‹ Bradycardies et Faisceaux de HisChapitre 68 sur 77 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Roque et Roubier {Soc. méd. des Hôp. de Lyon, 1907; Province méd., 1907, n° 10, p. 114).

Bradycardie au cours d'une fièvre typhoiïde.

Fièvre typhoïde avec pneumotyphus et phénomènes méningés. Il s’agit d'une typhique entrée au dixième jour, ayant un ue "à 38; ‘ s'agissait d'une bradycardie fausse, car on avait 88 au cœur, mais la parésie cardiaque était inéontestable" on a baigné la malade, et au bout de trois jours le cœur était régulier et la fièvre a évolué depuis sans complications cardiaques.

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Les produits solubles du bacille d'Erbeth ont été étudiés expérimentalement par Brieger, Frankel, Sonarelli, Chantemesse, Boudé, Balthazard, Lépine et y binet

On tend de plus en plus à admettrequ'une série de symptômes de la fièvre typhoïde ne sont pas l'œuvre directe du:bacille d'Eberth, mais résultent plutôt de l’action de sa toxine.

Dans les phénomènes cardiaques de la fièvre typhoïde, il y a des lésions du cœur qui sont bien l'œuvre directe du bacille, telles les endocardites infectieuses; les myocardites irrémédiables,. Mais il y a aussi et souvent au début de la maladie,'des parésies cardiaques transitoires qui se traduisent par de la bradycardie, des accès de tachycardie, des intermittences et qui, après avoir inspiré les craintes les plus vives, guérissent et disparaissent en quelques jours sans laisser de trace. |

On peut admettre qu'il s'agissait ici de troubles de conductibilité intra-cardiaque d'origine nerveuse (action des toxines typhiques sur le X) ayant abouti à un rythme couplé du cœur sans bradycardie véritable.

Nous terminons par une observation rétrospective du plus haut intérêt qui nous fut aimablement communiquée par M. le professeur agrégé Devic.

Cette observation porte le numéro 788 de la collection de M. Devic, elle est étiquetée : Faux pouls lent, myocardile (stade muqueux) de la cloison interventriculaire el de la pointe du ventricule gauche. Elle date de 1893, époque, à laquelle le faisceau d'His n'était pas encore connu, mais l'examen histologique qui fut fait à cette époque par M. le professeur agrégé Regaud, permet de considérer la lésion comme ayant intéressé la région du faisceau.

OgservarTion VI

Observation n° 788 de la collection de M. le professeur agrégé

1. Device, —:« Faux pouls lent. — Myogardite (stade muqueux) de la ;eloison. interventriculaire et ‘de la pointe du, ventrioeule { gaushe.y las vémbre oc

+ de is 4 Sri ans, verrier, habitant Rive-de- -Gier, entré à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Jean n° 18 (dans le service du D: Humbert Mollière, suppléé alors par M. le D' Devic) le 13 septembre et décédé le 8 novembre à 8 heures du soir.

Observation prise par M, Regaud, interne des Hôpitaux, À

Antécédents héréditaires inconnus.

-Antécédents personnels : Il eut, étant enfant, toutes les maladies de l'enfance, mais pas de glandes suppurées ni d’écoulements d'oreilles. Pas de service nlitatiet Marié, père de cinq enfants bien porlants, femme en bonne santé. Nie la syphilis, pas d’impaludisme, Avoue de nombreux excès éthyliques. Porte sur le corps de nombreuses cicatrices, toutes dues à des traumatismes.

Depuis sept ou huit ans, se plaint de troubles digestifs, caractérisés surtout par des nausées avec rares vomissements, constipation habituelle.

. Depuis quatre ans, il se plaint de douleurs Pr ENEIS à siège rte sans gonflement des jointures, et d'une grande susceptibilité au froid, En outre, il a remarqué que Fee la même époque il est facilement essoufflé et que fréquemment il s'est trouvé mal, il aurait même perdu connaissance plusieurs fois. Ces pertes de connaissance et ces états lypotimiques ont toujours été précédés ou suivis de vomissements ordinairement alimentaires. C'est pourquoi le malade et son entourage attribuaient ces accidents à une gastrite pour laquelle il aurait, sans succès d’ailleurs, sulvi sut plusieurs mois un Re

ni TE aurait augmenté Aie ces derniers temps et 8 ’est accompagné d'œdème des membres'inférieur et de pollakiürie nocturne. En outre, le malade aurait maigri notablement et son médecin lui a dit, il y a un. mois, qu il avait de l'albumine dans l'urine et un gros cœur. Le régime lacté a été institué, l'œdème a diminué mais la des n'a pas

subi de changement. Le malade n’a pas tenu constamment le lit chez lui.

A l'heure actuelle : homme d'aspect robuste, assez bien musclé, quoique amaigri, face pâle, pas d'ictère, OEdème des pieds et des. jambes, mou. Appétit:diminué, le malade a une véritable aversion pour le régime lacté auquel il est soumis depuis quelques semaines, il est douteux d’ailleurs qu'il ait bien suivi les conseils de son médecin à cet égard, Langue saburrale, ballonnement du ventre, aigreurs après |’ ingestion des aliments, cons- | tipation marquée, pas de vomissements depuis quelques j Jours. Le foie dépasse les fausses côtes de deux travers de doigt, 1l est douloureux à la palpation, pas d’ascite. Matité splénique augmentée d’étendue,

Se plaint de tousser et d'expectorer, L'examen des poumons fait reconnaître la présence de quelques râles muqueux aux deux bases, sans souffle, La base droite sonne moins bien que la gauche, mais il faut tenir compte du volume du foie. Toux quinteuse, expectoration muqueuse abondante, ARE d’ hémoptysie.

La pointe du cœur bat dans le VIS espace, un peu en dehors du mamelon; rien à la palpation, qu’ un galop assez net, Les bruits du cœur sont sourds, difficiles à percevoir partout, galop indiscutable. Le pouls est régulier, tendu, 74 par minute, Le moindre effort provoque de la dyspnée et une augmentation notable de fréquence du pouls, Jugulaires non gonflées,

Pupilles égales, moyennement dilatées et réagissant bien, réflexes Étbliens normaux. Se plaint souvent de céphalée, Le malade dit ne pas s'être trouvé mal depuis plus de quinze jours. Pas de fièvre, L'urine est claire, pâle, contient une notable quan: tité d’albumine, pas de sucre.

19 septembre, — Les urines contiennent toujours une notable quantité d'albumine et des cylindres hyalins en grand nombre, Polyurie très nette, 3 Litres à 3 litres et demi par vingt-quatre heures, La diète lactée a été très miligée,

29 septembre. — L'état général ne se modifie pas. Le malade aurait eu la nuit dernière un état syncopal sur lequel nous n'avons pas de renseignements, Au dire de la sœur, il aurait perdu connaissance, aurait vomi et serait devenu très pâle, Ce matin, le pouls radial est à 34, très régulier, moins tendu que les jours précédents. Quand on ausculte le cœur, on. constate a abord quelle bruit de galop a disparu (de même qu'a la main on n’en trouve plus traces). En outre, on sent très bien qu'il y a succession de deux variétés de contractions, les unes fortes,

coïncidant avec le baltement perçu à la radiale, les autres, faibles, coïncidant avec la période d'absence de soulèvement de celle arlère. En procédant à un examen très attentif, 1l semble que, entre les pulsations radiales nettement senties au doigt, il se produit un léger soulèvement. De:sorleique si le pouls radtal sensible est à 34 ; en réalité, il esthbien de 68; chiffre qui correspond très bien aux contractions du cœur, perceplibles à l'orerlle el à la main appliquées sur la région précordiale. Enfin, nous prenons un tracé sphygmographique ‘ qui nous prouve très bien qu'entre les pulsations radiales fortes, il y a des pulsations radiales faibles donnant sur le tracé un très léger mais très net soulèvement.

Nous examinons avec soin la région épigastrique et nous constatons que c'est là où on peut le mieux se rendre compte du phénomène décrit plus haut. La main appliquée à gauche de l’appendice est soulevée 68 fois, tandis que le pouls radial fort donne 34 seulement. Les jugulaires interrogées ont donné le résultat suivant : leurs soulèvements sont nets, mais seulement quand le malade est dans la position couchée ; alors on observe très bien qu'elles sont animées de mouvements plus nombreux que les soulèvements de la radiale (on n'a pas pu prendre de tracé). Le malade, depuis son entrée dans le service, n’a pris aucun médicament, sauf des purgatifs, et notamment pas de digitale. ;

6 octobre. — Pas de nouvelles crises syncopales. Le pouls est à 76-80, régulier. Le galop est à peine senti, Albuminurie persistante, mauvais état général.

20 octobre. — Depuis deux semaines, le malade a présenté trois fois des crises syncopales, une fois la nuit, deux fois dans le courant de l’après-midi. Ces crises se sont accompagnées de perte de connaissance sans émission d'urine révélatrice, sans morsure de la langue, sans accidents convulsifs. Ce qui a dominé toujours, ce sont la pâleur de la face, un peu de dyspnée, sans Cheynes-Stokes, et des vomissements, La durée de ces crises a varié de quelques minutes à deux heures.

30 octobre. — Les crises syncopales se sont reproduites cette nuit avec une fréquence et une intensité telles qu'on a fait demander l'interne de garde qui a constaté l'existence d’un pouls à 30, régulier, avec très grande pâleur de la face, sueurs abondantes, vomissements.

Ce matin, le pouls lent persiste. A la radiale, on trouve

1 Ce tracé, malheureusement, n’a pu être retrouvé.

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30 à 32, très régulier; il est impossible, par un examen très attentif, de trouver une tentative de pulsations faibles. Par contre au cœur on trouve un nombre deux fois plus grand: une double contraction cardiaque ne donne qu’une pulsation

‘añtérielle. Mais toutes les pulsations ne sont pas de méme - force, il y en a de faibles et de fortes, les unes alternant très

régulièrement avec les autres. Ces contractions donnent lieu chacune aux deux bruits normaux; les deux bruits de chaque pulsation faible étant plus faibles, plus estompés que ceux de chaque pulsation forte.

Aujourd'hui, les phénomènes qui se passent du côté des jugulaires sont encore bien plus nets que le 29 septembre. Le pouls veineux est plus marqué et même à un examen rapide on se rend bien vite compte que les soulèvements de ces vaisseaux sont plus nombreux que ceux de la radiale. En regardant attentivement, on voit qu'il y a deux pulsations veineuses pour une pulsalion artérielle.

3 novembre. — Mauvais état général. Persistance de l’albumine. Le galop reparaît assez nettement dès que les crises syncopales disparaissent ou mieux plusieurs heures après que le pouls a repris son allure normale,

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