I. Romain Rolland. Jean Christophe, IV, i
Selon les plus ardents « Brahmines », non seulement ces critiques seraient exagérées, mais elles méconnaîtraient l'essence même de la personnalité artistique de Brahms. Brahms ne serait ni lourd, ni pédant, ni mou, ni fade, ni même terne ou gris.
Certains n'hésitent pas à comparer la première et la quatrième symphonie de Brahms à la cinquième et à la septième de Beethoven. Ils s'enthousiasment de cet « hymne à Ténergie », de cette « puissance maîtresse d'elle-même » ! Etdans des auditions sensationnelles, M. Fritz Steinbach qui, du vivant du Maître, fut son interprète attitré, s'est évertué à faire apparaître un Brahms un peu inattendu, tout en force, en rudesse, en violents contrastes dynamiques. Ce fut la « révélation » des fêtes de Munich de 1909. « Le poing^ brandi du kapellmeister, qui retombe avec des zigzags foudroyants », selon le mot de M. Montaudon, excelle à mettre en relief « ces moments d'humeur où, de rage de cet héroïsme intérieur auquel il était condamné et dont lui seul savait les grosses défaillances matérielles, Brahms se ruait dans la musique comme un taureau qui voit rouge, et se donnait des illusions d'épopée*. »