‹ Bradycardies et Faisceaux de HisChapitre 66 sur 77 · MN · texte numérisé non relu

MN

Depuis l’âge de trente ans, il est sujet aux épistaxis : ces épistaxis sont survenues à peu près tous les deux ans, chaque fois très abondantes et prolongées pendant trois ou quatre jours, il persiste apres elles une grande faiblesse. Ces hémorragies se produisent le plus souvent la nuit,

En 1899, ayant terminé son temps de service il resta en Algérie, où il exerça, jusqu'à cette année, sans trop de fatigue, son ancien métier de colporteur.

Il y a trois semaines étant allé en Alsace rejoindre les siens, il éprouva une vive émotion en apprenant que son frère, ayant déserté l’armée allemande, avait été constitué prisonnier. A cette nouvelle, il perdit connaissance, tomba sur le sol, sans présenter de mouvement convulsifs violents, il fut capable de se relever seul quelques minutes après, il avait perdu ses urines, ne s'était pas mordu la langue,

A la suite d'émotions nouvelles, il fut pris dans la rue de battements de cœur, ses jambes fléchirent, il tomba, resta quelques secondes sans connaissance, il put se relever, il avait eu comme dans la crise précédente une miction involontaire, ne s'était pas mordu la langue, n'avait pas présenté de mouvements cloniques violents.

Il se trouvait alors à Mulhouse et fut conduit, à la suite de cette crise, à l'hôpital où il resta du 26 novembre au 4 décembre 1907.

27 novembre. — Etant à l'hôpital de Mulhouse, il fut pris d'une nouvelle crise qui présenta les mêmes caractères que les précédentes. Il ne sait pas dire quel traitement lui fut institué.

28 novembre. — Le lendemain de la crise, il fut pris d’une épistaxis abondante qui persista, plus ou moins intense, quatre jours; on lui fit un tamponnement postérieur des fosses nasales, Il se trouvait très affaibli.

4 décembre. — I] quitta Mulhouse, vint à Belfort puis à Lyon, il souffrait toujours d'une grande faiblesse.

15 décembre. — La veille de son entrée à l'hôpital, il est pris dans la ruc d’une crise avec chute, il peut se relever seul et gagner sa chambre.

16 décembre. — Il est reçu à l'Hôtel-Dieu, au n° 49 de la salle Sainte-Elisabeth.

A L'entrée, C'est un homme encore vigoureux, mais amaigri; il présente de fines varicosilés de la face. La marche est difficile, légèrement spasmodique, avec des intermittences de raideur et de faiblesse, surtout marquées au niveau de la jambe droite.

Les réflexes rotuliens sont très brusques, la secousse se généralise au membre tout entier. Ce phénomène est surtout marqué du côté droit, il n'y a pas de trépidation épileptoïde, ni rotulienne, pas de signe de Babinski.

On note une analgésie légère, généralisée, il y a du tremblement des doigt. |

Les pupilles réagissent bien à la lumière et à l’accommodation. ‘

Le foie ne dépasse pas les fausses côtes, la rate ne paraît pas grosse.

Il existe une polyurie avec mictions fréquentes et impérieuses, il a uriné environ deux litres cette nuit, il est obligé d'uriner trois fois pendant l'examen; les urines sont claires, elles ne contiennent ni sucre, ni albumine.

Cette polyurie, au dire du malade, aurait apparu, il y a seulement trois semaines, à la suite de la première crise.

A l'examen de l'appareil respiratoire on note un degré marqué d’emphysème sans bronchite actuelle.

C'est surtout l'appareil circulatoire qui retient notre attention :

On compte à la radiale 46 pulsations régulières, la radiale n'est pas dure, la tension ne paraît pas exagérée.

Cœur. La pointe bat assez fortement dans le V® espace, au niveau de la ligne mamelonnaire.

A l’auscultation de la pointe, le premier bruit est lent, prolongé, il n’est pas soufflant.

A l’auscultation de la base : éclat exagéré du deuxième bruit. On compte 46 révolutions cardiaques, on n'entend aucun bruit surajouté pendant le grand silence.

Les jugulaires ne sont pas turgescentes, il n’y a aucune trace de pouls veineux.

Il n’y a pas d’æœdème des jambes.

21 décembre. — Le malade a pris une crise ce matin, il est resté quelques secondes seulement sans connaissance, n’a pas présenté de mouvements convulsifs.

Le pouls est à 42 sans trace de bigémination.

On voit ce matin au niveau du bulbe des jugulaires des pulsations fréquentes ne présentant pas de relation de synchronisme avec les pulsations radiales. Elles sont au nombre de 90 environ, difficilement comptables certaines étant très faibles. à ces pulsations veineuses s'ajoute le soulèvement carotidien synchrone au choc de la pointe du cœur.

A l’auscultation du cœur : on note dans la région méso-cardiaque une prolongation du deuxième bruit, une sorte de dédou-

blement à peine ébauché que l’on peut considérer comme une systole avortée, une systole en écho; à ce bruit surajouté correspond une ondulation veineuse. Mais l’ondulalion veineuse conséculive correspondant au grand silence n’est accompagnée d'aucun bruit perceplible à l’auscultalion du cœur, rene soin que l'on melle à cette auscultation.

22 décembre. — Même phénomène qu'hier à l’auscultation du cœur,

Le malade se trouvant debout à côté de son lit a eu à deux reprises ce qu'il appelle « une absence », il n’est pas tombé parce que ses voisin ont eu le temps de le soutenir; il a perdu ses urines,

26 décembre. — Hier soir, sur la région sternale, au niveau des IIT* et IV° espaces intercostaux, on a entendu, à plusieurs reprises, immédiatement après le deuxième bruit, un troisième bruit très sourd. Ce troisième brut correspondait à l’un des soulèvements légers de la juqulaire, l'ondulation jugulaire suivante pendant le grand silence n'élait accompagnée d'aucun bruit.

Ce matin, le premier bruit est prolongé, on ne perçoit aucun bruit pendant le grand silence, il n’y a pas de systole en écho.

Le malade urine beaucoup : 4 litres par vingt-quatre heures.

On prescrit du bromure de potassium à la dose d’1 gramme.

27 décembre. — On ne trouve pas, ce matin, de systole en écho ; le pouls est plus rapide que les jours précédents, 48 pulsations.

Les jugulaires présentent des ondulations légères, 80 environ.

L’examen radioscopique est peu favorable à une interprétation exacte, on voit mal les battements de la partie supérieure droite de l'ombre cardiaque, et il est impossible d'en obtenir une numération précise.

28 décembre. — Ce matin, pouls à 52. Le malade a moins uriné : 3 litres au lieu de 4; c'est la première fois, depuis l’entrée, qu’il urine si peu. Pas de pouls veineux.

22 décembre. — Ce matin, pouls à 48.

Urines : 2 litres 500. Urines claires, ne contenant ni sucre, ni albumine.

2 janvier. — Ce matin, crise avec perte de connaissance, chute, miction involontaire.

Le pouls est à 56. Pas de pouls veineux.

On porte à 3 grammes la dose de bromure de potassium qui depuis le 26 décembre, était d'1 gramme.

5. janvier, — Pouls — 56. Le malade n'a pas eu de crise ; on continue le bromure de potassium à la dose de 3 grammes. 6 janvier, — Urines : 3 litres 500. Sans sucre, ni albumine.

Le pouls est à 6o.

14 janvier. — Hier, le malade se sentait « mal à l’aise ». Il est tombé en se promenant dans la salle ; il a pu revenir seul jusqu'a son lit.

A deux reprises, ce matin, il fut atteint de vertiges; mais, se trouvant assis, il ne tomba pas.

Le pouls est à 54, régulier.

Les réflexes rotuliens ont toujours la même brusquerie, sans différence appréciable actuellement d'un côté à l’autre. On ne trouve pas, à l'examen des divers appareils, de symptômes nouveaux à signaler.

1 Janvier. — Ce matin, à deux reprises, le malade a été pris de vertiges sans chute ; il a perdu ses urines.

18 janvier, — Ce matin, le pouls est à 48. Le malade nese lève pas ; hier il a eu, pendant environ une demi-heure, des sensations vertigineuses, avec ce qu'il appelle « des battements de cœur ».

21 janvier. — Pouls = 58. On supprime le bromure de potassium,

22 janvier. — Pouls = 48. Urines : 3 litres 600.

On note pour la première fois, aujourd'hui, une inégalité pupillaire assez marquée : la pupillé gauche est plus étroite que la droite.

23 janvier. — Pouls — 50.

Le soir, à 6 heures, pouls — 48. On prend un tracé du pouls, qui ne montre aucune ondulation intermédiaire aux pulsations lentes.

29 janvier. — On note l'apparition d'un symptôme nouveau : le malade transpire abondamment, principalement au niveau du front, où la sueur forme de grosses gouttes Il ne souffre pas et la témpérature de la salle est normale.

30 janvier. — Le pouls est à 48.

On pratique l'épreuve de l’atropine :

À 9 h. 45, pouls — 48. On injecte : AU acte d'atropine en injection sous-cutanée :

Ag Bl'haes avr. ose Pouls; 2:44:

Ag: h #55 10e LME Raulniee"(n:

À 10 heures . |. . . Pouls — 68.

Are Biasmeot 2 oiP Roularss 670:

Atio hT 450: rm Poule 78.

et O0 -— ATOS DO LE M POITIS

ARTE DS STE PAT PODIS TE; ALT NAT AO PO ee ce LOUIS "4, A 6 heures dusoir. . Pouls — 48, Al n'ya pas eu de modification des pupilles. | 31 Janvier. — Pouls — 58.

1% février. — Tension de la radiale au HARRCRSEENNe

de Potain — 20.

Hier, 31 janvier, on avait pratiqué à midi une injection $ous- CHIQÉe d'i centimètre cube de bleu de méthylène on ‘fait uriner le malade toutes les demi-heures.

A midi 30. — Teinte vert pâle des urines,

A 2 heures. — Premier maximum de coloration des urines. De 2 heures à 6 heures du soir, la coloration diminue. À 6 h. 30. — Deuxième maximum brusque de coloration per-

sistant jusqu'à 8 heures.

De 9 heures du soir à 3 heures du HT la coloration diminue de nouveau.

À 6 heures du matin. — Troisième maximum de coloration, puis diminution progressive.

Toutefois on note encore, le 2 février au matin, que la coloration des urines a persisté d’une façon intermittente jusqu’à ce matin 6 heures, ét le soir, à 2 heures, les urines étaient encore colorées.

Donc l'élimination complète a mis plus de 48 heures à se faire, présentant 3 maxima et s'achevant d'une façon irrégulière.

6 février. — Le malade accuse des sensations continuelles de froid aux pieds.

13 février. — Epreuve de la glycosurie alimentaire : Elle reste négative, à aucun moment il ne fut trouvé de sucre dans l'urine,

Hier soir, le malade étant dans son lit, à été pris d'uné crise fruste sans perte complète de connaissance, sans émission involontaire d'urine.

Examiné quelques instants après Îa crise, le pouls est trouvé pour la première fois à 60.

Ce matin, il est à 45.

18 février, — Hier soir, le malade étant assis, a été pris d'un vertige, il est tombé de sa chaise, s'est blessé à H tête; on lui à aidé à se relever, il est remonté seul dans son lit,

Un instant après cette crise, le pouls était à 60.

19 février. — Depuis une quinzaine de jours, la fréquence du pouls est sujette à des variations notables :

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Ce matin, il a été trouvé à 42; hier soir, il était à 56. IF n'est pas rare de compter 60.

Le malade a pris l'habitude de se tâter le pouls lui-même ; il a remarqué que quand le pouls battait lentement il avait les jambes lourdes et que c'était à ces moments-là qu'il lui arrivait de prendre des crises.

À Ja suite des crises, au contraire, le pouls est plus rapide, comme nous avons pu le constater nous-même.

20 février. — A 9 heures du matin, le pouls est à 50,

On fait une injection sous-cutanée d’adrénaline (les trois quarts d'une seringue de Pravaz d'une solution au millième) :

A0 02h05. ar AP ous EYE; À, 97h... Sort iPoubi==6r Atto ho 25 Um Pouis=5:67:

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À 6 heures . , .: . Pouls = 56.

21 février. — Pouls — 50. Le malade dit que tant que son

pouls était resté accéléré, il se sentait mal à l'aise, le tremblement qu'il présente habituellement était plus marqué. Il quitte l'hôpital sans amélioration.

Il s’agit ici d'un colonial, ancien alcoolique, arlérioscléreux, névropathe, présentant des troubles bulbaires caractérisés par des ictus frustes, de la polyurie, et une bradycardie partielle.

Il fut trouvé à plusieurs reprises des systoles avortées traduisant un rythme couplé du cœur; mais ces systoles avortées ne suffisent pas à expliquer toutes les ondulations veineuses dont certaines se produisaient en l’absence de tout bruit auditif.

Le malade fut amélioré par le bromure de potassium, l’atropine accélérale pouls (accélération du rythme

TR EE ventriculaire ; on ne peut dire si le rythme auriculaire. fut accéléré).

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Notons enfin la plus grande fréquence du pouls après les crises. |

Hi OBsERvATION IV (Observation recueillie dans le sérvice de M. le professeur Roque.) Bradycardie partielle.

K... A..., vingt-sept ans, menuisier, fit un séjour à Saint- Bruno, Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Roque du 24 septembre 1908 au 8 novembre 1908. (Nous devons cette observation à l'obligeance de notre collègue et ami M. Gignoux alors interne du service).

Diagnostic clinique : Ethylisme. Paludisme : accès antérieurs et actuels. Nervosisme. |

Syphilis (ostéomyélite du tibia il y a un an).

Bacillose pulmonaire fibreuse avec emphysème,

Pleurésie il y a trois ans.

Bradycardie : Pouls à 52, puis à 48.

Douleurs lombaires persistantes, exagération des réflexes rotuliens, ébauche de trépidation épileptoïde, menaces de méningomyélite syphilitique (?)

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