‹ Bradycardies et Faisceaux de HisChapitre 17 sur 77 · AD · texte numérisé non relu

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Ces arguments, on le voit, ne sont pas concluants, ils nous apprennent que les nerfs destinés à agir sur la force des contractions ventriculaires abordent le ventricule directement par voie externe et agissent sur lui directement. Quant aux influences modifiant la fréquence des contractions ventriculaires, deux chemins leur sont offerts : elles peuvent suivre les nerfs ventriculaires directs et agir directement sur les ventricules tout comme les influences modificatrices. de force ; mais elles peuvent aussi aborder le ventricule par la voie du faisceau de His, et c’est ici que les myogénistes leur refusent le trajet nerveux et leur imposent une propagation musculaire. On voit à quel point cette argumentation est théorique.

D'ailleurs, les partisans de la théorie myogène de la contraction cardiaque sont obligés, malgré tout, d’attribuer au système nerveux extracardiaque un rôle capital.

Nous empruntons à Muskens la citation suivante (influence dromotrope du vague) : « Comme Gaskell et Engelmann, je constatais que la prolongation de l'intervalle entre la contraction de l'oreillette et du ventricule est un effet très fréquent de la stimulation du pneumogastrique, notamment dans les cœurs de Rana Catesbeiana et aussi Temporaria, dans lesquels la circulation était intacte.

« Chez plusieurs de ces animaux on peut observer cette influence déjà avec des irritations très faibles. Dans ces cas on peut voir, si on enregistre le ventricule et l'oreillette séparément, qu'avec des 1rritations plus fortes cet intervalle grandit de plus en plus, jusqu’à at-

A teindre une limite à laquelle la contraction du ventricule doit disparaître complètement...

« La même relation qui existe pour l’oreillette et le ventricule, existe aussi pour le sinus et l'oreillette. Si les deux intervalles sinus-oreillette et oreillette-ventricule sont prolongés, l'intervalle entre le sinus et le ventricule peut être rendu considérable... »

Muskens prétend même, qu'avec des appareils enregistreurs suffisamment sensibles, il peut dissocier les différentes parties du sinus en agissant sur le pneumogastrique.

On voit quel rôle capital les partisans de la théorie myogène sont obligés d'attribuer au système nerveux intracardiaque, ces nerfs interviennent, pour ainsi dire, à chaque moment de la vie cellulaire du cœur. À chaque instant ils modifient l'excitabilité, la conductibilité, la contractibilité de la substance musculaire. Rien ou presque rien ne se fait sans eux, et la multitude de leurs ramifications témoigne de l'importance de leur rôle. En vérité, on peut hésiter à admettre que, st indispensables au fonctionnement de l'organe, ce ne soient cependant pas eux qui le commandent, comme ils le font dans les autres muscles".

3° EXPÉRIENCES RÉCENTES DES NEUROGÉNISTES (PAUKUL)

Héring, en 1905, quand il rapportait le résultat de ses expériences, et, quand il concluait en faveur de la théorie myogène, invitait les neurogénistes à donner une preuve décisive du rôle joué dans le phéno-

1 Mollard, loc. cit., p. 226.

Sr j'Eers mène de transmission par les fibrilles nerveuses entourant le faisceau musculaire de His. Tant que cette preuve ne sera pas donnée, disait-1l, les myogénistes n'auront aucune raison pour abandonner leur théorie. Il est évident qu'il n’y a qu’une façon de démontrer expérimentalement le rôle joué par les fibrilles nerveuses interauriculo-ventriculaires dans le phénomène de transmission de l’excitation, c’est de sectionner indépendamment fibrilles nerveuses et fibrilles musculaires, Nous n’insisterons pas sur les difficultés que doit présenter une semblable expérience. Cette expérience a pourtant été réalisée par un élève de Kronecker, M. Paukul, de Dorpat, qui au VIT Congrès international de Heidelberg le 13 août 1907! en a donné les résultats suivants : 1{ put sectionner isolément les éléments musculaires du faisceau, sans observer de trouble du rythme cardiaque, seule la section des éléments nerveux fut suivie d'allorythmie.

M. Léon Fredericq, dans la Revue générale des Sciences du 15 février 1908, donne un bref compte rendu de la communication de Paukul et conclut : « il faut admirer sans réserve une pareille virtuosité expérimentale ».

Il ne nous appartient pas de juger une expérience d’après les difficultés qu'elle comporte, nous devons nous en tenir aux résultats formulés par l’auteur, et ceux de Paukul sont catégoriques : la {ransmission de l'excitation de l'oreillette au ventricule se ferait par voie nerveusé el uniquement par voie nerveuse.

1 C; R, Congrès, p. 78;

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Paukul apporte encore à l'appui de la transmission par voie nerveuse de l'excitation cardio-motrice, de nouveaux arguments : Ayant lié au moyen de fils de soie les fibres musculaires connectives inter-auriculoventriculaires sans léser le tissu de voisinage, il n'observe pas de dissociation : si au contraire il comprend dans cette ligature les tissus environnants, il voit la dissociation apparaître, et il conclut: « On peut affirmer que ce sont les éléments nerveux environnants le faisceau de His qui interviennent pour transmettre la pulsation de l'oreillette au ventricule ; et que ce réseau nerveux fonctionne à la façon d’un centre. Ces trajets nerveux peuvent se trouver tout près du faisceau mais aussi ailleurs, la ligature exécutée dans d'autres régions, par exemple, dans la région des veines caves (Kronecker et Nadine Lomakina), peut également aboutir sur des cœurs de lapin à la dissociation entre les oreillettes et les ventricules ».

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