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Rome. Cette œuvre, si justement vantée par Vasari, est comme une suite de la villa Madame et de la Farnésine, et peut être considere'e comme la plus importante des «grandes villas du xvi^ siècle.
A Gênes, nous trouvons, au palais Doria, construit par Montorsoll^ des décors exquis de Pierino del Vaga : les grandes peintures à fresque dans les vestibules et les salons, et des stucs qui, par leur beauté, peuvent être comparés à ceux des Loges du Vatican.
Un autre élève de Rapbaël, un grand artiste qui, tout en continuant l'art de son maître, avait un tempérament très personnel, Jules Romain, moins sensible à la pure beauté, mais plus désireux d'un art expressif, agité par des pensées plus ardentes et plus inquiètes, fait à Mantoue, pour la puissante famille des Gonzague, une œuvre non - ' — ^ moins considérable que celle deGirolamo Genga à Pesaro. Jules Romain, épris de force, adopte Tordre dorique dont Rapbaël ne s'était jamais servi, mais il le traite d'une façon tout à fait charmante, lui donnant une élégance que nous ne trouvons chez aucun autre architecte. Par ce palais, Jules Romain prend une position intermédiaire entre Raphaël et Michel-Ange.
Dans l'œuvre de Jules Romain à Mantoue, il faut apporter une attention particulière à la partie décorative, soit à celle du palais du Té, soit à celle de l'ancien palais des Gonzague, où il crée un style plus robuste que celui de Raphaël, mieux fait pour décorer de grands espaces, et dont la plus heureuse innovation est l'emploi de grandes
statues (PI. 9) dont les formes élégantes rompent les lignes architecturales et s'associent admirablement au décor peint. C'est l'art que le Primatice apportera à Fontainebleau, et qui a été l'origine de toutes les splendeurs des palais français du xvf siècle. Les palais de Mantoue sont un des ensembles décoratifs les plus gigantesques qui aient été faits en Italie. L'œuvre est si colossale qu'il semble aujourd'hui que l'on se sente incapable de l'entretenir, et cependant, la ruine d'une chose si belle, on devrait tout faire pour l'empôcher.