RÉSUMÉ DE L'OBSERVATION
Antécédents héréditaires. — Mère morte d'apoplexie. Père mort à quarante-huit ans de tuberculose pulmonaire, Quatre frères ou sœurs morts l’un accidentellement, un autre à dix-neuf ans de tuberculose pulmonaire, une sœur morte en bas âge de bronchite.
Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à dix-neuf ans, soignée par les bains. Fit son service militaire au Tonkin, a eu les fièvres paludéennes, des accidents hépatiques, pas de dysenterie.
Pendant son service, il contracta la syphilis, il suivit pendant deux ans le traitement mercuriel. Ethylisme aux colonies,
A son retour en France, il fut soigné pendant deux mois et demi à l'hôpital militaire pour une bronchite qui s'est accompa-
se
gnée de fièvre mais sans amaigrissement, sans hémoptysie. A la suite de cette bronchite, il eut un congé de convalescence de trois mois, puis il a SoEte six mois de service en France.
Depuis qu'il est revenu en France, il a continué à présenter des accès paludéens, avec les mêmes caractères que ceux qu'il prenait aux colonies. Ils sont actuellement moins fréquents, seulement tous les mois environ. Le malade ne veut pas prendre de quinine qui lui donne de la surdité.
Pendant son service en Chine, il a été soigné également pour une affection cardiaque qui a nécessité un séjour d'un mois et demi à l’ambulance et a été traitée par la digitale et les pointes de feu. A cette époque, il n'avait jamais eu et n'avait pas alors de douleurs articulaires, mais à son retour en France, après sa libération, il a eu des douleurs rhumatismales ab en localisées à la cheville du pied droit.
Il y a deux ans, il fut soigné à l'hôpital de Tours pour une pleurésie g gauche traitée par la vésication. Il est resté deux mois et demi à l hôpital, a maigri, toussé. Il a bien guéri, mais depuis cette époque il tousse souvent, s'enrhume facilement. N'a jamais eu d'hémoptysie.
En 1907, il fut soigné pendant quatre mois à l'hôpital de Clermont-Ferrand pour des douleurs ostéocopes au niveau du tibia gauche, et il présente actuellement une hypertrophie très nette au niveau de la crête tibiale de ce côté.
Actuellement, depuis trois mois, il se plaint de douleurs dans la région lombaire. Douleurs en ceinture qui au début apparaissaient par instant, en éclairs et qui actuellement sont continues.
Ces douleurs sont assez intenses pour l'avoir obligé à cesser son travail depuis quinze jours, Le malade se plaint de vertiges avec céphalées persistantes.
À l'examen. — Du côté de la colonne lombaire pas de douleurs à la percussion. Le malade se baisse sans souffrir, seuls les mouvements forcés sont douloureux,
Poumons : Aux deux sommets, à droite surtout la respiration est rude, très obscure, pas de craquements.
Cœur : Pointe dans le V® espace. Les bruits sont réguliers, lents. Le premier bruit est un peu prolongé avec un timbre uñ peu roulant.
Le pouls est lent 5o à 52 pulsations synchrones aux pulsations cardiaques.
Système nerveux : Réflexes roluliens très brusques avec ébauche de trépidation épileptoïde,
Pas de troubles sphinctériens.
Pas de troubles oculo-pupillaires, les pupilles sont égales, réagissent bien. |
Le malade est très nerveux, il a de nombreux stigmates de névropathie ; il n’a jamais eu antérieurement de crises convulsives, ni de perte de connaissance.
La température normale oscille autour de 37 degrés.
Les urines de quantité normale, ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Examen de l'œil pratiqué par M. Rollet, professeur de clinique ophtalmologique, a donné les résultats suivants :
Rétrécissement excentrique du champ visuel pour le bleu et pour les couleurs.
Pas de scotome central,
Pupilles normales réagissant bien à la lumière et à l'accommo-
dation.
Acuité visuelle : œil droit un tiers.
OEil gauche un demi.
Pas de lésions du fond de l'œil.
Mouvements oculaires intacts.
Séro-diagnostic tuberculeux pratiqué par M. le professeur agrégé Paul Courmont : Agglutination positive au 1/5, 1/10 et 1/15.
7 octobre. — Depuis que le malade est dans le service, le pouls a toujours été trouvé lent, au voisinage de 48. On n'a Jamais pu saisir ni faux pas, ni intermiltence, ni dédoublement, ni arythmie. T'out est absolument régulier et il n'y a pas autre chose que du ralentissement.
On a également noté à deux reprises, que sous l'influence des mouvements et de l'exercice, le pouls prenait une amplitude apparente plus considérable, mais que le nombre des pulsations ne variait pas.
8 octobre. — Averti par M. Gignoux, interne du service, nous examinons nous-même le malade. Nous trouvons le pouls à 48, plein, régulier, sans trace de bigémination,
La pointe du cœur bat normalement dans le V° espace. L'’auscultation montre des bruits normaux, lents, synchrones aux pulsations radiale et carotidienne. 7! est absolument impossible d'entendre aucun bruil, aucun roulement pendant le grand silence,
Le malade élant dans la posilion horizontale, on voit la jugulaire externe droite, à peine saillante, présenter de très légères ondulations notablement plus fréquentes que les pulsations radiales, atteignant 60 à 80 par minute.
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10 octobre. — Epreuve de l’atropine :
Injection sous-cutanée de deux ters de milligramme de sulfate d'atropine, le pouls étant à 48.
Apres:19 minutes 455: #44 au à 48 — 30 — cie (HR 9 O8 27 Aline us Lo + 340408 ris 00 — 6o — SN en +: 79 — 1 heures 20. HU code — , 60
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On institue le traitement mercuriel : : injections intra-musculaires de biiodure de mercure à la dose de 2 centigrammes.
16 octobre. — Le malade a eu hier un grand vertige. Il était debout, se promenait dans la salle, lorsqu'il a été pris de vertiges et de troubles de la vue, phénomènes qui ont duré environ un quart d'heure et ont obligé le malade à s'étendre sur son lit.
Le matin le pouls est à 68.
23 octobre. — Le pouls est à 60, il y a quelques intermittences.
8 novembre 1908. — Après une série de quatorze injections de biiodure de mercure, le malade part.
Le pouls est à 70.
Il s’agit ici d’un syphilitique, névropathe, chez lequel des troubles bulbaires, sur la nature desquels nous ne pouvons nous prononcer, ont produit de l’irritation dans le domaine du pneumogastrique et consécutivement une bradycardie ventriculaire.