PR
Nous avons figuré sur cette planche des spécimens provenant de 7 localités principales, nommées dans l'explication des figures.
Ces spécimens ont été choisis dans le but de montrer les plus notables variations connues, dans les apparences de cette espèce.
Ces variations sont limitées à la disposition, à l'intensité et à l’espacement des stries, soit horizontales, soit longitudinales. Selon nos définitions qui précèdent, il n'existe donc que des variantes parmi les spécimens comparés. Le nom de variété ne modiferait en rien nos déductions.
Comme nous possédons divers individus d’une même localité, nous pouvons reconnaitre entre eux des différences dans l’ornementation. aussi prononcées que parmi les spécimens qui appartiennent à des horizons successifs.
Cet accord dans les apparences extérieures de la coquille contraste avec la diversité que nous offrent les moules internes, figurés sur la même planche. Une observation semblable se présente assez fréquemment dans nos études et tendrait à faire séparer des formes, qui nous semblent identiques par leurs caractères externes. Mais, dans le cas présent, nous devons accorder plus d'importance aux apparences extérieures qu'à celles du moule interne, pour 2 motiis, SAVOIT :
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 85
Les moules internes peuvent appartenir à des individus d’âges différents et leur développement inégal expliquerait la diversité signalée.
On doit aussi concevoir, que l’état de conservation des moules en question peut varier beaucoup, puisque nous les avons recueillis dans diverses localités et dans des roches qui sont loin d’être identiques.
L'influence de ces circonstances se manifeste d’une manière analogue dans beaucoup d’autres espèces de notre bassin et notamment pour plusieurs, qui sont connues de tous les savants. Nous citerons l'exemple très remarquable de Atrypa reticularis, dont nous figurons de nombreux spécimens, montrant le moule interne dans divers états de conservation ou à divers âges, sur nos PI. 19-109 -132. Voir ci-dessus (p. 13).
En somme, nous considérons les spécimens figurés sur notre PI. 56 comme représentant réellement une seule espèce, dans la hauteur verticale occupée par nos bandes: 45-—Col.—e1—e2— f1—f2—g1-g8g2-—g83. Cette série ne présente même aucune lacune stratigraphique.
On remarquera, que la taille des individus n’a pas sensiblement varié durant la longue période de temps qu’embrassent ces formations. Ils sont toujours reconnaissables au premier aspect et ne peuvent être confondus avec aucune autre espèce contemporaine.
Quant aux variations, que nous venons de signaler au sujet de leur ornementation, nous répétons, que les individus espacés dans la série verticale ne different pas plus entre eux que ceux qui ont été contemporains, durant le dépôt d’une même couche. Ainsi, nous ne pouvons pas attribuer à l'influence des âges géologiques ces diversités ornementales. Elles dérivent normalement, soit sur un même horizon, soit sur des horizons superposés, d’une faculté inhérente à chaque espèce et qu’on pourrait comparer à une sorte d’élasticité, dans le développement et les apparences des représentants d’un même type spécifique.
En d’autres termes, ce sont de simples variantes successives, comparables aux variantes contemporaines des types spécifiques, définies ci-dessus et illustrées par des exemples encore plus nombreux.
86 Variations observées parmi les
2, Strophomena emarginata. Barr.
Les spécimens, que nous avons figurés, sont presque tous réunis sur la PI. 45, afin de faciliter la comparaison entre eux. On peut ainsi aisément reconnaître, qu’ils sont semblables et ne présentent d’autres différences sensibles que celles qui dérivent de l’âge des individus.
L'échancrure du bord frontal est le principal caractère distinctif de cette espèce. Mais il faut remarquer, qu'il n’est bien prononcé que dans les adultes. Il ne se manifeste pas dans les jeunes, ni dans les individus d’un âge moyen.
Ainsi, la fig. 2 représente un jeune spécimen de Hostin, g1, et la fig. 7 un spécimen d'âge moyen, provenant de Konieprus, f2. Dans lun et Pautre, l’échancrure manque complétement.
Nous possédons d’autres exemplaires de Konieprus et Mnienian, f2, qui montrent très distinctement cette échancrure et que nous considérons comme adultes.
Notre tableau de distribution verticale qui suit, (Chap. IL), constate que cette espèce se propage sans intermittence à travers les 5 bandes e2—f1—f2—g81-—2g2, de sorte que nous pouvons lui appliquer les observations, que nous venons d'exposer au sujet de Sérophomena comitans.
En somme, Sérophomena emarginata, malgré la longue durée de son existence, ne présente aucune variation autre que celle qui dérive de l'âge des individus. Il serait même difficile de distinguer des variantes, dans les apparences des ornements.
2 Orthis konorata. Barr.
PIEUGS-— 71 142:
Les spécimens, que nous figurons, nous montrent une forme semblable et des stries longitudinales, relativement fortes par rapport à la taille constamment exigue des individus.
Ils ne présentent d’autres différences entre eux que sous le rapport de la bifurcation ou de l’intercalation de ces stries, ou de leur groupement.
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 87
Dans les uns, la bifurcation ne s'étend qu’à une petite distance à partir du bord vers l’intérieur. Dans d’autres, elle se prolonge plus loin et aboutit à la séparation de stries intercalaires. Quelquefois aussi, le nombre des stries bifurquées sur une même valve est réduit à quelques unités. Dans les spécimens de 43 et de d 4, PI. 143, les stries sont groupées par 2 ou 3, mais les spécimens de Borek e1, PI. 68, nous montrent une disposition à peu près semblable.
Nous ne trouvons aucune variation progressive bien prononcée dans ces distinctions. Elles pourraient donc tout au plus indiquer des variantes successives, qui ne diffèrent pas plus entre elles que certaines variantes contemporaines. Elles sont beaucoup moins contrastantes que les formes de Pent. optatus décrites ci-dessus (p. 59) et qui ont coexisté dans une même localité.
D’après ces considérations, nous associons dans une même espèce tous les spécimens figurés.
Notre tableau de distribution verticale, ci-après, (Chap. IL), montre que Orthis honorata s’est propagée à partir de la bande d 3 jusqu'à la bande g1. Mais, d’après l’état de nos connaissances, son existence semble présenter une lacune, durant le dépôt de la bande f1.
Dans tous les cas, Orthis honorata nous offre l’un des rares exemples d’un Brachiopode commun à notre faune seconde, proprement dite, et à notre faune troisième.
Æ, Atrypa Thetis. Barr.
Nous avons réuni sur la PI. 133 les figures de spécimens, qui ont été trouvés dans les bandes e1—e2—f2—g81—283. Mais nous en figurons sur la PI. 86 une autre série nombreuse. provenant uniquement de la bande f2.
L'existence de cette espèce semble présenter 2 lacunes, savoir, dans les bandes f1 et g2, qui sont relativement pauvres en Brachiopodes.
En comparant tous les individus, on voit qu'ils n’offrent entre
eux que de légères différences de forme, comparables à celles que nous nommons variantes. Ces différences, qui se manifestent sur
88 Variations observées parmi les
divers horizons, aussi bien parmi les spécimens contemporains que sur les spécimens successifs, consistent principalement dans la forme longue et la forme large; ou. bien, dans la largeur plus ou moins développée du sinus et du bourrelet,
Dans 2 cas individuels, nous voyons une rainure linéaire, médiane, sur le bourrelet. Mais ces exceptions sont distribuées, l'une dans notre bande e1, l’autre dans la bande f2. Elles sont done sans relation avec les âges géologiques.
En somme, Atrypa Thetis, malgré l'étendue verticale très considérable de sa propagation, conserve ses apparences, avec la méme constance que nous observons dans les spécimens d'autres espèces, qui n'ont existé que durant le dépôt d’une seule bande dans notre bassin.
Les principales localités, dans lesquelles nous avons recueilli cette espèce, sont les suivantes, pour lesquelles nous indiquons les horizons correspondants :
ga — Hluboéep.
g1 — à l'aval de Chotecz.
f2 — Konieprus — Mnienian.
Dlauha Hora.
e2 Collines entre Luzetz et Lodenitz.
Lochkow.
ei — Butowitz.
Résumé et conelusions de cette étude.
Les exemples, qui précèdent, suffisent pour montrer, que les rares Brachiopodes, qui ont joui d’une grande longévité en Bohême, w’ont offert dans leurs apparences que de faibles variations, dont l'intensité ne dépasse pas celle des variantes contemporaines de leurs types spécifiques et qui ne pourrait pas servir à fonder des variétés distinctes.
Ces variations se manifestent sur divers horizons superposés et elles ne sont point graduées suivant les âges géologiques. dans une même direction.
Dans la première partie de cette étude, nous. avons exposé d'autres exemples, démontrant que la plus grande fréquence des
Brachiopodes siluriens de la Bohème. 89
individus d’un même type spécifique ne pouvait être considérée, ni comme cause efficiente, ni même comme une circonstance constamment concomitante de lapparition des variétés.
Ainsi, notre double recherche n’a pu nous faire découvrir, ni dans la fécondité, ni dans la longévité de nos espèces de Brachiopodes, aucun indice de la cause, qui produit leurs variations, ni même des circonstances indispensables qui les accompagnent.
V. Relations chronologiques entre les types spécifiques et leurs variantes et variétés.
L'étude des variétés des types spécifiques a occupé plusieurs savants, principalement à l’occasion de leurs recherches sur les Ammonites. Mais, ces recherches étant entreprises dans l'intérêt des théories de l’évolution, l'attention de ces paléontologues à été principalement concentrée sur les variétés postérieures au type et apparaissant successivement sur des horizons superposés. M. le Doct. W. Waagen a proposé le nom de Mutations pour toutes les variétés de cette catégorie. Cette dénomination peut trouver son application utile, en l’opposant à celle de Variété, réservée pour les formes contemporaines du type et qui peuvent lui être associées, au même titre que les mutations successives.
Cependant, le nom de variété appliqué aux formes contemporaines du type, ne suffit pas pour toutes les distinctions nécessaires, suivant les relations chronologiques, qui peuvent exister entre ce type et les formes qui lui sont adjointes.
Nous avons essayé de représenter ces relations diverses, dans le diagramme qui suit. Nous faisons abstraction des variantes, auxquelles nos observations s'appliquent comme aux variétés.
Le type spécifique est figuré par une bande verticale, plus large que les autres bandes parallèles, représentant les variétés.
Les limites horizontales, entre lesquelles l'existence du type est comprise sur notre diagramme, ne sont pas celles d’un étage déterminé. Elles peuvent embrasser, au contraire, plusieurs étages ou faunes partielles.
90 Variations observées parmi les
Nous établissons 2 sections, l’une à gauche et l’autre, à droite du type, pour figurer séparément les variétés contemporaines et les variétés postérieures.
La première section, placée à gauche, représente les 6 combinaisons, que nous concevons comme possibles, dans les relations entre le type et ses variétés, entièrement ou partiellement contemporaines.
La seconde section, placée à droite, représente la série des variétés postérieures au type, €. à d. des mutations successives. Cette série pourrait être indéfiniment prolongée et ramifiée.
Notre première section peut être subdivisée en 2 catégories, suivant que les variétés contemporaines apparaissent avec le type, ou bien pendant la durée de lexistence de celui-ci.
Dans chacune de ces 2 catégories, nous concevons 3 combinai- Sons, Savoir :
En commençant par la gauche:
{ (1) Variété apparaissant simultanément avec
| le type et disparaissant avec lui.
(2) Variété apparaissant simultanément avec 1ère Catégorie : L le type et disparaissant avant lui.
(3) Variété apparaissant simultanément avec le type et survivant à la disparition de celui-ci.
{ (1) Variété apparaissant après le type et disparaissant avec lui.
gène Catégorie: (2) Variété apparaissant aprés le type et disparaissant avant lui.
(3) Variété apparaissant après le type et survivant à la disparition de celui-ci.
Nous supposons, dans chacune des 1èr° et 2ème catégories, que la variété (3), qui survit au type, ne se propage pas au-delà d’une hauteur limitée et qu’elle n’est accompagnée d’aucune nouvelle variété. Dans le cas, au contraire, où elle se propagerait verticalement sur une hauteur considérable et où elle serait accompagnée par de nouvelles variétés, celles-ci se rangeraient naturellement dans des catégories semblables à celles que nous indiquons dans notre diagramme.
Diagramme figurant les relations chronologiques, qui peuvent exister entre un type spécifique et ses variétés.
Horizon de l'extinction apparente du type ur que .
Etendue verticale comprenant | un Ou | plusieurs étages locaux.
Horizon de la première | apparition | connue du type ne fique . . RAR | D