V. Distribution verticale des espèces
D’après les documents que nous venons d'exposer, au sujet des genres de nos Brachiopodes, très inégalement répartis entre nos 3 faunes générales, on doit s'attendre à une répartition des espèces, non moins inégale entre les mêmes faunes. C’est ce que nous constatons dans le petit tableau qui suit, en rappelant, pour chaque faune, le nombre des genres à côté du nombre des espèces.
Nombre des espèces distinctes par grande faune, en Bohême.
Moyenne ere Nombre absolu Le Faunes siluriennes Etages espèces des genres | des especes || par genre Faune troisième E-F-G-H 23 521 22.65 Colonies } 15; Faune seconde . A OT 13 {1247139 10.69 Faune primordiale . . . . C 2 2 1.00 38 662 Réapparitions entre les grandes faunes :
I, Il et III à déduire. . —12 Me ee Nombre des genres et des espèces . . 26 640
Ce tableau nous montre, que la faune primordiale de notre bassin ne nous a fourni jusqu'à ce jour que 2 espèces, c. à d. un nombre très exigu et seulement 1 espèce par genre.
Dans la faune seconde proprement dite, nous avons reconnu 124 espèces ou variétés et 15 dans les Colonies, ensemble: 139. La moyenne du nombre des espèces par genre s'élève à 10.69.
Dans la faune troisième, 23 genres ont fourni 521 espèces, c. à d. en moyenne 22.65 espèces par type générique.
Fe PEAR
dans le bassin silurien de la Bohême.
Les moyennes du nombre des espèces par genre ne semblent s’accroître suivant aucune loi apparente, mais la rapidité de l’augmentation est frappante, surtout en passant de la faune primordiale à la faune seconde.
Etendons maintenant nos observations sur la distribution des
de notre bassin.
espèces de nos Brachiopodes, entre les bandes, ou horizons fossilifères
Distribution des espèces de Brachiopodes dans les bandes superposées.
Maire PR UG p as d communes Fiages Bandes FA ou nombre à 2 bandes apparitions d 822 contigues (4) | (2) (3) (4) | (5) | | h1 6 0.007 | , g3 9 0.011 ; G . g2 10 0.012 x g1 55 0.067 | } 24 F (12: 2929 0.270 19 LACS | f1 93 0.028 | }13 > Pe2rse 293 0.357 À 21 : PE 39 0.039 pu 11 0.013 | 4 entre [Se d5. 40 0.049 “ ns ‘ 8 0.010 po entre {4 D. MAT es 40 0.049 \ 7 METRE 18 0.022 | 2 dass 11 0.013 Ë | d1. 42 0.051 ALCSASER 2 0.002 822 1,000 | |
1. Ce tableau nous montre dans la col. (3) l’extrême inégalité qui existe entre nos bandes, sous le rapport de leur richesse en
espèces de Brachiopodes.
180 Distribution verticale des Brachiopodes
La faune primordiale est réduite à 2 espèces très rares.
Dans la faune seconde, en faisant abstraction des Colonies dans d4 et d5, le maximum des apparitions 42 appartient à la bande initiale d1. Mais, il se reproduit presque entièrement par le nombre 40 dans les bandes d4 et d5.
Dans la faune troisième, l’irrégularité signalée est encore plus frappante. En effet, la bande eZ présente le maximum de 293, qui se manifeste brusquement dans la seconde phase de notre faune troisième, tandisque la première phase n'offre que 32 apparitions dans e1. Il y a donc une augmentation soudaine, dans le rapport d'environ 1 à 9.
La richesse de la bande f2, 222, quoique très considérable, annonce une décadence dans la vitalité de nos Brachiopodes, dont les bandes suivantes indiquent la rapide défaillance. On voit que le nombre des apparitions est réduit à 55 dans la bande g1, ensuite à 10 dans la bande g2, tandisque les nombres 9 et 6 terminent la série, dans les bandes g3—h1.
Il serait impossible de rendre raison de ces irrégularités. Bien que nous puissions attribuer à la présence du calcaire une grande influence sur la fréquence des Brachiopodes, nous devons reconnaître, que cette influence n’est pas la seule, puisque les bandes calcaires de notre division supérieure présentent une richesse si inégale en espèces.
D'ailleurs, on voit que les bandes purement schisteuses et siliceuses d1—d4—d5, possédant chacune au moins 40 espèces, se montrent plus riches que les bandes totalement calcaires f1—g 3. Elles sont peu inférieures en richesse à la grande masse de calcaire gi.
Il serait bien difficile d'expliquer par les théories ces brusques et amples oscillations en sens opposés, dans un bassin si exigu.
Pour résoudre cette difficulté, certains paléontologues suggèrent qu'on doit avoir recours aux effets des migrations. Mais le bassin silurien de la Bohême n’est pas le seul qui présente les mêmes contrastes. Il faudrait donc appliquer partout la même ressource des migrations.
On doit se demander où se trouvent les centres de diffusion, qui ont peuplé de Brachiopodes tous les bassins connus. Dans l’état
dans le bassin silurien de la Bohême. 181
actuel de la science, ces centres supposés nous font l’effet d’un mythe, que l'imagination place partout et que la réalité ne nous montre nulle part.
En outre, chaque contrée ne peut fournir que les Brachiopodes qu'elle possède. Or, la Bohême ne nous montre qu’un nombre relativement peu considérable d'espèces étrangères, qu'on pourrait concevoir introduites par l'immigration. La difficulté reste donc presque entière à résoudre.
2. Dans la col. (4) de notre tableau, nous exposons pour chaque bande la proportion représentée par ses espèces dans le nombre total 822 des apparitions constatées dans notre bassin.
La bande e2, par son maximum 293, fournit la fraction 0.357 du nombre total, c. à d. plus de 1.
La bande f2 ne représente que la fraction 0.270 c. à d. un peu plus de }.
On voit que les autres bandes n’ont fourni qu'une minime proportion. Parmi elles cependant, la bande g1 se distingue par le chiffre de 0.067.
Par une singulière bizarrerie, les minima extrêmes correspondent aussi aux bandes fossilifères extrêmes € et h1, qui présentent les proportions 0.002 et 0.007.
L'existence des Brachiopodes, dans notre bassin, pourrait done être comparée à une grande oscillation, dont le point culminant correspond à notre bande e2. Ce fait, bien constaté, non seulement pour nos Brachiopodes, mais pour nos Céphalopodes, ...&. contribue à montrer, que nos faunes partielles constituent une série continue, représentant le grand ensemble de la période silurienne, plus complète en Bohême et plus distincte que dans aucune autre contrée paléozoique.
Connexions spécifiques par les Brachiopodes entre les bandes contigues.
3. La col. (5) est destinée à constater les connexions verticales immédiates, ©. à d. qui dérivent de la propagation des espèces entre les bandes consécutives. Nous nous bornons à cette indication sur Je tableau, parcequ'il serait trop compliqué de représenter les con-
182 Distribution verticale des Brachiopodes
nexions de chacune des bandes avec toutes les autres. Mais nous allons exposer les plus importantes.
En parcourant la col. (5), on voit que les plus nombreuses connexions entre 2 faunes partielles, consécutives, se manifestent, au nombre de 21 espèces, entre les bandes e1—e2 et au nombre de 24, entre les bandes f2—g 1.
On doit être étonné de ne trouver que 13 connexions spécifiques entre les bandes e2—f1. Mais cette irrégularité s'explique d’abord, parceque la bande f1 semble ne pas exister sur une grande partie de la surface de notre bassin et ensuite parcequ’elle est peu accessible dans la contrée où nous connaissons sa présence.
Les bandes f1—f2, ayant 12 espèces communes, sont liées entre elles à peu près au même degré que les bandes e2—f1.
On doit remarquer l'absence de toute connexion spécifique par les Brachiopodes, d’abord entre notre faune primordiale, étage €,
et la première phase de notre faune seconde, renfermée dans notre bande d1.
Ce fait, déjà constaté ci-dessus, doit moins nous étonner que celui de sa reproduction entre les faunes de d1—d2, qui n’ont aucune espèce commune de Brachiopodes. Cependant, le contraste entre les schistes argileux, très fins, de d1, et les quartzites ou schistes grossiers de d2, doit nous aider à concevoir la cause de ce phénomène.
Connexions spécifiques par les Brachiopodes entre la bande e2 et les bandes plus ou moins éloignées, en remontant.
Nous devons maintenant appeler lattention sur les connexions spécifiques les plus importantes, qui existent dans notre bassin, entre la bande e2 et les bandes superposées.
1. Le tableau p. 179 nous montre, qu'entre la bande e2 et la bande f1 il existe 13 connexions spécifiques. Ce nombre représente la proportion de 13 = 0.56. Cette fraction très élevée serait encore plus considérable, si les roches de la bande f1 étaient plus accessibles, pour nos recherches.
2. On doit observer que les bandes e2—f2, qui possèdent la plus grande richesse en Brachiopodes, présentent aussi de très
dans le bassin silurien de la Bohême. 183
nombreuses connexions, qui témoignent de la continuité et de la régularité dans la succession des faunes partielles de notre grande faune troisième.
En effet, nous comptons entre ces 2 bandes 54 espèces communes. Elles représentent parmi les espèces de f2 la proportion Des == 0.24.
Cette proportion d'environ un quart, doit être remarquée, surtout, parceque les bandes e2—f2 sont séparées par f1, qui, ne montrant que 23 apparitions, nous indique une lacune, malgré laquelle les espèces de e2 se sont propagées vers le haut.
L'absence de la bande f1 sur une partie considérable de notre bassin pourrait peut-être s'expliquer, en concevant qu’elle n’a pas été déposée dans cette contrée. En effet, sur le contour de la surface occupée par la bande f2, entre Konieprus et Mnienian, nous n'avons jamais pu découvrir la présence de la bande f1, ni aucun des fossiles qui la caractérisent particulièrement.
Au contraire, comme par une sorte de compensation, dans la région où la bande f1 est le mieux représentée, c. à d. dans le vallon de Radotin, en remontant vers Lochkow, et dans le ravin qui descend de Kozoïz, la bande f 2 semble manquer complétement. Dans ce cas, la bande £1 est immédiatement recouverte par la bande g1, Sans aucune trace de discordance.
Les 54 espèces, qui établissent de si remarquables connexions entre les bandes principales e2—f2, peuvent être facilement retrouvées sur notre tableau nominatif, qui accompagne ce travail. Pour faciliter cette recherche, nous indiquons dans le petit tableau, qui suit, le nombre des espèces qui sont fournies par chaque genre. Dans le second tableau, toutes ces espèces sont nommées.
Le premier de ces tableaux nous montre, que 12 genres ont contribué à établir des connexions entre les bandes e2—f2. Comme le nombre des types génériques représentés dans la bande f2 est seulement de 17, on voit que la majeure partie d’entre eux, c. à d. presque les 3, ont fourni un contingent. (C’est encore une preuve de la continuité de la même grande faune silurienne.
C’est le genre Atrypa qui offre le maximum 15, parmi les espèces nommées sur notre deuxième tableau. Au second rang se montrent Rhynchonella et Pentamerus chacun avec 7 espèces. Les genres Spirifer et Strophomena occupent le troisième rang, chacun
184 Distribution verticale des Brachiopodes
avec 6 espèces. Les autres genres ne présentent que des chiffres inférieurs jusqu’à l'unité.
Nombre des formes de Brachiopodes communes aux deux bandes e2—f2.
Nombre Nombre des des formes formes communes communes
. Atrypa +. . . . . Dalm. | 15 7. Merista . Chonetes . . . . Fisch. 8. Orthis
MONTtIAR - UP Dalm: | 9. Pentamerus
. Cyrtina . . . . Davids. 10. Rhynechonella . Fisch. Discina 0: 7-0. 0 Eam: 11. Spirifer . . . . Sow. “Tingula :: ..:2>"PBrug. il 12. Strophomena . . Rafin.
Ensemble: 54 espèces. (Voir p. 185.)
3. Entre les bandes e2—g1, nous constatons encore des connexions très remarquables. Elles consistent dans 14 espèces, représentant 7 genres divers. Comme le nombre total des espèces de Brachiopodes, qui se trouvent dans g1, est de 55, les 14 espèces communes avec e2, représentent la proportion 4 = 0.25. On voit que ce chiffre est presque identique avec celui qui exprime la proportion correspondante des espèces de eZ qui reparaissent dans f2.
Les connexions par les Brachiopodes se sont donc maintenues d’une manière constante, entre les bandes f2—g1 et e2.
Voici le noms des 14 espèces de e2, que nous retrouvons dans g1.
1. Atrypa obovata . . . Sow. | 8. Pentam. linguifer . . . Barr. 2. A: reticularis Linn. sp. | 9. Rhynch. nympha . . . Barr. Lt These" UBaEr.) 10. Rh: princeps . . . Barr. 4. Chonetes embryo . . . Barr. | 11. Stroph. comitans . . Barr. 5.1Ch: tardus a ABa re. Sir. emarginata . Barr. 6. Merista: ‘passer 1 Barr. 413: :Str. Phillipsi . Barr. LE
Orthis honorata . . Barr. | 14. Str. rhomboidalis Wilck.
dans le bassin silurien de la Bohême. 185
Tableau nominatif des espèces communes à nos deux bandes e 2—f2.
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AUDE 9. VPN DAT. + ŒRTOE AS le route #7 ARS .’canaliculata:.… :,/492/Barr. -elegantula. : . . . . ‘ Dalm. HCOMPTESEA. 2: RER NON. 3. HONOTATA Eté 2 2108 00 MBA HDOrMIZErT : V1 CUBATE. MANTOT)OE AE ae veu Lee D AEEz meranulifera :." Mit MP: Barr.
. inelegans . . . . . . . Barr. | Pentamerus . . . . . . . . Sow. - insolita . . . . . . . . Barr. RAIN PEN Se cccisA Hat ipouata : .". - «VV bucl: Minterer ny ue: NN DATE. + Obovata . . . . . . . . Sow. DDR EN er, LC SOW: + Philomela . . . . . . . Barr. Hoptatus te 26 Lt. di Barr: . reticularis . . . . . Linné sp. . proximus? . . . . . . . Barr. - SErva . . . . . . . . . Barr. ACTUS td te CA DArr.
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