Peut. incipiens Barr., silur., e2 — Bohême
Nous avons discuté ci-dessus p. 97 les documents relatifs à cette série, eu indiquant jusqu'à quel point elle est établie par les faits connus.
Parmi les Trilobites, nous venons d'exposer 2 exemples des variations successives, postérieures au type.
L'un est relatif à Pkacops fecundus Barr. dans; e2 — f2 — gl — g2 — g3, ci-dessus p. 122.
Ij'autre est fourni par DaJmanites sodaîis Barr. dans; A2 — d3 — d4 — d5, ci-dessus p. 128.
Pour Phacops fecundus^ les variations ne se manifestent que dans la taille des individus. Mais, au lieu d'un progrès continu suivant les âges, elles montrent une irrégularité chronologique très prononcée.
Pour Dahnanites socialis, les variations se présentent d'abord dans plusieurs caractères accessoires de la première variété, proaeva, contemporaine du type, dans d3 — d4. Mais, dans la seconde variété tjmndis, qui apparaît seule dans â5, nous retrouvons les apparences primitives du tyjie socialis. Il ne reste qu'une différence dans la t«ill(> de quelque;! individus.
DigmzedbyGoOglc
Bntchiopodes siluriens de Ici Bohême. 135
AÎDSi, parmi les Trilobîtes, la seule modification persistante, dans les variétés successives, se réduit à celle des dimensions. Elle est donc minime et de peu de valeur, puisque nous voyons fréquemment ime variation semblable se manifester parmi les individus contemporains d'un même type spécifique.
En somme, l'étude qui précède, confie une remarquable harmonie dans le développement des types spécifiques, qui représentent les Brachiopodes et les Trilobites dans notre bassin.
En nous bornant à considérer les espèces de la Bohême, dans ce parallëe, nous avons voulu nous maintenir entre les limites de la sécurité, que nous sommes en droit d'invoquer, par suite de nos observations sur des matériaux ■ très étendus et généralement très bien conservés.
Nous soQUues loin de prétendre, qu'il n'existe pas, dans les faunes dévoniennes, des formes de Brachiopodes et de Trilobites, qui pouiraient être rattachées idéalement aux formes typiques antérieures de nos faunes siluriennes, comme Featamerus acuto-lobattis, que nous venons de citer.
Ces cas, presque aussi rares que ceux de la pi-opagation verticale des espèces identiques, à travers les faunes siluriennes et dévoniennes, sont des exceptions, qui ne peuvent présenter aucune base solide aux théories générales de la filiation et de la transformation successive. Eu effet, ils peuvent tous être attribués à la même cause, qui a fait naître les variétés contemporaines des types, sans aucune intervention de l'influence des circonstances locales et des âges géologiques.
\U, Résumé du Ghap. L
Ce chapitre est consacré à l'étude des variations, que présentent les Brachiopodes dans le bassin silurien de la Bohême. Parcourons les subdivisions de cette étude.
I. Sans discuter les définitions de l'espèce, nous définissons ce que nous entendons par variété.
Nous proposons le terme de variante, destiné à indiquer les formes intermédiaires entre le type spécifique et les variétés distin-
136 Variations observées parmi les
rtes. Ces formes sont quelquefois très nombreuses dans une même «■spèce.
Nous établissons ensuite 2 sections parmi nos Brachiopodes, soiia le rapport de leurs variations.
i*'* Section. Vaiiations qui ne troublent ni la régularité, ni la symétrie de la coquille,
2*^ Section. Variations qui troublent la régularité et la symétrie de la coquille.
Dans la première section, nous distinguons 4 catégoiies que nous allons indiquer et pour chacune desquelles nous citons des exemples, choisis parmi les espèces figurées sur nos planches.
Dans la seconde section, nous établissons 2 catégories, suivant que l'irréguiarité se manifeste, soit dans quelques individus seulement, soit dans tous les représentants d'une même espèce.
II. La seconde subdivision se compose d'une série de notices spéciales, sur les espèces choisies comme exemples des variations, parmi nos Brachiopodes. Ces notices sont disposées suivant l'ordre indiqué dans chacune des 6 catégories établies, savoir:
l'" Catégorie : Espèces sans variante et sans
variété.
2'""' „ Espèces avec rares variantes et
sans variété.
S*"* „ Espèces avec diverses variantes,
sans variété.
4*'"* „ Espèces avec variantes et variétés.
5*"* „ Espèces dont quelques individus
sont iiréguliers.
6*"* „ Espèces dont tous les individus
adultes sont irréguliers.
Nous ferons observer, que les espèces auxquelles nous avons consacré ces notices, sont toutes remarquables par leurs apparences l't par le rôle qu'elles jouent dans les faunes successives de notre bassin. Gomme plusieurs de ces notices sont relativement très étenduvï , il eût été impossible de décrire de la même manière les
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variations des autres espèces très nombreuses, qui méritent aussi rattention.
III. Nous nous sommes donc bomé à présenter, dans la 3'" BubdivisioD, un tableau nominatif, signalant parmi nos Brachiopodes les espèces les plus intéressantes par leurs vanations. Des colonnes spéciales indiquent les planches , sur lesquelles ces espèces sont figurées et les horizons sur lesquels elles se trouvent.
Dans la colonne des observations, nous mentionnons sommairement la nature des variations, dans chacune de ces espèces. Ce tableau servira de guide aux savante, qui voudront se rendre compte des variations, reconnues dans plus de 100 espèces de notre bassin.
IT. Tout en considérant comme superflu de rechercher la cause des variations parmi les Brachiopodes, nous avons du moins voulu essayer de reconnaître les circonstances, qui, au premier coup d'oei], semblent être en relation avec les modifications des apparences dans les types spécifiques.
Dans ce but, nous avons étudié d'abord l'influence du nombre des individus d'une même espèce, coexistants sur un même horizon et sur une surface restreinte.
Ensuite, nous avons cherché à découvrir l'influence de la durée d'un même type spécifique, à travers une série de faunes successives et distinctes.
Malheureusement, ces deux études ne nous ont conduit qu'à des résultats négatifs.
La première nous a démontré, que la fréquence des individus, c. à d. la fécondité d'un type spécifique, ne constitue, ni une cause efficiente, ni même constamment une circonstance concomitante de l'apparition des variétés parmi nos Brachiopodes.
La seconde recherche nous a donné lieu de reconnaître, que la longévité des espèces, dans notre bassin., n'est accompagnée que par de faibles variations, dont l'intensité ne dépasse pas celle des variantes contemporaines et ne pourrait pas servir à établir des variétés distinctes, successives et constantes.
V. Après avoir fait connaître, d'une manière suf^aute, la fréquence et l'étendue des variations parmi nos Bradiiopodes de
..Coogic
138 Variations obserTéea parmi les
Bohême, nous avons représenté dans uu diagi-amme toutes les relations chronologiques, qui peuvent exister, en général, entre un type spécifique et ses variétés.
Dans ce diagramme, nous avons groupé les espèces en 2 sections, savoir:
1*" Section, renfermant les variétés entièrement ou partiellement contemporaines du type.
2*"'' Section, réunissant les variétés postérieures au type et nommées mutations par M. le Doct. Waagen.
La première section est subdivisée en 2 catégories, suivant que les variétés apparaissent avec le type ou bien un peu plus tard, mais pendant la durée de son existence.
La seconde section n'étant représentée en Bohème que par des cas très rares, nous n'avons pas cherché à établir des catégories entre les espèces qu'elle peut renfermer, soit dans d'antres founes, soit dans d'autres contrées.
Après avoir exposé cette classification générale des variété, nous en avons fait l'application pai-ticnlière aux Brachiopodes siluriens de la Bohême. A cette occasion, nous avons constaté les faits qui suivent et qui se recommandent par leur haute importance.
1. Toutes les espèces, variantes et variétés de nos Bi-achiopodes apparaissent en Bohême avec la plénitude de leurs caractères distinctifs.
2. Sauf de très rares exceptions, toutes les variantes et variétés de nos types spécifiques ont été contemporaines des espèces, auxquelles nous les associons.
Nous allons mentionner un cas apparent de variétés successives et postérieures au type primitif.
3. I^es différences, qui se manifestent entre les types spécifiques et leurs variétés contemporaines, ne sont pas moins intenses que celles qu'on nous indique entre certains types et leurs variétés successives, ou postérieures.
Le cas douteux annoncé est relatif à Fentam. ineipiens de notre bande e2, à Fentam. proeerulus de notre bande f2 et à Fent. acutolobatua Sandb. des Contrées rhénanes. La série de ces formes semblerait constituer, parmi nos Brachiopodes, l'une des rares ex-
Bracbiopodes ailuriens de la Bohême. 139
ceptions à la conteiuporaiiéité générale des variétés avec leurs types spécifiques. Ce cas est discuté sur la p. 97 ci-dessus.
Abstractiou faite de cette exception, et peut-être de quelques autres encore moins sûrement établies, les conclusions qui dérivent des 3 faits principaux, que nous venons d'exposer, sont les suivantes:
1. Puisque toutes, ou presque tuutes les variantes et variétés de nos Brachiopodes ont été contemporaines de leurs types respectifs, il serait irrationnel d'attribuer leur apparition à l'iiifiuence des ftges géologiques.
2. Puisque toutes les variantes et variétés ont apparu avec la plénitude de leurs caractères distinctifs et ont coexisté avec leurs t)-pes spécifiques, dans notre bassin exigu où nous trouvons leurs dépouilles mêlées, souvent dans un même fragment de calcaire, il serait irrationnel de supposer, qu'elles doivent leur origine à l'influence des circonstances locales.
3. D'après ces cousidératious, si l'on veut expliquer l'apparition des variantes et des variétés, il est indispensable de recourir à une cause indépendante de l'inSuence de» circonstances locales et de celle des âges géologiques.
4. Quelle que soit la nature de cette cause, il est aisé de concevoir, qu'elle a pu produire des vai'iétés successives et postérieures au type , aussi bien que des variétés contemporaines de celui-ci.
A l'occasion de ces conclusions, nous avons rappelé, que nos études sur les Céphalopodes nous avaient déjà conduit à des résultats identiques.
A la suite de cette étude, nous consacrons quelques pages à exposer les relations, qui existent entre les formes successives du genre Pentamerus, auxquelles nous avons fait allusion, savoir:
3. Pent.<««to-ioJoïusSaudb.p'f^' Idév. moyen -Verstein. l Nassau I Nassau, PI. 33, 1855.