Tome IV, p
3. Par ce testament sa mère lui légua 5,000 livres pour tous ses droits. (Édit. de 1740, t. XV, p. 52.)
4. « J'ay une abbaye, qu'est Brantôme, que ce grand roy Henri II e me donna, estant fort jeune, en récompense du capitaine Bourdeille, mon second frère..., qui fut tué pour son service sur le haut de la bresche et sa teste emportée en l'air d'une canonnade, au dernier assaut et siège de Hesdin. » (T. III, p. 113.) Il nous dit, dans son testament, qu'il l'obtint à la sollicitation de M. d'Auzances, « son bon cousin, » neveu de l'évêque de Lavaur. (T. X, p. 150.)
Saint-Vivien-ès-Xaintes que lui avait résigné son frère le capitaine Bourdeille.
Au collège, à Paris ou à l'université de Poitiers 1 , « le jeune garçon estudiant » semble avoir pensé comme Montaigne que « le grec et le latin étoient sans doute un bel agencement, mais qu'on l'achetoit trop cher 2 ; > aussi il en sortit entendant la langue d'Homère ni plus ni moins que le haut allemand 3 , mais sachant « un peu » de celle de Virgile 4 . Un peu est bien dit comme le prouvent ses traductions de passages de Lucain 5 et ses citations latines souvent très malheureuses, bribes de leçons restées en sa mémoire ou emprunts de seconde ou troisième main faits à quelque auteur contemporain. Quant à sa connaissance de la littérature antique, il nous en donne une idée fort nette en déclarant hardiment qu'il n'est personne au monde qui, après avoir lu les lettres de Marguerite de Valois, « ne se moque du pauvre Cicéron avec les siennes familières 5 . »
Si son instruction classique laissait fort à désirer,
1. Son frère André, qui, nous ne savons par quel arrangement, jouissait à ce moment de tous les biens devant revenir à Brantôme, en était quitte pour donner à celui-ci 400 livres par an c pour son entretien aux études. » (T. X, p. 131.)
2. Essais, liv. I, ch. xxv; édit. Lecierc, 1844, in-18, t. I, p. 210.
3. Brantôme, t. II, p. 241-242. — Si peu qu'il sût de latin, il aurait dû en savoir assez pour ne point, en citant Virgile, renvoyer à « la quatrième de ses JSneides. » (T. IX, p. 654.) Ce singulier titre, il Ta pris à la traduction d'Octavien de Saint-Gelais (1509), qui l'avait peut-être emprunté à une espèce de roman tiré du poème latin et intitulé : le Livre des Énéides, 1483, in-fol.