‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 106 sur 291 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

4. c La Fortune qui tient toutes choses mondaines en sa main. — Nos vies et nos morts sont ménagées au plaisir du Destin et non au nostre. • (T. II, p. 401, 410.)

lui dit qu'il appelle de tous ses vœux le moment où il ira la retrouver dans l'autre monde :

Invoquez donc pour moi la divine puissance, Le ciel, les bons démons, des astres l'influence % Que je sorte bientôt de ce fâcheux séjour.

Il lui aurait été difficile, je crois, de nous dire ce qu'étaient ces bons démons.

Il appelle le pas de la mort < le passage stygien*; * l'autre monde, ce sont c les Champs Éliséens 8 . * Si, à ses yeux, les démons que rencontre Énée dans sa descente aux enfers ne diffèrent guère de ceux contre lesquels le maréchal de Trivulce cherchait à se défendre au lit de mort 4 , c'est qu'il partageait cette croyance du moyen âge que les Dieux n'avaient point été des êtres imaginaires 5 . A propos des trophées que le vainqueur revenu d'un combat singulier suspendait dans les églises c par bravade, ou dévotion, ou vœu que l'on a faict à Dieu, lequel ne se soucie guère de ces offrandes, > il ajoute : c Jadis les dieux Mars et Neptune se plaisoient fort en tels

1. c Cette resverie publique , dit Montaigne, de quoy le monde

se laisse sy ayséement piper, estimant que nos intérests altèrent le ciel et que son infinité se formalise de nos menues actions. » (Essais, liv. II, ch. xin.)

Page 1