparaît que dans d5, après l'extinction du type socialis.
Ainsi, l'extension verticale de la forme typique et de ses 2 variétés embrasse les 4 bandes, d2 — d3 — d4 — d5.
b. I^ difiusion horizontale de la forme primitive, socialis, s'étend à toutes les localités de notre bande d2 et à plusieurs de celles des bandes d3 — d4, mais non à toutes.
La var. proaevn est également très répandue sur la surface de d3 et d4.
La var. tjrandis n'est connue que dans 2 localités de la bande d5.
Nous rappelons, que la présence de Dalman. socialis en France a été constatée dans notre Vol. L, p. 554, d'après des spécimens découverts en Bretagne par M. Marie Rouault. Depuis lors, MM. de Tromelin et Lebesconte ont signalé l'existence, dans la même contrée, de la Var. proaeva et d'une autre variété, qu'ils nomment Armoricana. (Nantes, 187B.)
c. La fréquence des fragments du type socialis est extrêmement grande dans la bande d2, mais les spécimens entiers sont
Brachiopodee silurieua de la Bùhéate. ]2tl
relativement rares. Il en est de même de la variété prmeva dans
La var. grandis n'est r^réseotée que par de rares exemplaires, la plupart fragmentaires.
d. Nous avons indiqué la contemporanéité de la Var. proaeva avec la forme primitive et, au contraire, l'apparition de Var. grandis, après l'extinction du type.
Dans ce feit, nous rencontrons une combinaison, qui n'a été observée que dans un seul cas relatif à Pent. incipiens et Pent. procerwlus, parmi nos Brachiopodes. Ce cas a été discuté ci-dessus (p. 97).
Les différences principales entre le type socialis et la var. proaeva consistent dans la réduction (les pointes génales et la disparition de la fossette au milieu du lobe frontal. Le nombre des lentilles oculaires est aussi diminué.
Au contraire, dans la var. grandis, nous retrouvons les pointes génales et la fossette, comme dans le type socialis. Le nombre îles lentilles oculaires revient aussi eutre les limites observées dans la forme typique. Il en résulte, que cette variété ne se distingue réellement que par une taille plus grande. C'est la même différence, que nous venons d'observer entre les «or. major et commimis dans Phaeops feoundus.
Nons devons faire remarquer, que la taille des .1 formes sociaiis, proaeva, grandis, va en augmentant. Elle offre donc l'apparence d'un progrès continu dans une même direction. Mais, si l'on considère la réapparition de tous les autres caractères typiques dans la Var. grandis, ce progrès est d'une faible importance. Il ne suivrait pas à lui seul pour démontrer l'influence des âges géologiques, surtout si l'on compare cette espèce à Phaeops fecunâus, qui nous montre que la taille des variétés est indépendante de la progression des &ges.
4. Trinuclem Goldfussi Barr., Vol. I., PI. 30—85. Les facteurs du développement de cette espèce sont les suivants:
a. Ce Trilobite apparaît dans les quartzites de notre bande d2 et il se propage verticalement, sans intermittence sensible, à travers les bMides d3— d4— dB.
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J30 YariatioiiB observées panni lei
b. La diffusion horizontale la plus remarquable de œtte espèce correspond à sa première apparitioa dans la bande d2. Ed effet, nous trouvons ses traces, avec celles de Daim, sotnalis, dans toutes les localités fossilifères de cet horizon. Il paraît beaucoup moins répandu sur la surface des bandes d3 — d4 — dS.
c. La fréquence des individus de cette espèce se montre au maximum, dès sa première apparition dans la bande d2. Ses représentants sont relativement rares dans les bandes d 3 — d 4. Mais ils reparaissent avec une nouvelle fréquence dans la localité de GroBs-Kuchel, sur l'horizon de la bande d5, au-dessus de la Colonie Krejèi. La plupart sont fragmentaires. Leur taille est notablement moindre que celle des spécimens de la bande d 2. Ce fait contraste avec celui que nous venons de constater au sujet de Daim, socialis, dont la Var. grandis se distingue par une plus grande taille dans d5. II nous semblerait peu convenable d'attribuer également à l'influence des âges géologiques ces deux modifications en sens contraire.
d. Malgré le nombre considérable d'exemplaires de cette espèce,' qui ont passé sous nos yeux, nous n'avons jamais observé dans ses caractères aucune modification, qui puisse indiquer une variante ou une variété, si ce n'est celle de la taille, que nous venons de mentionner. Mais elle n'est pas assez prononcée pour mériter un nom distinctîf.
Ainsi, ce Trilobite nous fournit un exemple remarquable d'une longue existence, d'une grande fréquence et en même temps de l'absence de toute grave variation dans ses apparences. Sous ce rapport, il se rapproche de Add. Buchi, qui a coexisté clans les 4 mêmes bandes, mais qui avait apparu dans la bande dl.
Nous rappelons que la seule espèce congénère, qui a précédé immédiatement Trin. Goldfussi, dans notre bassin, a apparu dans la bande dl et a disparu après une existence relativement très limitée. C'est 2Wn. Reassi Barr., Vol. L, Suppl' p. 47, PL 5. Il offre le plus grand contraste par son limbe rudimentaire et sa glabelle conique, surmontée d'une longue pointe, simulant un paratonnerre.
Si un tel contraste entre 2 formes consécutives, pouvait être attribué aux influences des circonstances locales et des âges géologiques, comment expliquer la constance des apparences de Trin. Goldfussi durant le dépôt des bandes d2 — d3 — d4 — d5, composées de roches différentes?
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Brachiopodes siluriens de la BohCme. 131
A. Arethusina KmineM BaiT., Vol. I., p. 495, PI. 18. Cette petite espèce joue un rôle important vers l'origine de notre faune troisième. Les Êicteurs de son développement sont les suivants:
a. Ce Trilobite est l'un des 4 de la faune III, qui ont fait leur première apparition dans la colonie Zippe, enclivée <lans la bande d4 et qui ont enstiite reparu dans notre faune troisième,
Après une intermittence assez longue, mesurée par une partie considérable de la bande d 4 et par toute la puissance de la ban4e d5, Aretkus. Koninchi reparaît dans notre bande el et elle se propage dans la bande e2. Mais, elh; disparaît de notre bassin, sans atteindre la .limite supérieure de cette bande.
b. Sa diffusion horizontale n'est pas générale daus la baude e 1. Cependant, nous trouvons ses traces dans diverses localités. .\u contraire, dans la bande e 2, Areth. Koninchi est répandue sur toute la surface. Nous avons cité. 9 localités principales dans notre description, Vol. I,, 1852. Par oubli, (p. 497), nous n'avons pas nommé celle qui est la plus riche, prvs de Lo<lenitz.
c Cette dernière localité, mentionnée dans l'explication des figures de la PI. 18, Vol. I., nous a fourni à elle seule, pour notre collection, plus de 6,000 exemplaires recueillis dans le but de reconnaître les 22 degrés de la métamorphose. Ce fait suffit pour faire apprécier la fécondité rie cette esi}èce.
d. Parmi tous les individus, qui ont passé sous nos yi^ux, nous n'avons reconnu d'autre variation que celle de la forme longue et de la forme large, indices vraisemblables du sexe.
Ainsi, Arethus. Koninchi nous présente nu exemple remarqunhle de la constance de ses apparences, malgré la fréquence de ses hmombnibles individus.
«. ÎUaenus Panderi Ban-., Vol. I., p. 682, PI. 30—35. Cette espèce pouirait être considérée comme l'une des formes les plus simples du genre Illaenus et par conséquent les plus proprcis aux variations. Les facteurs de son développement sont les suivants:
a. Jll. Panderi fait sa première apparition dans notre bande d2 et il se propage ensuite à travers les bandes d3 — d4 — d5, sans lacune apparente. La durée de son existence est donc très considérable. Elle n'est inférieure qu'à celle de Acidasp. liuchi, ci-dessus p. 131.
D,gmzetity*C00gk
132 TKriatioDfl obBcrvéea pumi lai
b. Sa difFusioii horizontale est presque uniforme sur la sur&ce des 4 dépftts successifs, car nous trouTons ses traces dans toutes les localités principales.
c. Ces traces consistent le plus souvent dans des fr^pnents, têtes et pygidiums, qui sont assez abondants. Les spécimens entiers sont relativement rares.
d. Malgré la fréquence des rest«3 de ce Trilobite, nous n'avons observé parmi eux aucune autre variation que celle de la forme longue et de la forme large, également figurées sur nos planches.
Cet exemple de constance confirme les précédents, mais il n'est pas comparable à celui de Arethusina KonincH, à cause de la grande différence dans la fréquence de ces 2 Trilohites.
RéBiimé et eoncliisions de ce parallèle entre les Brachiopodes et les Trilobites.
Après avoir exposé des séries parallèles d'exemples, représentant le développement minimum — moyeu — maximum des espèces, parmi les Brachiopodes et les Trilobites, nous appelons l'attention sur les concordances et les discordances principales, révélées par ces comparaisons.
Malgré la distance qui sépare les animaux des deux classes en parallèle, sous le rapport de leur ai^anisation, nous reconmùssons que le développement de leurs types spécifiques nous offre beaucoup plus d'harmonies que de contrastes,
1. Parmi les Brachiopodes, comme parmi les Trilobites, les espèces qui apparaissent sur un même hoiizon, dans noti-e bassin exigu et dans des circonstances identiques, se développent cependant d'une manière très diverse et elles manifestent des forces très inégales de vitalité.
Cette inégalité et cette diversité ne iwuvent s'expliquer d'une manière satisfaisante par l'influence des circonstances matérielles, puisqu'elles sont identiques. Il faut donc les attribuer à une cause indépendante du temps et du milieu ambiant.
2. Une seconde harmonie encore plus frappante entre les Brachiopodes et les Trilobites consiste dans la manifestation soudaine
, C.oogic
Brachiopodea siluriens de la Bohême. 133
et simultanée, dans chaciiiH' des faunes partielles et successiTes de notre bassin, d'un ^rand nombre d'espèces, qui possèdent, dès leur première apparition, la plénitude de leurs caractères distinctiË.
Nous rappelons, que !a même observation a été faite au sujet de nos Céphalopodes et elle se reproduira pour les espèces de chacune des classes de nos fossiles, qui restent à publier.
La même plénitude des caractères spécitiques, dès la première apparition des types, est constatée dans toutes les contrées fossilifères et dans toutes leurs faunes distinctes. Elle constitue donc un phénomène général, aussi merveilleux qu'inexplicable par les théories.
Sous le rapport de leurs variations, les espèces des Brachiopodes et des Trilobites nous présentent à la fois une harmonie et un contraste.
3. Le contraste consiste, en ce que les Brachiopodes offrent beaucoup plus de variantes et de variétés contemporaines que les Trilobites.
En effet, dans uu tableau succinct, ci-dessus p. 70, nous avons indiqué les espèces de nos Brachiopodcs, qui sont accompagnées de variantes ou de variétés contemporaines. Elles sont :iu nombre d'environ 109. Elles représentent donc, parmi les 640 fomies nommées, la proportion de Jï-J = 0.17.
Pour nos Trilobites, nous n'avons pas eu l'occasion de di-esser un tableau semblable. Mais, nous avons signalé les principales espèces, qui présentent des variations, dans notre Défense des Colonies, IV., p. 145.
Elles sont au nombre de 10, auxquelles nous ajoutons Add. Prévosti, oubliée dans cette revue, mais que nous venons de rappelé]' dans la notice qui précède, p. 114.
Ces 11 espèces de Trilobites représentent la proportion ^'^^^ =0.03 du nombre des 350 espèces distinctes, éuuinérées dans notre tableau numérique, résumé. Vol. I., SuppI' p. 289.
Ces chiffres nous montrent clairement, que la faculté de variation est beaucoup moins puissante paiini les Trilobites que parmi les Brachiopodes, suivant le rapport approximatif de îî à 17.
Ce résultat de nos comparaisons confirme la confiance habituellement accordée aux Trilobites, pour ia détermination des âges
.ooglc
1<)4 TaritktioiiK observées parmi les
(réologiqiies et la comparaison des faunes. La valeur des Brachiopodt'S, sous ce rapport, se trouve au contraire, relativement infirmée.
4. Malgré ce contraste, les variations nous fournissent une nouvelle et très importante hai-monie entre les Brachiopodes et les Tiilobites.
Cette harmonie se manifeste en ce que, dans les uns et les autres, les exemples de variétés successives ou postérieures au type correspondant, sont réduits en Bohême, à un nombre si exigu, qu'on ne peut les considérer que comme des exceptions.
D'abord, parmi nos Brachiopodes, l'exemple le plus vraisemblable de cette nature est celui qui consiste dans la série des 3 espèces de Pentamères, dont les noms suivent. Elles sont rangées suivant leur ordre vertical d'apparition.
3. Peutam. acato-lobatus Sandb., dévon. moyen — Nassau, Eifel.
2, Pent. proeertdus Barr., silur., f2 — Bohême.