INTERPRÉTATION PAR L'AUTEUR
Au début nous avions affaire à un trouble de la propagation contractile, qui avait pour conséquence la longue durée de la transmission et l'absence de chaque deuxième systole ventriculaire.
Plus tard le trouble de transmission s'aggrava et la propagation fut complètement interrompue. L'auteur admet une lésion progressive, probablement scléreuse du faisceau :
« Peut-être au cours des attaques, la dissociation était-elle, dès le début, complète, pour redevenir incomplète entre les attaques. »
OBservarTioN XIII E. Schreiber. — (Magdebourg) (Archiv für klinische Medizin, 1907, n° 89, p. 277).
Ueber Herzhlock beim Menschen.
Il y a quelque temps, j'ai observé un cas de Herzblock, dont il me paraît intéressant de rapporter l'observation :
Le 25 juillet, entra dans mon service un maçon âgé de quarantecinq ans. À part une rougeole qu'il eut dans la première enfance et une fracture de la jambe en 1902, le patient n’a présenté aucune autre maladie ; son père est mort d’affection inconnue, il a une sœur atteinte d’affection cérébrale ; sa mère, ainsi que ses autres frères et sœurs et sa femme sont bien portants. De ses douze enfants, cinq ont été atteints de convulsions dans la première enfance, l’un d’eux est mort. Il a usé modérément de l'alcool et ne paraît pas avoir eu de maladies infectieuses, il ne présente pas de stigmates de syphilis.
Le 8 août 1905 1l fut atteint d’un coup de marteau qui lui fit une blessure cutanée au niveau de la malléole interne gauche, la blessure guérit bien et le malade fut rétabli en quelques jours. Mais dix Jours après l'accident, tandis qu’il se trouvait äu lit, il
fut atteint deux fois à de cours intervalles de pertes de connaissance avec vomissements et diarrhée. Le lendemain il remarqua que son cœur battait lentement. Le médecin traitant le D' Kirchein fut appelé pour lui prodiguer des soins. Il le trouva dans l’état suivant :
La matité cardiaque n'est pas augmentée. Le pouls est fortement frappé, il est de force égale et régulier, il bat entre 18, 20, et 24 à la minute. À l'auscultation, les bruits du cœur sont purs, mais fortement frappés. Entre les deux bruits, clairemententendus et auxquels correspond une pulsation radiale, on entend un bruit vague, très léger, auquel il est impossible de rapporter une pulsation correspondante, Ce bruit manquait au niveau des gros vaisseaux du cou.
A ces malaises du côté du cœur s’ajoutèrent quelques jours après des attaques qu’il me fut permis d'observer et qui se comportaient dela façon suivante : le patient éprouvait d'abord une impression de serrement de cœur, puis subitement se produisait un arrêt du cœur qui persistait (à l'examen pratiqué à l'aide d’une montre), de vingt à vingt-cinq secondes, les bruits du cœur n'étaient pas perceptibles. Le pouls qui jusqu'alors avait été parfaitement palpable disparut, le patient devint très pâle tomba dans un sommeil profond et resta sans connaissance. Les membres étaient à moitié repliés, les yeux tournés en haut. Le visage se colora subitement en rouge, les battements du cœur reparurent, et le patient qui jusqu'alors était resté insensible reprit connaissance. Je pus à quatre ou cinq reprises observer des attaques analogues. En dehors de ces attaques. il n'y avait aucun signe de faiblesse cardiaque et même pendant le surmenage du cœur dans la position debout, dans la marche, dans les efforts, aucun malaise, aucune diminution dans la fréquence du pouls ne se produisait. Aucune cause locale de ralentissement du pouls telle qu’une compression des nerfs du cœur par une tumeur ne put être décelée. L'état s’améliora, dès que le patient qui au début avait été traité par l’iodure de potassium, eut été mis au régime du fer, de l’arsenic, à une diète sévère, qu'il eut pris des bains froids avec frictions énergiques de la peau, qu'il se fut adonné à la gymnastique, aux mouvements actifs et passifs. Par là, l’état s'améliora. Les attaques cessèrent, la fréquence se maintint autour de 4o ou de 60 à la minute, Dans les derniers temps, vraisemblablement à cause de l’impression psychique qu'il ressentit en apprenant la gravité de sa maladie, son état s'aggrava un peu, [l est à signaler qu’à l'examen du système nerveux or trouva une exagération manifeste de tous les réflexes, la
musculature réagissait fortement au choc direct, Le réflexe conjonctival était seul fortement diminué.
Les attaques ainsi décrites se sont depuis quelques temps renouvelées journellement, leur durée varie et leur nombre s'élève jusqu’à vingt par jour. Dans l'intervalle persiste une impression très marquée de vertige, de la faiblesse respiratoire, des éblouissements, une sensation de chaleur. Puis les battements du cœur s'arrêtent, en même temps se produit la perte de connaissance qui a été signalée plus haut. "Les attaques ont lieu le jour, le patient n'en présente pas la nuit.
Le malade présente un bon état général, mais son regard est fixe et inquiet. Le cœur est en position normale comme l’a montré l'examen radioscopique, la pointe n’est pas sentie. Les bruits du cœur sont sourds, on entend par moment entre les deux tons, un bruit faible et vague. Les extrasystoles peuvent être éliminées avec certitude. Le pouls radial est régulier, sa fréquence varie entre 24 et 30 pulsations à la minute, le pouls est d'amplitude et de tension normales. Dans la position étendue il y a au niveau du pouls une pulsation veineuse bien visible, celle-ci disparaît dès que le malade se lève. On voit alors seulement une pulsation carotidienne correspondre à la pulsation radiale. La hauteur de l’ondulation veineuse est très variable, En règle il y a 3 ondulations veineuses pour une pulsation radiale, exceptionnellement pourtant il y en eut 4.
An niveau de la carotide on n'entend aucun bruit. Pendant les mouvements violents, il se produit une accélération du pouls. La radiale, ainsi que la temporale ne présentent aucune trace d’artério-sclérose. La pression du sang mesurée un matin pendant le repos donne au Gartner 100 millimètres.
Les poumons ainsi que les organes abdominaux ne montrent aucune altération morbide. Du côté du système nerveux, indépendamment d’une légère exagération des réflexes, il n’y a aucune altération. Les urines d’abondance normale ne contiennent aucune substance anormale. Et les examens ultérieurs furent toujours identiques.
Pour compléter l'analyse de l'activité du cœur, j'ai pris à des moments différents des courbes du pouls qui présentèrent toutes les mêmes caractères :
La courbe de la jugulaire montrait un crochet C qui correspondait au soulèvement carotidien (il se produisait un peu avant la pulsation radiale; ; puis deux soulèvements intermédiaires...
Les extrasystoles ou les contractions frustes (Quincke-Hochhaus) purent être éliminées avec certitude par l'étude de ces
courbes et aussi par l'examen radioscopique, le diagnostic se posait seulement entre un pouls bigéminé (Herz-Bigeminie) ou un Herz- Block. Comme les cas de pouls bigéminé vrai n’ont jamais été observés, cette hypothèse nous parut invraisemblable et elle fut éliminée. Dans l'hypothèse d'un herzblock, il restait à établir si c'était l’activité de l'oreillette droite ou de l'oreillette gauche qui était intéressée. Or ces ondes jugulaires qui se suivaient à des intervalles égaux pouvaient ètre produites seulement par la contraction de l'oreillette droite, puisque on pouvait éliminer avec certitude une insuffisance tricuspidienne et un pouls en retour.
L’'injection sous-cutanée d’un milligr. d'atropine resta sans résultat.